![]() Publié le 11 décembre 2006
Petit guide du jazz à NY (II)
Pourquoi aller écouter du jazz à NYC ? Rappelons que les principaux journaux d’information sur le jazz à New York (Manhattan, Brooklyn) et dans le New Jersey sont All About Jazz, Hot House et New York Jazz Guide / Jazz Improv. Ces journaux gratuits se trouvent dans tous les bons magasins de disques et clubs. Avec eux on dispose de près de trois cents contacts pour les clubs et salles qui proposent du jazz. Le seul All About Jazz donne une visibilité sur plus de deux cents clubs de New York City. Magasins
Ce magasin ne propose que des vinyls dans divers styles musicaux (Soul et Rhythm ’n Blues en particulier). Le rayon jazz ne compte que cinq bacs, mais la qualité et le choix y sont plutôt impressionnants ... les prix aussi mais ils sont justifiés. Dans quatre des cinq bacs, on ne trouve QUE des originaux jazz : Coltrane, les premiers albums de Randy Weston, Canonball Adderley, Chico Hamilton, Yusef Lateef Les prix varient de $8 à $100, la moyenne tournant autour de $20. Le cinquième bac contient des rééditions à prix tout à fait raisonnables. Il s’agit donc d’un magasin pour collectionneurs. Si vous avez une liste, soumettez-la au magasin : il paraît que la réserve est infinie...
Grand choix en Lps jazz. Le magasin dispose d’un choix étonnant de CD et DVD jazz mais en quantité moyenne. Il ne faut pas chercher ici quelque chose en particulier, mais profiter des très nombreuses offres intéressantes rares et à prix très réduits. Entre $6 et $10.
Avant-Jazz/Progressive/Art Rock & Pop/Improv cds, Lps & DVDs
Le magasin porte bien son nom. On trouve toutes les musiques underground qu’elles soient déjantées, expérimentales ou jazz. Pour les amateurs, les rayons s’intitulent "Psych Music", "Electronica", "Clearance Hip Hop Electro"... Le rayon jazz est petit et très orienté free américain. Beaucoup de CD de chez Tzadik et tout les CD d’Assif Tsahar qu’on ne trouve pas en France, par exemple.
L’intérieur du magasin a de quoi surprendre : c’est le "bronx" le plus total. Les CD sont stockés les uns sur les autres, ce qui a un certain charme. De plus, on y est particulièrement bien reçu. Tenu par un connaisseur (demandez Bill) le rayon jazz est petit mais les CD recèlent de petites merveilles et autres raretés. En témoigne le premier enregistrement de Wayne Shorter. Prix maxi constaté : $15
Voici un magasin qui a peu à voir avec le jazz. La famille Rashid, dans le métier du disque depuis 1934, propose toutes sortes de musiques orientales. Raymond Rashid saura aussi vous guider vers le jazz égyptien ou libanais en vous faisant écouter quelques pépites tirées de son arrière-boutique. Enfin, il est bon de dire que les magasins de disques relatifs au jazz sont rares voire inexistants. Les professionnels à Manhattan et certains magasins de disques de Brooklyn sourient lorsqu’on évoque le mot "jazz" à Brooklyn. Sous entendu : le jazz est à Manhattan. CLUBSLes prix des clubs sont très variables, les programmations très différentes d’un club à l’autre. Ici l’entrée est libre mais on vous demande de payer un montant minimum en boissons. (c’est ce qu’on appelle charge), ailleurs on vous fera payer le concert, la somme étant censée aller dans sa totalité dans les poches des musiciens ; le terme employé pour cela est cover. La plupart des endroits vous demanderont de payer les deux "tarifs d’entrée". Renseignez-vous bien sur les tarifs en entrant. Par exemple, certains font payer la partie cover pour le concert entier là où d’autres, plus courants, feront payer par set... Ces mêmes lieux peuvent aussi vous demander de commander d’autres boissons pour le set suivant.
Si vous payez l’entrée au Smalls, vous pouvez assister au concert du Fat Cat, deux rues au sud, et inversement. Le club a toujours son label, qui produit des artistes régulièrement programmés et plutôt inconnus du grand public. On constate que le Smalls continue de programmer du jazz à tendance moderne mais ne se ferme pas à la tradition, que ce soit pour les jams sessions, qui ont lieu jusqu’à l’aube et parfois plus tard, ou les concerts de semaine.
Ce club s’avère être un club laboratoire-expérimentateur et permet à des projets un peu fous de se réaliser. Déjà évoqué dans la première partie de ce guide.
Encore un club de grande classe ou l’on est très bien accueilli... moyennant finance bien sûr. On y trouve un choix important de bourbons, whiskies, tequilas, rhum, scotchs et bières. On peut prendre un apéritif très alcoolisé pour $34. Dîner possible à partir de $20... avec des plats barbecue. Enfin, la salle est spacieuse, le bar éloigné de la belle scène du lieu. Un ingénieur du son s’occupe de toute la logistique.
Entre les 1st et 2nd Avenues, ce restaurant de gastronomie française propose des concerts en tout genre (jazz, reggae) tous les soirs et même l’après-midi le samedi. L’atmosphère y est très sympathique. The Garage Le Garage est un grand bar du quartier de Christopher Street où on peut difficilement écouter le jazz proposé le week-end sauf si on se place au bar, le public étant là pour manger, boire et se détendre. Néanmoins, on y parvient en semaine sans difficulté ; conseillé. Les concerts commencent à 18h30 et finissent a 2h30 avec deux groupes de jazz. Le samedi, les concerts commencent à 17h et finissent à 3h. La programmation, de très bonne qualité, propose des groupes de jeunes et moins jeunes musiciens (en général en petite formation). La scène surélevée fait face au bar et au restaurant sur deux étages, bruyants tous les deux. Un lieu assez chic et à la mode.
Barbès : c’est tout d’abord un bar très animé, très branché à Brooklyn. Ensuite, c’est une salle de concert de 20m carrés au fond du bar. Le lieu est tenu par un français. Le plus souvent, les musiciens sont payés au chapeau (posé bien en évidence pour qu’on ne l’oublie pas). La serveuse arrive en fin de concert en précisant le prix recommandé pour le concert. Très fréquenté par des musiciens comme Tony Malaby, Tom Rainey etc... Le week-end, il peut y avoir trois à quatre concerts (pas seulement de jazz) par soirée, d’une durée maximum d’une heure chacun.
Endroit assez touristique avec une programmation variée. Plutôt cher, voire très cher (de $50 à $75 l’entrée pour le concert principal, mais $10 pour le concert de nuit), on paye à l’entrée. La salle est grande, classe, et tout est organisé autour de la dépense du consommateur. Ingénieur du son, grande scène, acoustique irréprochable... on en a pour son argent.
Préparez votre porte-monnaie ou vos mouchoirs quand vous allez écouter du jazz et dîner à l’Iridium. En plus du prix du concert (cover), il faut ajouter le prix minimum requis pour les boissons (charge) qui est de 50% du tarif concert. Contrairement à ce que nous avions évoqué lors de la première partie de ce guide du jazz à NYC, être refoulé à l’entrée de l’Iridium n’a rien à voir avec la tenue vestimentaire, en tout cas en ce qui concerne les "late-shows" (après minuit). La réservation - prise très au sérieux - est validée à partir du moment où vous donnez votre numéro de CB. Celle-ci est théoriquement débitée 24h avant le show, mais ce n’est pas le cas à chaque fois. Un lieu classe, mais sans plus ; le service est de qualité et la boisson très chère (vin californien "Opus One" à plus de $400 avec taxes et pourboires inclus). Les tables sont serrées au point qu’il devient insupportable de devoir se lever à tout bout de champ pour laisser le serveur accéder au bout de votre tablée de huit. A ce rythme de stockage des clients, on finit à 150-200 sardines dans une boîte de taille moyenne. Il arrive que la musique commence 1h après l’horaire annoncé, à quoi il faut ajouter l’attente dehors ; bref, le club n’est pas à la hauteur de sa réputation. L’Iridium propose des gigs réguliers (Les Paul) depuis plusieurs décennies tous les lundis, et un des quatre Mingus Big Bands le mardi. Enfin, comme les autres gros clubs, l’Iridium propose des "late-shows" le vendredi et le samedi à minuit. La programmation est très intéressante et un peu moins "touristique".
Pas de numéro de téléphone, ni d’adresse pour ce lieu fantôme. Pas d’enseigne non plus. La porte d’entrée passée, on paie son entrée (quelques dollars) et on s’assied. Tout ça dans la même salle. On ne peut pas se restaurer au Stone, on vient écouter de la musique, rien de plus. La salle fait penser aux Instants Chavirés de Montreuil, mais en plus petit et moins bien organisé. La programmation est dirigée par John Zorn ; musiques créatives et avant-gardistes y sont donc programmées.
Dans ce club créé par John Zorn on peut voir chaque soir plusieurs concerts, que ce soit sur la scène du Tonic proprement dit ou dans sa cave, le SubTonic. Free Jazz, musiques improvisées, créatives et spontanées sont au rendez-vous... La salle est de taille moyenne avec un très haut plafond : tout est "roots", un peu juste côté température, mais l’ambiance est sympa. Parsemés dans le club, on trouve une quantité de petites notes humoristiques qui donnent des indications sur le bien-vivre et le bien-être du lieu.
Le Zebulon, tenu par un français, vous rappellera notre pays par maints aspects : Gainsbourg y est en photo, le service est inclus dans la facture, la cuisine est française, la carte rédigée en bonne partie en français, etc. C’est un bar de taille moyenne, avec grande scène. Le lieu est connu pour son ambiance amicale et la diversité des musiques qu’on peut y entendre, entre jazz, musiques traditionnelles et rock. Les prix pratiqués sont très raisonnables. L’entrée est libre et les musiciens rémunérés au chapeau. Avec le Barbe, c’est l’un des lieux les plus connus et fréquentés de Brooklyn.
Ex Sweet Basil, le Sweet Rhythm n’est plus ce qu’il était. Naguère la programmation était de grande qualité et le lieu rivalisait avec le Village Vanguard. Aujourd’hui, elle est devenue commerciale : on privilégie la différence avec les autres clubs du quartier et on prête moins attention à la musique. Si Joe est toujours aux commandes du bar, il ne reste plus grand-chose de la partie "Basil" du Sweet : le restaurant ayant disparu, si vous voulez manger un serveur prendra votre commande et traversera l’avenue pour aller chercher votre repas à la pizzeria d’en face.
Hébergé par le restaurant italien Lantern Caffé, restaurant italien au rez-de-chaussée et en sous-sol, le Bar Next Door, minuscule et adossé au restaurant, ne peut guère accueillir plus qu’un trio et une trentaine de convives. Les musiciens sont donc placés entre un canapé et une rangée de tables, cette atmosphère intimiste étant renforcée par un éclairage a la bougie. Néanmoins, l’endroit est agréable et bien décoré. De manière générale, la programmation jazz a bonne allure : il n’est pas rare d’y entendre des musiciens qui jouent au Blue Note et au Birdland...
Petit lieu disposant d’une jolie scène encastrée au fond de la salle, tout en longueur. Ici, pas de business mais du jazz, des rencontres entre artistes, de la culture. Au mur, des tableaux évoquant le jazz ; il y aussi un coin-librairie jazz. L’ambiance est bon enfant mais ne vous attendez pas à y trouver un bar : seul le spectacle compte.
Un hôtel de luxe qui offre des concerts de jazz du mercredi au samedi. Les prix sont effrayants mais on peut déguster quelques sushis pour $10. On ne doit pas s’attendre à autre chose qu’une musique convenue : ici, on ne défraye pas la chronique. Le lieu est agréable et classe mais ne vaut pas le détour. Néanmoins, on a constaté que les gens écoutaient religieusement le concert, ce qui change de certains lieux bruyants.
Douze tables de billard américain, jeux d’échecs, tables de ping-pong, accès Internet pour $4/h seulement... et une salle de concert pittoresque et sombre, tout en profondeur, où des masques et bibelots africains se partagent l’espace avec des chaises et canapés hétéroclites. On y retrouve des habitués qui se réveillent en sursaut pour applaudir les fins de morceaux. Même si nous n’y avons pas assisté à des concerts remarquables, ce lieu jouit d’une bonne réputation pour les jams et propose des gigs réguliers à certains groupes. Comme d’habitude, l’atmosphère oscille entre sympathique et carrément bizarre, voire tristounette. Le Fat Cat est un lieu de rendez-vous des musiciens et s’autogère avec leur aide ; on les retrouve au bar, à l’accueil et aux jeux. Comme pour les magasins de disques, les clubs de jazz sont quasi inexistants à Brooklyn. Ce qui s’avère être aussi le cas dans le Queens et le Bronx (information provenant d’amateurs qui, habitant Brooklyn, rêvent d’y voir éclore des lieux de jazz. Evidemment, les zones résidentielles de Staten Island ou Coney Island ne sont guère mieux loties. Un grand merci à la danseuse Leigh Evans pour ses conseils éclairés. Remerciements à Bruce, du magasin Downtown Music Gallery, pour ses conseils avisés en terme de choix musicaux, et à Craig, pour son amicale compagnie au Jazz Standard et pour ses bons plans. Enfin, j’adresse mes meilleurs voeux à Lee Wells, sans domicile fixe de Bowery. Son sourire, sa gentillesse et les longues discussions instructives sur sa vie à NYC sont autant de souvenirs. Je lui souhaite de terminer son livre, et que ce soit pour lui un aboutissement.
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