Chronique

Cathy Escoffier 8tet

Un Western imaginaire

Cathy Escoffier (p, Rhodes, comp), Christophe Dal Sasso (fl, arr), Chloé Cailleton (voc, narration), Thomas Savy (cl), Cécile Hardouin (basson), Camille Lebréquier (cor d’harmonie), Mathias Allamane (b), Karl Jannuska (d)

Label / Distribution : Inouïe Distribution

Si vous tenez à réussir un album thématique, il faut imaginer une histoire plausible et réunir une brochette de musicien·nes de premier plan. Cathy Escoffier l’a bien compris, qui a écrit cette suite Un Western imaginaire initialement destinée à un trio agrémenté d’une voix. La volonté de transformer la formation initiale en un octet se concrétise avec l’arrivée de Christophe Dal Sasso aux flûtes et aux arrangements.

La trame musicale bénéficie d’un échantillonnage de couleurs orchestrales homogènes. « Proverbe amérindien » rayonne par un climat qui tend quelquefois à évoquer l’Extrême-Orient. Habitué à collaborer avec Christophe Dal Sasso dans son big band, Thomas Savy échappe habituellement à toute forme de classification, passant aisément de la musique contemporaine à l’électro. Ici, ses clarinettes se marient élégamment au basson de Cécile Hardouin et au cor d’harmonie de Camille Lebréquier. Ces deux instrumentistes, familières de l’Orchestre philharmonique de Radio-France ou de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse, enrichissent le matériau sonore par leurs unissons exquis comme dans « Serket, la justicière égarée ». Dans la lignée de sa participation à l’ONJ de Frédéric Maurin, la voix de Chloé Cailleton déploie une ardeur singulière. Précise dans ses intonations vocales, la chanteuse épouse les sinuosités orchestrales.

Toujours dynamique et clairvoyante, la section rythmique avance de front. Le contrebassiste Mathias Allamane, fort de ses partenariats avec Johnny Griffin ou Billy Hart, trouve en Karl Jannuska le batteur idéal pour soutenir le groupe. Rien n’a été laissé au hasard, Un Western imaginaire s’accompagne d’un roman graphique disponible sur demande, signé Laurent Pascal. La finesse du dessin n’est pas sans évoquer Blueberry, le cow-boy de Jean Giraud. Convaincant, le jeu pianistique de Cathy Escoffier s’étoffe harmonieusement dans ces six compositions qui nous apportent un sentiment de plénitude.