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Edition du 4 juillet 2008

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Publié le 6 février 2006
Franck Vigroux
Triste Lilas
Franck Vigroux (platines, électronique), Jenn Priddle (voc), Hélène Breschand (harpe), Bruno Chevillon (b, électronique), Marc Ducret (récitant, g), Michel Blanc (dm)
[D' autres cordes]

Tout commence par la voix profonde de Marc Ducret disant un texte où chaque mot est soigneusement détaché et qui en acquiert alors un pouvoir expressif rare. Sur un fond sonore destructuré, parcouru d’éclats de guitare ou de harpe Hélène Breschand, le climat général s’installe. Jenn Priddle reprend le rôle du récitant, en anglais cette fois, et cette alternance se retrouvera tout au long des neuf plages.

"Et j’ai vu dans le miroir" comporte donc l’exposition d’un thème chanté par Priddle sur un rythme martial de Michel Blanc. Ce dernier n’aura d’ailleurs que peu d’occasion de ressortir les baguettes, si l’on excepte un "Cygne en porcelaine" tonitruant où Bruno Chevillon finit par briser l’oiseau en un déferlement de contrebasse électronique.

Le thème du début - rare moment mélodique - sera repris un peu plus tard dans "Lilas Lilas", entouré d’éclairs de guitare ou peut-être de harpe distordue, en tout cas d’accords plaqués, rageurs, à la manière d’un "Il était une fois dans l’Ouest". Cette référence en vaut bien d’autres tant cette musique, façonnée par le travail d’improvisation, évoque chez l’auditeur différents univers visuels, en liaison étroite avec son histoire personnelle. Réminiscence lointaines d’une "Jeanne au bûcher" d’Arthur Honegger, écouté dans l’enfance, avec de semblables ambiances inquiétantes, un récitant emblématique (Marc Ducret, presque aussi imposant qu’Alain Cuny).

L’absence de traits musicaux nets, d’airs facilement identifiables ne doit pas rebuter. "Triste Lilas" doit s’envisager comme une oeuvre continue, homogène, une longue mélodie de 45 minutes. Encore une fois, l’imprégnation de l’auditeur ne s’effectue pas sur la même échelle de temps que pour un thème de Texier, mais l’attachement qui en résulte est de même nature. "Triste Lilas" est un disque pour rêver éveillé, les yeux grands ouverts...