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Edition du 8 octobre 2008

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Publié le 16 octobre 2006
Alfio Origlio
Ascendances
Alfio Origlio (p), Laurent Vernerey (b), Xavier Sanchez (perc), Sharon Sultan (danse), Marcia Maria (voc)
[Cristal Records]

Il n’est guère fréquent que la quintessence même d’un disque se trouve concentrée dans ses premières mesures, en l’occurrence ici le titre "Ascendances", qui est aussi celui de l’album. Une introduction au udu, suivie de cinq accords plaqués, profonds et persistants, puis d’une ligne de basse basique et chaloupée au piano... en quelques instants l’essentiel est dit : l’élégance, la sobriété et le sens du toucher et de la mélodie.

Cette sensualité, déjà présente dans l’écriture des compositions elle-même, est ici renforcée par l’accompagnement de Xavier Sanchez aux percussions, qui utilise essentiellement des cajones de sa propre conception. Ces caisses de bois permettent notamment de pratiquer un jeu tout en douceur et en nuances, et si l’on y ajoute celui, particulièrement retenu, de Laurent Vernerey à la basse, on aboutit à une combinaison sonore rythmique quasi idéale.

Ainsi les ballades, qui constituent la majeure partie de l’album, bénéficient de cette complicité hors du commun entre les musiciens, et sont magistralement interprétées. Mais au-delà de cela, elles brillent par leurs mélodies, toujours recherchées et subtiles, ainsi que par la précision de la composition. Le disque est en effet extrêmement écrit, laissant très peu de place à l’improvisation. Ici, jamais de course- poursuite effrénée entre les musiciens, et pas davantage de virtuosité inutile. Chaque accord, chaque arpège, chaque silence semble trouver naturellement sa place au sein de morceaux d’une apaisante beauté.

L’autre facette notable du disque est sa latinité, et notamment l’esprit flamenco qui fait également partie de l’univers d’Alfio Origlio et de Xavier Sanchez. Cela se traduit ici par une interprétation du "Tres Notas" du guitariste Vicente Amigo dans une version courte, dense et compacte qui contraste profondément avec le reste de l’album, et par la présence de la danseuse flamenca Sharon Sultan - déjà partenaire d’Origlio en 2002 - sur une étonnante ballade flamenca cosignée par elle-même et les trois musiciens.

Pour son troisième disque en leader, le pianiste offre donc un album superbement conçu, brillant, bâti à la fois sur son parcours personnel mais toujours ouvert à la relation aux autres.