Sur la pochette, un homme élégamment vêtu, coupe de cheveux raisonnable, veste souple et cravate, s’évade du cadre d’une photo en noir et blanc. Dedans, une musique tout en diagonales, en tangentes et en lignes de fuite, en noir et blanc aussi. A mi-chemin entre le corps et la machine, au croisement fugace des trajectoires : la contrebasse, au son humain plus qu’humain. L’instrument comme planche de salut ? Amateur d’explicite ? Passez votre chemin. Bruno Chevillon ne raconte pas une histoire et ne vous démontre rien : il vous précipite sans sommation dans un univers indéchiffré ; sa musique projective comme un Rohrschach sonore vous rappellera sûrement un moment, un rêve récurrent, un film. Un film à réaliser, peut-être, ou qui existe déjà. En noir et blanc, probablement. A coup sûr, captivant et dérangeant. A lire dans Les Allumés du Jazz n°21 : "Bruno Chevillon, Incarnation et Réincarnation".
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