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Edition du 13 octobre 2008

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Publié le 3 avril 2008
Michel Portal "Birdwatcher" à Strasbourg : une ovation et deux rappels
Michel Portal : clarinette, clarinette basse, saxophone soprano, bandonéon ; Bojan Zulfikarpasic : piano, piano électrique ; François Moutin : contrebasse ; Dan Weiss : batterie.
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Michel Portal © P. Audoux/Vues sur Scènes

Il le confesse volontiers, Portal est toujours un peu inquiet au début de ses concerts. Ce soir, il a en effet le masque de l’homme soucieux. Mais sa nouvelle paire rythmique, François Moutin associé à Dann Weiss, va rapidement le rassurer.

Avec le temps, Moutin s’est construit une vraie personnalité sur son instrument : quelle présence ! quelle générosité ! Et quel son boisé, très brut… Il forme, avec Dan Weiss à la batterie, une paire jumelle (pardon à son "autre" jumeau) qui propulse littéralement la musique. Weiss est une découverte : diaboliquement précis, souple, puissant. Son jeu relance les solistes ou détaille la mélodie sur l’exposé des thèmes, sans jamais un coup de baguette de trop ; il est à la fois inventif (qui joue encore ainsi sur la charleston depuis Roy Haynes ?) et présent sans être envahissant... C’est sa première collaboration avec Portal. Mais il fait d’ores et déjà partie de la famille...

Quant au répertoire, il est essentiellement tiré de Birdwatcher. Aux claviers, Bojan Z, compagnon de longue date, installe des climats au piano et piano électrique (dont il joue en même temps) ; on sent qu’il a vraiment les thèmes de Portal sous les doigts. Au ténor, Tony Malaby, bouleversant, confirme qu’il est un véritable improvisateur : nul bavardage, pas de redites… il fait siennes les compositions pour mieux décliner le thème, l’étirer, le triturer... Portal l’estime au point de lui laisser le champ libre en trio le temps d’un émouvant "Tamarindo" (extrait de son dernier album éponyme) qui, justement, n’est pas sans évoquer la mélodie finale de "Métis" (Portal). L’univers des deux souffleurs n’est donc finalement pas si éloigné qu’il y paraît... Malaby éprouve un plaisir visible à participer à cette aventure : tantôt il jette un coup d’oeil par-dessus l’épaule de Portal ou sourit pendant ses solos, tantôt il lorgne sur sa partition...

Une ovation et deux rappels plus tard, Portal est toujours aussi exigeant (il glisse un mot à l’oreille de Bojan Z pour l’orienter) mais semble apaisé, rassuré : une fois de plus, la musique était au rendez-vous...