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Chano Domínguez

Casino Municipal de Capbreton, salle Ph’Art le 18 août 2017.
Avec : Chano Domínguez, piano solo

Plus tôt dans l’après-midi, l’Andalou s’était figé, debout face au clavier d’un piano trop dur pour son jeu, dans un desplante lourd de sens en terre taurine. D’autres, en pareil cas, auraient probablement tempêté, menacé sans doute, et fini par se murer dans leur loge, exigeant qu’on remplaçât sur l’heure l’objet par un instrument à la mesure de leur talent.

Non. Le Flamenco est honneur. Et le Jazz audace. Il jouerait quoi qu’il advienne, et donnerait tout. A savoir, le meilleur.

Le public qui n’a rien vu de la scène l’a d’évidence senti, dès le premier morceau. La suite ne sera que duende, grâce et communion. Chano convoque Albéniz, très librement revisité (« Iberia », « El Puerto del Rey »), Monk et sa part de rêve (« Monk’s Dream », comme il se devait en cette année de cent bougies), il cite Rollins (« Saint Thomas », à en percevoir le souffle du Colosse)… Et McCoy Tyner pour cet inoubliable « Searching for Peace », transcendé en « Buscando la Paz » à la mémoire des victimes de l’attentat de Barcelone deux jours plus tôt.
Puis vinrent de ces interminables ostinatos de main gauche qui conduisent sans répit jusqu’au bord de la rupture, et vous déposent là, hors d’haleine, épuisés mais béats, ruisselants de lumière.
Standing ovation, deux rappels, et l’inattendu « Black and White » de Michael Jackson.
Car c’est bien d’universalité qu’il était question ce soir.

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par Pierre Vignacq // Publié le 5 novembre 2017