![]() Publié le 19 juin 2008
"Jazz à Vienne" démarre
Une programmation somptueuse. Des concerts dans tous les sens. La présence des plus grandes figures du jazz contemporain. Un mélange savant d’où le jazz sort grand vainqueur… Le 28è "Jazz à Vienne" qui démarre vendredi déborde de rendez-vous hors pair. À quoi reconnaît-on une grande édition de "Jazz à Vienne" ? Aux figures emblématiques qui vont s’y succéder, sans doute. A la juxtaposition réussie d’affiches et de concerts d’importance ? Beaucoup plus. C’est le cas pour cette 28° édition qui s’annonce exemplaire pour de multiples raisons, et qui suit deux années de calme relatif. D’abord parce qu’en effet, tous les grands y seront, et premier d’entre eux, le très rare Sonny Rollins, qui revient toute une soirée donner une nouvelle démonstration de sa force suprême, ou plutôt de ce feu sacré qui l’anime. Parce qu’il n’accepte qu’une ou deux dates chaque été en Europe, ce nouveau passage à Vienne est certes, à lui seul, un événement. Mais la présence du grand ténor est d’autant plus précieuse qu’il ne sera pas l’arbre qui cache la forêt : au contraire, « ils » ou « elles » seront pratiquement tous là, comme pour l’escorter. Carla Bley, Chick Corea. Donald Brown. Herbie Hancock. Diana Krall. Maria Schneider. Et surtout, Wayne Shorter, suave, discret et constant. Au petit jeu des comparatifs avec les grands rivaux de "Jazz à Vienne", on se convainc encore plus du tour de force réalisé par le festival. Car, au-delà de ces têtes d’affiche, le festival ne se contente pas de jouer sur une seule thématique (les sax, les pianistes, les big bands). Il semble au contraire les regrouper toutes, associant Claude Bolling – Lionel Hampton à Ornette Coleman en passant par la musique de Frank Zappa et Jean-Luc Ponty, très attendus. Bref, on descendra les siècles pour mieux les remonter sans pour autant se trouver face à un insipide patchwork. Mais même si le blues sera évidemment présent avec Buddy Guy, cette 28è édition sonne un peu comme une revanche du jazz sur plusieurs années de vaches maigres ou trop bien rangées. Là se lit sans doute la patte de Jean-Paul Boutellier, directeur artistique et fondateur du festival et de son complice Jean-Pierre Vignola. D’avoir donné au festival une densité qui, de fait, impose d’ores et déjà cette édition comme l’une des plus prometteuses. Car, entre les lignes, il faudra être sans cesse attentifs pour ne pas louper un Rosario Giulani en quintet, escorté de Flavio Boltro, ou pour apprécier à sa juste valeur Stefano di Battista, dont certaines prestations à Vienne résonnent encore à nos oreilles, Ici, les leaders auraient pu échanger leur costume avec ceux qui les accompagnent sur scène, d’un Dave Holland à un Chris Potter et pas mal d’autres. Si l’on en oublie la soul, l’Afrique ou la musique brésilienne, c’est pour la garder pour la fin - ou le début : tout démarre vendredi 27 juin avec « Still Black, Still Proud », étonnant retour vers la musique de James Brown mis en route par Pee Wee Ellis et Fred Wesley. Si Etta James a dû déclarer forfait pour raisons de santé (lourds regrets), en revanche, Roberta Flack, qui la remplace, est attendue avec impatience. Côté Brésil, la rencontre des Belmondo brothers avec Milton Nascimento peut déjà s’apprécier sur le disque du même nom. Pour couronner le tout, la dernière soirée – celle du 11 et non du 13 juillet - s’annonce aussi de toute beauté : outre Claude Bolling, qui revient avec Dany Doriz sur Lionel Hampton, est attendu le Big 3 Palladium Orchestra qui vaut largement le détour quand il s’approprie la musique de Tito Puente. Enfin, on retrouvera cette nuit-là l’attachante Stacey Kent que nul n’a oublié lors de son précédent passage ici, sous la voûte étoilée. Bref, fort de ce marathon musical, et sans même qu’on évoque le programme des scènes qui bordent le Théâtre antique (voir ci-dessous), "Jazz à Vienne" peut dérouler, tranquille, son édition 2008. LES AUTRES SCENES DE JAZZ A VIENNEClub de Minuit, Cybèle, bar du Radisson au « Crayon », Jazz Mix, la Tente à Bœuf ou les Musaïques… le festival se déroule autant à l’extérieur qu’à l’intérieur du Théâtre antique. Qui plus est, toutes ces scènes sont en accès libre. C’est ce qui explique aussi que l’on peut être un excellent festivalier sans assister forcément le soir aux concerts du Théâtre. Chaque jour, de 16 heures à 3 ou 4 heures du matin, de multiples scènes se relaient ou se chevauchent à Vienne :
Nos coups de cœur Au Club de Minuit :
(À suivre...)
Voir aussi :
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