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Edition du 8 octobre 2008

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Publié le 7 décembre 2007
Trio Wackabas
Live At Zeffirelis
Dan Whieldon (p), Gavin Barras (b), Jonas Backman (dm)
[BBW records]

Imaginez un trio jazz.
Imaginez un club de jazz de la banlieue de Londres.
Imaginez un standard de Cole Porter (« I Love You »), de Herbie Hancock (« Dolphin Street ») ou de Miles Davis (« Solar ») et vous aurez déjà bien en tête l’ambiance qui se dégage de cet album enregistré « live » par ces jeunes musiciens anglais.

Pas de grosse surprise en fait, sinon une très belle maturité et une personnalité qui doit sans doute encore un peu s’affirmer. Outre quelques très belles compositions personnelles, le disque trouve plus d’intérêt sur les derniers titres (le trio se sentirait-il plus à l’aise en fin de concert ?). Sur ces morceaux-là, le groupe ose s’aventurer un peu plus et joue des formes plus ouvertes. « Stridding Edge » (du bassiste Gavin Barras) s’éloigne légèrement de la tradition proche d’un Bill Evans, et propose quelques belles idées rythmiques. A cette ligne de basse solide, Dan Whieldon répond d’un ostinato vigoureux de la main gauche et fait preuve d’un touché volubile. Le pianiste réitère d’ailleurs ce jeu expressif sur « Don’t Forget The Poet » de Pieranunzi, qui semble être aussi une de ses influences majeure.

Vers la fin donc, « Autumn Leaves », tout comme « Alone Together », jouent la carte d’un groove raffiné et d’une approche stylistique un peu plus libre. Le jeu du trio se fait alors plus incisif, plus animé, tout en gardant une extrême délicatesse dans le développement. Le pianiste entraîne dans son sillage une contrebasse plus loquace et permet aussi à James Backman d’esquisser à la batterie quelques improvisations plus intéressantes que sur « I Hear A Rhapsody » par exemple.

On se dit qu’on aurait aimé parfois un peu plus, sinon de fougue, du moins de prises de risques plus franches. Car ce trio en est capable. Mais nos trois musiciens aiment cultiver les ambiances nocturnes, sobres et retenues, comme sur le titre qui conclut l’album : « Nuits Blanches ». C’est d’ailleurs dans ces moments-là que le charme agit. Alors, baissons la lumière, installons-nous confortablement et ne boudons surtout pas notre plaisir.

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