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Edition du 11 octobre 2008

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Publié le 14 mai 2007
Le Monde de Kota
Murmures
Olivier Goulet (hca), Stéphane Montigny (tb), Julien Omé (g), Guido Zorn (b)
[RADAR / Egea]

Un nom de groupe pareil, c’est une sorte de serment. D’une part l’espoir d’un monde nouveau, de sonorités inédites ou d’atmosphères inattendues, mais aussi une formation égalitaire, collective, unie et où le travail d’ensemble importe bien davantage que l’expression individuelle. Les instruments renforcent cette impression : harmonica, trombone, guitare, contrebasse. Cette surprenante combinaison, outre le fait que le disque ne contient que des compositions originales, renforcent l’avant-goût prometteur de Murmures.

A l’écoute, aucune déception : un gros travail sur la texture, le grain du son, apparaît rapidement. Les instruments explorent tous les registres, intervertissent les rôles : l’harmonica peut soutenir un morceau à l’aide d’un ostinato suraigu, la guitare peut créer des nappes qui donneraient presque l’illusion d’une discrète section de cordes, la contrebasse peut être percussive et faire oublier l’absence de batterie dans ce quartet hors du commun. L’aspect collectif se confirme : pas de leader, les chorus et les rôles rythmique ou mélodique passent d’un musicien à l’autre.

Le groupe pourrait s’écouter malaxer la matière sonore, se complaire dans la quête aveugle du timbre idéal, mais Le Monde de Kota ne tombe pas dans ce piège. Au contraire, tout le travail sonore sert le discours de l’ensemble : les thèmes sont parfois exposés à l’unisson par deux musiciens, fusion parfaite donnant ainsi naissance à un son totalement nouveau semblant provenir d’un instrument imaginaire. L’écriture est riche et les structures complexes, passant d’une ambiance à l’autre, enchaînant ruptures rythmiques, improvisations débridées et joyeuses, dialogues et questions réponses. Il y a du Zappa dans un morceau comme "L’Ascension d’un nuage de bonheur", qui fourmille, grouille, s’arrête puis repart, joue avec l’auditeur... Pour un premier disque, la clarté du propos est étonnante de maturité.

Ne manquez pas ce disque : il n’est pas si fréquent de connaître l’excitation de la découverte d’un nouveau monde...