Communiqué :
« BMC JAZZ NIGHT OPERA BUDAPEST »
UNE SOIRÉE, DEUX CONCERTS + UN CD OFFERT

Première partie : Trio Kalman Olah, Kristof Bacso et Sébastien Boisseau
Seconde partie : Gabor Winand et Gabor Gado Quintet « Opera Budapest »
Pour sa première soirée à Paris, le label hongrois BMC (Budapest Music Center) a choisi de présenter un projet fort et singulier, « Opera Budapest », fruit de l’étroite collaboration de deux des révélations de la scène jazz européenne de ces dernières années, et artistes confirmés : le chanteur Gabor Winand et le guitariste Gabor Gado. Le CD Opera Budapest est d’ores et déjà disponible chez BMC/Abeille.

La première partie permettra de découvrir le trio de Kalman Olah (récent lauréat du grand prix 2006 de la Thelonious Monk International Jazz Composer’s Competition, sponsorisée par BMI), Kristof Bacso et Sébastien Boisseau qui viennent de sortir leur premier CD, Fitting, toujours chez BMC/Abeille.

Line-up :
Gábor Winand & Gábor Gadó quintet
Gábor Winand, chant
Gábor Gadó, guitare & composition
Airelle Besson, trompette
Matthieu Donarier, clarinette basse & saxophones
Sébastien Boisseau, contrebasse
Joe Quitzke, batterie
+ Ferenc Schreck, trombone
Muriel Gastebois, vibraphone
Trio Kalman Olah
Kalman Olah (piano)
Kristof Bacso (saxophone)
Sébastien Boisseau (contrebasse)
NB :
Pour toute place achetée, le CD Opera Budapest sera offert. (CD remis le jour du concert contre présentation d’un billet acheté en pré-vente, ou sur place le jour du concert.)
Citizen Jazz est partenaire de ce concert.
« C’est une nouvelle fois vers son vieux complice Gábor Gadó que s’est tourné Gábor Winand pour écrire la musique de cet album, véritable aboutissement d’un long compagnonnage alors que la réputation grandissante du chanteur l’appelle sous d’autres cieux et que le guitariste s’oriente vers une musique toujours plus écrite. Et c’est cette fois un opéra que le compositeur offre à son ami et dont il fait l’unique chanteur.
On entre dans Opera Budapest comme on entre à l’opéra ou au théâtre. Quelques grondements de tambours rappellent ces trois coups que l’on frappe avant le lever de rideau pour annoncer que l’on change de dimension, que l’on pénètre la réalité parallèle du drame. Des grondements de tambours qui sont aussi les premières mesures d’une ouverture lourde de présage et qui sont bientôt rejoints par de menaçantes pédales de trombones. Gábor Winand pourrait s’être vu confier le rôle du « choryphée », ce chef de choeur de la tragédie grecque préparant, annonçant, commentant, déplorant, interpellant tour à tour protagonistes et spectateurs.
D’abord souligné par la guitare, son chant est redistribué parmi le choeur des instruments comme une rumeur reprise de place en place, tandis que cloches et vibraphone tintinnabulant lèvent momentanément les branches de cet inquiétant sous-bois sur l’innocence menacée d’un violon aux accents buccoliques. C’est encore une batterie très prosaïque qui ponctue la marche malaisée de la trompette, premier personnage à entrer en scène après l’ouverture. Si l’on se retient de poursuivre plus avant ce parallèle par trop simpliste pour entrer dans l’intention du compositeur Gábor Gadó, c’est en partie à regret, tant la suite des plages proposées sous ce titre éminemment suggestif s’apparente aux actes successifs d’une même oeuvre dramatique.
Gábor Winand n’a pas voulu signer un disque de jazz vocal, pas plus que Gábor Gadó n’a cherché à privilégier son quartette régulier. De récents concerts ont montré, comme le chanteur savait s’intégrer sans précautions particulières aux jeux de ce quartette devenu au fil des années singulièrement complice dans l’exercice interactif de l’improvisation débridée.
Cette complicité a stimulé les conceptions orchestrales de Gábor Gadó au profit d’une écriture dramatique serrée et d’une distribution des rôles quasiment théâtrale. Le solo est ici l’exception. Le plus souvent, même lorsque le compositeur lâche la bride, ce ne sont jamais que duos ou inventions polyphoniques à trois ou quatre parties, parfois à la limiteu du « hoquet », ce procédé d’écriture où chaque voix vient compléter la phrase entamée par l’autre. Et celui qui semble disposer de la plus grande autonomie, c’est finalement le batteur.
Sinon chef d’orchestre, du moins meneur de jeu, omniprésent même lorsqu’il décide de se taire. Ajoutant à son quartette une trompette, celle d’Airelle Besson, l’une des plus brillantes héritières de cet après-Miles inventé par Kenny Wheeler, Gábor Gadó intègre ce nouvel ensemble à une formation plus large qu’il contrôle comme un véritable orchestre de chambre. Se refusant à la redondance jusque dans le recours à l’unisson qui répond toujours ici à un désir précis de combinaison timbrale, il constitue autour de la voix stratosphérique de Winand un équilibre d’une infinie délicatesse entre cohésion et contraste. La pédale de volume de la guitare, les anches et la trompette éclairent la voix à tour de rôle, sous un jour constamment renouvelé par la diversité des résonnances sympathiques qu’ont en partage instrumentistes et chanteur.
Les éclaircies fugaces du violon, l’écume tourbillonnante du saxophone, les salissures du coup de médiator saturant l’amplificateur, le remous des cymbales et des tambours timbrés dynamisent ces pastels en les striant d’harmoniques, de fractures et d’angles vifs. Le trombone, la contrebasse et les tambours graves lui offrent une assise qui joue tout à la fois sur la gravité menaçante des timbres et la danse des rythmes.
Centrale, la voix se fond pourtant dans cette palette, par cette étrange flexibilité qui l’apparente bien souvent à un véritable instrument de musique. Tandis que les ambiguïtés harmoniques auxquelles Gábor Gadó nous avait habitués à la lisière des univers modal et tonal se hérissent d’arpèges verticaux vacillant sur d’étranges pédales, le rythme est lui-même gagné par les incertitudes d’une conception modale du rythme où s’enchevêtrent les mètres impairs aux signatures variées. Il résulte de cette étrange plastique rythmique un temps hérétique, hérité du temps du jazz, mais affranchi de sa chronométrie tyrannique, où les métamorphoses du mètre, de l’harmonie et du timbre se contaminent réciproquement d’une étrange manière.
Sur la dérive de cette ample pulsation sonore polymorphe, les partitions et les initiatives collectives qu’elles suscitent incarnent les anges et les démons qui hantent Gábor Gadó, issus de cette Europe déliquescente où il a grandi, de ses valeurs dont il s’est nourri et dont il a fait le ferment de son ‘uvre éperdue.
Quel autre que Winand pouvait lui prêter sa voix ?
(Franck Bergerot) »
Label BMC : dernières sorties :

Ce disque a une histoire. Ou plutôt une géographie : dans Unit, le bugle est bruxellois et la guitare hongroise, les basses mûrissent en France sur les coteaux de la Loire, les anches vont se ressourcer du côté de Marseille et la caisse claire du coté de la Baltique.
Des assemblages de ce type sont courants, mais ils sont généralement le pur fruit du hasard, la résultante aléatoire de trajectoires individuelles qui, un beau jour, se croisent. Pour monter tel projet musical, tel leader se compose une équipe qui s’avérera (ou non) cosmopolite. Une répétition, deux ou trois scènes, un enregistrement, et chacun reprend son train et la vie continue. Ailleurs. Avec d’autres. Sous d’autres cieux. Après la création et l’émotion partagées, l’éclatement, l’éparpillement. Et voilà tout. Cet aléatoire-là, les membres de Unit ont eu envie de le dépasser.
Le hasard de la rencontre est évidemment aussi pour quelque chose dans Unit (et dans sa musique). Pour autant, comme dans une improvisation réussie, il n’est pas le facteur déterminant. Parce qu’en musique le hasard ne vaut que lorsqu’il est nourri par la richesse d’une oreille, la profondeur d’une culture, la maîtrise d’une pratique, la sensibilité d’une écoute...
C’est d’abord sur ces « critères » que les membres de Unit se sont rencontrés. Avant de se choisir. Avant de faire de leurs nationalités différentes une nouvelle règle du jeu, une nouvelle source d’inspiration.
Unit serait donc un groupe « conceptuel » ? Oui. Mais ni plus ni moins qu’un autre. Pour être les figures les plus répandues, le piano solo, le trio avec basse et batterie ou le leader entouré de sidemen ne sont pas autre chose que des concepts, qu’une géométrie de base qui conditionnera inévitablement tous les développements musicaux.
Groupe « conceptuel » donc. Puisque dans Unit, l’origine géographique des musiciens est beaucoup plus qu’une anecdote : un principe de base. Puisque dans Unit il n’y a pas de leader, mais qu’à tour de role, quatre d’entre eux vont sur le terrain du cinquième (sans oublier les improvisations-compositions collectives). Et ce sont des itinéraires européens (réels ou imaginaires) qui nourrissent l’inspiration. Il est question ici de Bergen et de Haarlem, de Crémone et d’Orléans. Il est question de frontières qui bougent et alors la spatialisation des instruments est mouvante (Moving Zone 26. 03.1995 - date de l’entrée en vigueur des accords de Schengen). Il est question de terre noire contaminée, de neige qui la recouvre, de sarcophage de béton, et le son se fait menaçant, oppressant (Summer/Winter 26.04.1986 - date de la catastrophe de Tchernobyl). Cet affichage européen pourrait n’être qu’anecdotique et l’idée du groupe transnational une trouvaille commerciale comme une autre. Ca n’est pas le cas, c’est beaucoup plus qu’il n’y paraît.
Beaucoup plus qu’un séduisant laboratoire où l’on observerait avec plaisir ce que produit la rencontre de cinq individus ayant à la fois une culture commune et des enracinements particuliers. Parce que chacun d’entre eux représente beaucoup plus que lui-même.
Gábor Gadó est un élément fondateur du nouveau jazz hongrois. En plus de leurs qualités propres, avec Mâäk’s Spirit en Belgique et Yolk en France, Laurent Blondiau et Sébastien Boisseau sont, chacun pour leur part, au centre d’un collectif parmi les plus créatifs de leurs pays. Et si Stefan Pasborg est l’un des batteurs les plus recherchés au Danemark, Matthieu Donarier en fait tout autant pour le saxophone en France.
Au-delà des individualités, ce qui vibre dans la musique de Unit, ce sont tous les réseaux sur lesquels chacun des musiciens est branché.
Unit n’est pas une vitrine du jazz européen : c’est une antenne. C’est tout un dispositif qui capte, amplifie, intègre, mixe, développe, enrichit les musiques de création telles qu’elles s’inventent et se pratiquent sur cette partie du continent...
Thierry Mallevaës (©)
Laurent Blondiau joue de la trompette et du bugle. Il est le fondateur et le promoteur très énergique du groupe franco-belge du Mâäk’s Spirit. Il a fait ses études au Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles aux côtés de Bert Joris et Richard Rousselet, où il est reçu avec un premier prix en 1990.
Avant le projet du Mâäk’s Spirit, Laurent était le leader du Laurent Blondiau Quintet avec Nathalie Loriers, Peter Hertmans, Otti Vanderwerf et Bilou Doneux (Queen of the Apple Pie, 1996). Il faisait et fait partie de nombreux groupes comme Octurn, Kris Defoort’s Dreamtime, Love Supreme, Rêve d’Eléphant Orchestra, Thôt, Moiano, Saïma, Kris Defoort’s Opera, Passages (chorégraphie de Fatou Traore), Nathalie Loriers Extension, Le Gros Cube (Alban Darche Big Band), Vegetal Beauty, Seven Wheels (Fabrizzio Cassol et l’aulochrome), Jean-Luc Lehr Quartet (Marc Ducret, Franck Vaillant), Brussels Jazz Orchestra, Magik Malik Orchestra...
Il a aussi collaboré à des projets très divers avec de nombreux autres musiciens comme J.-L. Rassinfosse, Michel Herr, Eric Van den Westen, Dré Pallemaerts, Nic Thijs, Aka Moon, Garrett List, Lee Konitz, William Sheller, Steve Houben, Joe Lovano, Toots Thielemans, Greg Osby, Maria Schneider, Ghalia Benali, Mahmoud Guinéa, Pierre Vaiana, Mamady Keita, Momo Wandel, N’Faly Kouyaté, Baba Sissoko (pour le projet Anye Ben Kafo).
Matthieu Donarier étudie la clarinette pendant son enfance avant de se tourner vers les saxophones à l’âge de quinze ans. Après quelques années passées à pratiquer les musiques classiques et contemporaines au conservatoire national de Rennes, il s’installe à Paris pour quatre ans d’études au Département Jazz du Conservatoire National Supérieur de Musique, alors dirigé par François Jeanneau, Daniel Humair, Jean-François Jenny-Clark, Hervé Sellin et François Théberge. Il en sort en 1998 avec un premier prix obtenu à l’unanimité. A cette même période, il fonde le Matthieu Donarier Trio en compagnie du guitariste Manu Codjia et du batteur Joe Quitzke. Lauréat du Concours National de la Défense en 1999, le groupe tourne pendant plusieurs années en Europe, au Moyen-Orient et au Canada avant de sortir son premier album en 2005 sur le label Yolk.
Parallèlement à ce projet personnel, il côtoie des musiciens tels qu’Eric Le Lann, Pat Metheny, Stéphane Galland, Linley Marthe, Moktar Samba, Christophe Monniot, Marc Ducret, Bruno Chevillon, Eric Echampart, Joachim Kühn, Michel Portal, Louis Sclavis et d’autres encore.
Fort de ces expériences, Matthieu Donarier dévelope son propre langage musical a travers l’improvisation, la composition et la pratique de ses quatre instruments en Bb (saxophones ténor et soprano, clarinette et clarinette basse). Il est actuellement impliqué dans une douzaine de groupes français et européens comme Baby Boom (Daniel Humair Quintet), Gábor Gadó Quartet, Le Sacre du Tympan (Fred Pallem & Friends), Stephan Oliva Quintet, Le Gros Cube (Alban Darche Big Band), Caratini Jazz Ensemble, Michael Felberbaum Quartet, Zâr (Musique Iranienne avec Saeid Shanbehzadeh), Story Tellers (Stéphane Kerecki Trio), Christophe Wallemme Group, et plus récemment Kindergarten (avec Poline Renou). Ces projets proposent tous des esthétiques très différentes qui nourissent le jazz des influences d’aujourd’hui. Album du Matthieu Donarier trio disponible sur Yolk Records.
Gábor Gadó commence ses études de musique par le violon puis se dirige ensuite vers la guitare classique. Il devient étudiant de Gyula Babos et sort du département de jazz du Conservatoire Supérieur de Musique Béla Bartók en 1983. Il participe alors aux groupes de musiciens de jazz hongrois comptant parmi les meilleurs. On retrouve ainsi parmi ses partenaires : Róbert Rátonyi fils, Ferenc Snétberger, Attila László, Béla Szakcsi Lakatos, Elemér Balázs et Kálmán Oláh. Plus tard il se fait remarquer de plus en plus souvent au sein de formations musicales internationales, par exemple aux cotés de Gerald Veasley, de Randy Roos et de George Jinda. Il fonde son premier orchestre sous le nom de Joy, et sort un disque intitulé Cross Culture. Le premier album édité en 1991, sous son propre nom, s’intitule Special Time. Au même moment il parcourt l’Europe pour tourner avec Nikola Parov. Gábor Gadó déménage en France en 1995 et travaille occasionnellement à Londres durant cette même période. Cinq ans plus tard, il crée, à Paris, le Gábor Gadó Quartet avec Matthieu Donarier (saxophone ténor), Sébastien Boisseau (contrebasse) et Joe Quitzke (batterie).
La première apparition de ces musiciens français intervient sur l’album intitulé Greetings from the Angel. On les retrouve ensuite sur Homeward, Unknown Kingdom et Orthodoxia qui rencontrent un grand succès. Gábor Gadó est aussi le compositeur et l’interprète du disque du chanteur Winand Gábor, Corners of my Mind, disque élu Choc de l’année 2002 par le magazine Jazzman.
En 2003, il reçoit le prix Bobby Jaspar, décerné chaque année par l’Académie Française du Jazz au meilleur musicien européen de jazz. Ce prix demeure à ce jour la plus grande reconnaissance de l’oeuvre de Gábor Gadó. Cette même année marque une collaboration avec le compositeur de musique contemporaine Péter Eötvös pour lequel Gábor Gadó enregistre en solo une interprétation de l’opéra Le Balcon sur l’album Snatches. Invité très recherché en France et à l’étranger, il a déjà donné de nombreux concerts dans les festivals suivants : Festival de Jazz Coimbra (Portugal), Festival de Jazz de Montlouis/Loire, Rencontres internationales de Jazz de Nevers, Festival Crest Jazz Vocal, Festival de l’Hôtel d’Albret (Paris), Tete Montoliu Jazz Festival (Barcelone), Festival de Jazz de Souillac, Festival de Jazz de Vitrolles, Fête de la musique de Téhéran, Mittel Europa Jazz Festival de Schiltingheim et le Paris Jazz Festival.
Sébastien Boisseau entre au conservatoire national et à l’université de musicologie de Tours en 1991. C’est également l’époque de la première rencontre avec Jean-François Jenny-Clark qui restera une des influences majeure du jeune contrebassiste. En 2000 il devient le premier contrebassiste à obtenir le premier prix de soliste du prestigieux concours de jazz de La Défense à Paris.
En 2001, il rencontre tour à tour Gábor Gadó et Daniel Humair. L’immense batteur franco-suisse l’engage dès lors dans de nombreuses aventures aux côtés de Michel Portal, Louis Sclavis, David Friedman, Marc Ducret, Charlie Mariano, Jiri Stivin, Joachim Kühn, Tony Levin, George Garzone, Pino Minafra... mais c’est au sein du quintet Baby Boom (avec Donarier, Monniot et Codjia, CD Baby Boom label Sketch) que cette rythmique puissante et imaginative s’exprime le plus régulièrement allant jusqu’à accueillir le guitariste Pat Metheny pour un concert exceptionnel au Festival de Jazz de Vienne en 2003.
Avec Gábor Gadó, c’est le début du French Quartet aux côtés de Matthieu Donarier et du batteur Joe Quitzke (albums : Orthodoxia, Unknown Kingdom, Homeward...) et de la collaboration avec le label BMC. Les liens avec le label s’affirment d’année en année et l’on retrouve Sébastien Boisseau dans certains enregistrements de Gábor Winand (Corners of my Mind, Opera Budapest), ou encore dans l’album Stringed d’Alban Darche.
C’est avec ce dernier et Jean-Louis Pommier qu’il co-fonde Yolk en 1999. En 2005, ce collectif d’improvisateurs et de compositeurs reçoit le Django D’Or du spectacle vivant pour le développement de son propre label et son travail sur différents axes allant de la sensibilisation du jeune public à la production de projets de création.
Impliqué dans de très nombreux projets en France (Triade->Minium->www.miniummusic.fr]], Eric Watson, Stephan Oliva/François RaulinMinium, Le Gros Cube, François Jeanneau Pandémonium, Jean-Marc Foltz trio, Marguet/Kühn quartet), on peut également l’entendre au sein du collectif belge Mâäk’s Spirit, de l’European Jazz Ensemble, de l’European Legacy du trompettiste suisse Franco Ambrosetti ou encore en trio aux côtés de Kálmán Oláh et Kristóf Bacsó (album Fitting, BMC). Toutes ces expériences l’ont mené au travers de nombreux festivals et pays en Europe, Amérique du Nord, Asie, Afrique, Scandinavie...
Stefan Pasborg a été diplômé comme soliste par le Conservatoire de Musique Rythmique en 2002. Batteur au style extrêmement personnel, compositeur et leader d’un groupe, il s’est fait un nom surtout dans le jazz à caractère expérimental. Il s’est produit et a enregistré avec des musiciens de notoriété internationale comme le guitariste Marc Ducret, le trompettiste Tomasz Stanko, le tromboniste Ray Anderson, et les saxophonistes John Tchicai, Jesper Zeuthen et Lotte Anker. Actuellement il joue régulièrement avec les groupes Ibrahim Electric, Delirium, Ictus, Rød Planet, Toxikum (co-leader avec le saxophoniste Liudas Mockunas) et quelques autres groupes.
En dehors du Danemark, Stefan Pasborg s’est produit dans de nombreux pays européens, en Asie et aux États Unis. Il a été honoré de nombreux prix, entre autres le prix de soliste au 16e Concours de Jazz Européen en Allemagne, le prix de Talent du Conservatoire de Musique Rythmique, le Premier Prix au 5e Tournoi Européen d’Improvisation Musicale de Poitiers en France, et la Danish Arts Fondation lui a décerné des prix en 2003, 2004 et 2005 pour l’ensemble de son travail. Il a reçu 2 prix au Danish Music Awards Jazz 2004 dont celui de « découverte de l’année ».
Gilles Olivesi commence sa formation d’ingénieur du son à l’IMFP de Salon de Provence. Ses classes terminées, il met directement ses acquis en application dans des domaines complémentaires tels que la sonorisation de concert, l’enregistrement de disques, le mastering.
Parallèlement à ses expériences en théâtre ou en concert, il est engagé en 1999 au studio La Buissonne, considéré comme l’un des meilleurs studio européen pour le jazz et la musique improvisée. C’est donc aux côtés de Gérard de Haro qu’il participera pendant cinq années à d’innombrables séances qui lui permettront de faire des rencontres déterminantes (Paul Motian, Marc Copland, Joachim Kühn, Marc Ducret, Louis Sclavis, Michel Portal, Jean-Marie Machado, Daniel Humair...) et de travailler sur les productions de labels tels que ECM, Sketch, Enja, ACT, Blue Note, Universal.
C’est également pendant cette période que des liens se forgent avec la nouvelle génération française, les collaborations se multiplient avec des artistes comme Médéric Collignon, Sébastien Boisseau, Alban Darche, Vincent Courtois, Airelle Besson et Sylvain Rifflet, les groupes Triade, Le Gros Cube, le Napoli’s Walls de Louis Sclavis et les labels tels que Minium, Yolk ou encore BMC pour qui il travaillera au mixage du trio Oláh/Boisseau/Bacsó (album : Fitting) et de l’album Opera Budapest de Gábor Winand et Gábor Gadó.
Gilles Olivesi fait partie de ces rares ingénieurs que l’on considère comme un musicien faisant partie du groupe. Sa capacité à combiner une restitution parfaite du son acoustique avec des propositions de traitements originaux et justes en font l’un des ingénieurs français les plus sollicités et s’il fallait citer un exemple de ce mixage de compétences, il faudrait alors écouter l’album Reverse de Guillaume Orti et Olivier Sens (label Quoi de neuf docteur).

J’aimerais simplement dire quel grand plaisir ce fut pour moi que de jouer ensemble avec Béla, Béla Jr., Róbert, Kálmán Oláh et John Patitucci. J’espère que grâce à la parution de cette musique sur ce CD le reste du monde commencera à apprécier le talent particulier et la sensibilité créative que les musiciens hongrois de jazz ont à offrir.
Jack DeJohnette (©)
A l’automne 1995, alors que j’étais producteur des émissions de jazz de Radio Bartók et en même temps rédacteur en chef de la revue spécialisée MaJazz, j’eus une idée de génie : que se passerait-il si on réunissait le « roi tzigane du jazz » Béla Szakcsi Lakatos avec Béla Jr. et Róbert, ses fils - qui sont également pianistes - ainsi que leur cousin Kálmán Oláh pour faire des concerts sous le nom de « Szakcsi Generation Band » ? Béla s’est d’abord fait prier mais après que j’ai « amadoué » les enfants, lui aussi a rendu les armes.
J’ai organisé leur premier concert public au début décembre 1995 dans le Studio 6. de la Radio Hongroise. Il a été suivi au printemps 1996 par une tournée nationale de dix concerts, tournée qui a remporté un succès immense.
Depuis le printemps 1998, la Rédaction en charge des Concerts à Radio Bartók organise chaque année un concours des talents destiné à de jeunes jazzmen solistes. J’ai demandé à Szakcsi à être président du jury pour les concours de piano et de saxophone. Depuis 2000, nous faisons venir une star américaine pour être président d’honneur de la finale et de la soirée de gala qui la suit. Le premier président d’honneur a été Pat Metheny pour le concours de guitare. Pour ce qui concerne la soirée de gala, il a été rendu « obligatoire » à nos invités américains de jouer avec des Hongrois connus puis de faire un duo avec le vainqueur du concours.
Le saxophoniste Mihály Ráduly, une des légendes vivantes du jazz hongrois, est revenu de New York en janvier 2001 et avant son retour nous lui avons organisé un concert d’adieu au Jazz Garden, où - « par hasard » - le Trio Szakcsi jouait ! J’ai alors d’abord invité Mihály à être le président hongrois du concours de l’année suivante, puis durant la pause j’ai demandé à Béla s’il avait envie de jouer l’année prochaine avec Jack DeJohnette. Il a cru que je plaisantais, pourtant il aurait dû savoir que dès que j’ai une idée dans la tête, je fais tout pour la réaliser !
A l’automne 2001, à l’occasion de son invitation au concours de batterie, j’ai écrit à Jack DeJohnette pour l’informer que dans la deuxième partie de la soirée de gala il allait jouer avec le « number one Hungarian jazz pianist » et faire un duo avec le vainqueur (et je ne pensais pas ici à un duel de batterie mais je le voyais plutôt jouer du piano et le vainqueur du concours jouer de la batterie). Cette dernière idée lui a beaucoup plu. Par rapport à Szakcsi, il m’a demandé de lui envoyer de la documentation car il ne le connaissait pas. Béla a alors conseillé que je lui fasse parvenir les albums Straight Ahead de 1994 et On the Way Back Home de 2000 car il y joue avec des musiciens américains. C’est ce que j’ai fait et je lui ai également envoyé le premier enregistrement de Szakcsi Generation Band. Et là, surprise ! c’est ce qui a le plus plu à Jack !
En mai 2002, lors de la finale du concours de batterie, c’est Róbert Szakcsi qui jouait du piano. Dès l’entracte, Jack me demanda qui est ce gosse. Je répondis que c’est le fils de Béla et qu’il joue lui aussi sur l’enregistrement du concert du Szakcsi Generation Band. Après l’annonce du résultat du concours, Mihály Ráduly convainquit Jack de venir avec toute la bande dans la petite boîte de jazz où Béla jouait ce jour-là. Et c’est le pur fruit du hasard si Béla Jr. et Kálmán se trouvait également au Jazz Garden, et d’ailleurs nous avions fait venir Róbert avec nous ! L’atmosphère devenait de plus en plus chaude dans la boîte et Jack s’est au bout du compte retrouvé à faire un jam avec les quatre pianistes. Lorsque je m’effondrais de fatigue à trois heures du matin eux continuaient encore à jouer.
Le matin suivant la soirée de gala, avec ma femme Gabi Szász, nous avons emmené Jack à l’aéroport et c’est alors qu’il m’a dit qu’un jour il enregistrerait très volontiers un disque avec Szakcsi Generation.
En 2003, je commençais à organiser les concours pour la contrebasse et pour la basse. J’ai demandé à John Patitucci d’être le président d’honneur : il a tout de suite accepté. Puisqu’en théorie, ceci aurait dû être le dernier concours des jeunes talents, je pensais qu’il fallait organiser quelque chose de détonant. J’ai alors imaginé que John joue au début un duo avec le vainqueur de chacun des deux concours puis avec l’orchestre composé des jeunes talents vainqueurs des précédentes années. Dans la deuxième partie, les présidents d’honneur américains (Pat Metheny, Jack DeJohnette, John Patitucci) joueraient dans un trio jamais assemblé et ainsi donc impossible à reformer une nouvelle fois. Et je me suis alors dis : puisque Jack et John sont déjà là, alors pourquoi ne pas enregistrer un disque avec les quatre pianistes ?
Et il en fut ainsi : après la soirée de gala, le disque fut enregistré en deux jours. Le mixage eut lieu le troisième jour, sous la direction de Jack (John avait, lui, du rentrer à la maison). Lors de la soirée d’adieu organisée à l’appartement des Szakcsi, les pianistes étaient très contents et Jack était lui aussi très satisfait du résultat final.
Mon rôle avait duré jusque là. Je suis fier d’avoir « rêvé » cette production, de l’avoir mené à sa bonne fin et d’avoir pu participer à l’ovation sans fin du public qui a suivi le concert du groupe au Festival de Jazz de Budapest de 2005.
Róbert Maloschik
Traduction : László Dankovics (©)

Deuxième album du MonioMania de Christophe Monniot, après La manivelle magyare (BMCCD113.)
Avec :
Emil Spányi, claviers
Manu Codjia, guitares
Cécile Darou, Sylvaine Hélary, flûtes
Balázs Bujtor, violon