Citizen

Reproduction interdite de tout ou partie d'un texte ou d'une photo sans autorisation de son auteur.
Edition du 13 octobre 2008

Les archives de Citizen Jazz, So What et Le Jazz réunies ! Forums Ecoutez, regardez Citizenjazz Découvrez les concerts ! Pour être tenu au courant de l'actualité de Citizen Jazz
 
Publié le 2 mai 2005
Wollny/Kruse/Schaefer
call it [em]
Michael Wollny (p), Eva Kruse (b), Eric Schaefer (dm)
[ACT]

Une lueur dans l’obscurité ? Ce peut être une façon de voir le groupe EM au sein d’une scène jazz allemande pour le moins méconnue. Ce jeune trio - aucun des musiciens n’est encore trentenaire - affirme son talent dans un premier album audacieux, constitué exclusivement de compositions originales, qui n’hésite pas à mélanger les genres : trois brefs interludes improvisés, disséminés çà et là aux frontières du free, cohabitent avec des morceaux plus construits, dotés d’une solide assise harmonique, ainsi qu’avec d’autres titres plus étirés, à l’harmonie minimaliste.

Au sein de chacune de ces trois catégories, l’écoute mutuelle est manifeste mais se traduit sous différentes formes : dans les interludes, la durée réduite - de l’ordre de la minute - implique une grande réactivité et une prise de risque immédiate, au niveau du choix des notes comme de la texture sonore. La contrebasse frottée, ainsi que des cliquetis de batterie évoquant des grouillements d’insectes, contribuent à donner au résultat obtenu l’image d’un inquiétant chaudron musical dont on n’oserait soulever le couvercle... Précisons que le choix d’ouvrir le disque par un de ces interludes est révélateur de l’approche expérimentale et anti-commerciale du trio.

Par ailleurs, on retrouve dans ces courtes pièces tout l’esprit du groupe : en effet, même dans les autres morceaux, il apparaît clairement que l’essentiel est le collectif et l’échange. Les chorus sont rares et les thèmes quasiment imperceptibles. Les mélodies de ce disque ne sont pas de celles qui vous hanteront toute la journée ! Les lentes et progressives montées de tension y sont largement préférées, ainsi que les entrelacs d’ostinatos suspendus au-dessus d’harmonies élémentaires.

Le disque s’achève par un morceau lent et calme intitulé "Fatigue". Rien d’étonnant à cela : Call It [em] fait partie de ces albums aux antipodes du consensuel qui exigent de la part des musiciens un engagement fort et un don de soi épuisant. A découvrir.

Voir aussi :
Jazzycolors (3) : 24 nov 2006
Heinz Sauer & Michael Wollny - Certain Beauty
Heinz Sauer et Michael Wollny - Jazzycolors 2006 - Institut hongrois, le 24 novembre 2006,