![]() Publié le 31 mai 2008
Camille à la Cigale, régal !
Sur scène, sept musiciens. Camille comme le chant du corps, de la danse et des mots. Instrument unique. Un corps à fleur de peau, osons-le ; le corps joueur d’une jeune femme un peu chamane qui appelle à la communion avec le public certes, mais en lui signifiant d’abord une proposition musicale charnue et dense. Nul effet de charme gratuit. La musique d’abord et avant tout. Et puis les mots comme des échappées-belles, des gourmandises impressionnistes pour peindre son espace. Ailleurs. Camille comme un ensemble de musique d’aujourd’hui. Ancré dans la tradition “soul“, comme le “son“ du nouvel album dirons-nous, et résolument ouvert, tête chercheuse. Têtu. Camille comme un souffle heureux de liberté et d’intelligence dans l’écriture, les arrangements, l’agencement des timbres et des textures sonores, la précision et la pertinence des tuilages vocaux et rythmiques. C’est ouvragé aux sens et au plaisir. Ça joue, ça improvise parfois et ça rigole aussi, à en faire oublier la rigueur d’interprétation qu’une telle musique demande. Bien sûr, nous pourrions aussi dire que Camille ne “tient“ pas totalement le concert, qu’il y a des “creux“ dans son déroulement ou que ça déborde un peu par goût, provoqué/assumé, de la fête et du partage, parfois facile, avec le public ; que ceci, que cela et... que trop de générosité nuit à l’impact artistique du spectacle ! Oui c’est vrai. Et alors ? Mais que ce “parfait“ imparfait reste stimulant et jubilatoire !
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