Altrock Chamber Quartet
Sonata Islands Goes RIO
Emilio Galante (fl, picc fl), Valerio Cipollone (cl, bcl), Andrea Pecolo (vln), Bianca Fervidi (cello).
Label / Distribution : AltrOck Productions
S’il est avant tout raffiné, Sonata Islands Goes RIO n’oublie pas pour autant de s’aventurer dans des contrées ténébreuses. L’Altrock Chamber Quartet puise dans la tradition séculaire de la musique chambriste afin de la confronter aux particularités du mouvement Rock In Opposition initié par le batteur Chris Cutler. Point de quatuor à cordes traditionnel ici, mais un alliage réussi entre des sonorités mêlant la flûte, la clarinette, le violon et le violoncelle.
Composés par Fred Frith, « Norrgarden Nyvla » et « Hands Of The Juggler » sont réorchestrés par Giovanni Venosta qui n’est autre que l’un des premiers adeptes du mouvement RIO en Italie. L’esthétique cérébrale d’Art Bears parcourt ce second morceau où s’entremêlent les coups d’archets saccadés d’Andrea Pecolo et Bianca Fervidi. Un climat sépulcral additionné à un arrangement orchestral d’une précision chirurgicale parcourt « Présage », composition de Daniel Denis du groupe Univers Zero. On navigue dans des eaux troubles initiées naguère par Art Zoyd. Quatre compositeurs transalpins participent à la thématique de l’album avec conviction. Tiziano Popoll, spécialisé dans les traitements sonores en temps réel, signe « Crossroads », teinté d’un lyrisme méridional, alors que Stefano Zarzanello propose le dansant « Luoghi che aspettano ». Ancien membre de Stormy Six, Francesco Zago fait de l’urgence sa priorité avec « Brachilogia7 » qu’anime la clarinette de Valerio Cipollone. Le pianiste Massimo Giuntoli est invité à se joindre au quatuor et signe un bijou spasmodique, « Land Arf », destiné à enrichir la palette sonore de la formation.
L’essence même de cet album nous rappelle combien le mouvement RIO fut primordial dans l’histoire musicale des années soixante-dix. Si le combat entre les labels indépendants et l’industrie massive du disque reste toujours d’actualité, cela se perpétue avec des musicien·nes engagé·es dont le flûtiste Emilio Galante demeure l’un des représentants les plus distingués.

