Brigitte Bühlmann
Beautiful Love
Brigitte Bühlmann (voc), Noé Macary (p), Sylvain Pourrat (b), Thomas Chignier (d)
Le nombre de chanteuses qui revisitent les standards du jazz ne cesse de croître. Ce phénomène exponentiel ne concerne plus seulement les États-Unis ou l’Europe mais bien toutes les parties du monde. La grande difficulté pour ces musiciennes est de ne pas retomber dans des relectures trop fidèles aux compositions originales. De plus, ne pas se calquer sur des voix célèbres passées à la postérité s’avère toujours un exercice difficile.
Le premier album de la Suissesse Brigitte Bühlmann est audacieux, les dix compositions signées par de grandes plumes du XXe siècle font l’objet d’un dépoussiérage subtil. Il suffit de se laisser porter par le grain de voix qui enveloppe « Night And Day » de Cole Porter pour être conquis. La prestation de la chanteuse est ici empreinte de délicatesse et rappelle la version enregistrée par Frank Sinatra en 1943, ce qui n’est pas le moindre des compliments. Prendre le risque de s’attaquer à « God Bless The Child » immortalisé par la divine Billie Holiday s’avère être une réussite, le phrasé bien nuancé et un très léger grain vocal procurent une émotion immédiate.
Les arrangements musicaux sont dus au pianiste Noé Macary qui est passé maître dans l’art de se fondre dans des projets qui vont de la musique de chambre au jazz en passant par la pop. Il n’en est pas à sa première expérience discographique, s’étant fait remarquer par son lyrisme sur l’album Après de la chanteuse Pauline Ganty. Son jeu se fait introspectif dans « I Loves You Porgy » de George et Ira Gershwin où il se laisse aller à un solo raffiné. L’enchevêtrement de notes qu’il déploie dans « Beautiful Love » en fait le partenaire musical idéal pour Brigitte Bühlmann. La paire rythmique se compose de Sylvain Pourrat , qui a longtemps accompagné l’auteure-compositrice-interprète Leïla Huissoud, et de Thomas Chignier, membre de Trumpets of Consciousness.
Le quartet se joue des embûches concentrées dans « There Is No Greater Love », marqué par les interprétations de Dinah Washington, Aretha Franklin et Amy Winehouse. Brigitte Bühlmann succède ici à ses aînées en lui imprimant son style suggestif et passionnant.
