Entretien

Christophe Rocher

Rencontre avec une solide personnalité du jazz français.

Le clarinettiste Christophe Rocher se sent bien dans les grands formats. On l’avait remarqué dans l’orchestre lillois Circum Grand Orchestra, aux côtés d’Olivier Benoit, mais c’est dans sa Bretagne natale qu’il a fondé l’ensemble Nautilis. Avec ce dernier il a récemment réalisé un disque autour des photos de Guy Le Querrec. Mais Christophe Rocher aime aussi les enregistrements hors normes. C’est le cas de ce formidable coffret de trois disques Nos Futurs, paru sur le label Abalone avec Sylvain Thévenard dans le duo Boreal Be. Hors normes par le choix de mêler les voix des trois invités (Beñat Achiary, Anne-James Chaton et Mike Ladd), l’électronique et les clarinettes.

Comment s’est formé le duo Boreal Bee avec Sylvain Thévenard ?

Je connais Sylvain Thévenard depuis bien longtemps, c’est un très grand ami, il est aussi le meilleur ingénieur du son que je connaisse, nous travaillons ensemble depuis plus de 20 ans, il a enregistré quasiment tous mes disques. Il y a quelques années, il a engagé un travail autour de l’électro-acoustique qui m’a beaucoup intéressé. Il associait une démarche de recherche musicale très originale à une conscience très aiguë du son et de l’espace sonore, du fait de ses compétences d’ingénieur du son justement, tout en développant ses propres outils informatiques dans l’environnement Usine créé par Olivier Sens. Nous avons donc commencé à travailler ensemble, en nous donnant vraiment le temps de la recherche. L’idée était (et est toujours, d’ailleurs) de se proposer des idées, des traitements, des expériences électroacoustiques pour fabriquer des matières sonores issues des sons de clarinettes ou d’autres, des dispositifs permettant à la machine de réagir à nos actes improvisés et de nous proposer du son en retour sur lequel nous pouvons à nouveau réagir, etc.

Nous avons envisagé les sons à la fois comme des fréquences en mouvement et comme les dynamiques de nos discours musicaux ; nous avons aussi imaginé la place du hasard, de la surprise, de l’aléatoire, nous y intégrons aussi des notions plus « classiques » de composition qui intègrent par moments des questions de rythme, d’harmonie ou même de fabrication de contrepoint par la machine et nous.

Sylvain a développé des dizaines de patches sur lesquels nous testons nos capacités à improviser, à jouer. Parfois l’environnement, le lieu dans lequel nous jouons et le système de diffusion influencent le résultat : par exemple, je me souviens d’une séance de travail à l’Estran à Guidel, où nous avions disposé une douzaine d’enceintes un peu partout, même au plafond et dans la salle voisine. Tout à coup, le retour du son que nous produisions (feedback) a donné une sorte de magma harmonique assez irréel. Nous avons travaillé cela pendant un temps pour comprendre et être capables de le reproduire en toutes circonstances. Parfois nous cherchons une chose et en trouvons une autre, la sérendipité ne nous affole pas ; au contraire, assez souvent elle guide nos pas.

J’ai commencé par dire que Sylvain est mon ami : je crois que par dessus tout, la relation entre nous, notre capacité à nous comprendre, à communiquer, à nous aimer, à nous confronter est le plus important des paramètres dans ce duo. Ainsi est né Boreal Bee, des résultats de nos expériences et de nos fantasmes de jeux improvisés entre machine et clarinette. 

On peut penser en terme de fréquences, de formes d’ondes, d’harmoniques, de paramètres…

Comment approche-t-on la musique électronique avec une clarinette basse ?

La clarinette (pas nécessairement basse, je joue aussi de la clarinette en Sib et de la petite clarinette en Mib) est un générateur de sons, de mélodies, de matières sonores, de rythmes. On peut penser en terme de fréquences, de formes d’ondes, d’harmoniques, de paramètres… Les capacités de l’informatique aujourd’hui sont vertigineuses, on peut même s’y perdre très facilement si on ne restreint pas le champ d’exploration. J’adore les mathématiques, les sciences. J’aime approcher le monde du côté de la compréhension physique, dans son rapport au temps et à l’espace : j’ai suivi une formation scientifique qui m’a permis de rester connecté avec cette forme de pensée, Sylvain, lui, a fréquenté le CNSM de Paris et a eu ensuite un parcours très riche dans le domaine de la connaissance du son. Nous nous retrouvons autour de concepts physiques lorsque nous imaginons de nouveaux dispositifs, puis nous écoutons, et surtout nous rêvons. C’est un aller-retour permanent entre le rêve et le concret. Ensuite, Sylvain programme et moi, je souffle dans mes clarinettes : j’ai le beau rôle, non ? 

Quand nous sommes satisfaits de(s) l’outil(s), nous jouons ; Sylvain fabrique des instruments finalement, c’est de la lutherie informatique. Ce qui est particulier par rapport aux instruments acoustiques, c’est l’aspect fusionnel ou schizophrénique. Quand je joue avec d’autres instrumentistes, chacun est responsable du son qu’il produit et qu’il souhaite mélanger avec ceux des autres. Dans le cas de ce duo, le son que je joue peut alimenter le discours de mon camarade et devenir son propre son pour qu’il le modifie, le multiplie, le déforme et me le renvoie en temps réel. J’ai parfois l’impression de jouer avec un moi manipulé par un autre, c’est passionnant et flippant à la fois. Nous passons énormément de temps à essayer et à parler de cela car les réflexes ne peuvent pas être les mêmes que lorsqu’on joue avec des instrumentistes acoustiques : finalement, la partition, c’est la machine ; l’instrument informatique que nous imaginons est la partition, ensuite nous improvisons avec. Cette démarche n’est pas forcément très originale ; ce qui l’est, c’est ce que nous en faisons, c’est nous, nos choix à travers tous ces possibles. Les instruments évoluent, l’informatique est une révolution aussi importante que l’arrivée de l’électricité dans la musique, mais ce qui compte c’est ce que les musiciens en font. 


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Christophe Rocher & Sylvain Thévenard © Laurent Poiget

Pouvez-vous nous présenter le projet Nos Futurs ? Mais aussi le message de ce triple album ?

L’idée est venue lors d’une conversation à bâtons rompus, un soir, entre Sylvain et moi. Nous parlions de politique, d’écologie et puis de surréalisme, nous nous disions que les inquiétudes de notre époque incertaine bridaient les capacités de chacun à imaginer un futur, à se projeter dans l’absurde, dans des utopies.
Ainsi est née l’idée d’inviter trois voix différentes, trois personnalités à qui nous demanderions de proposer trois portes vers un futur fantasmé.

Pourquoi trois ?

Je ne sais plus.
Nous avons invité Beñat Achiary car c’est une voix qu’on adore tous les deux, pour son rapport à la poésie et son engagement dans tous les sens du terme. Beñat est à la fois dans la bataille et dans les étoiles. 
Le choix de Mike Ladd était aussi évident pour nous, pour son rapport à ce qu’il nomme post-futurisme, la dimension SF et son rapport à l’afro-futurisme. 
J’avais accueilli Anne-James Chaton à Brest il y a des années pour un concert en solo et depuis ce jour j’avais toujours gardé en tête ce désir de lui proposer un projet d’écriture et de concert. Je l’ai appelé et le sujet l’a inspiré. 

Chaque volet de Nos Futurs ? est très différent dans son rapport au texte et à la voix. Avec Beñat nous avons choisi des textes ensemble, parmi des auteurs de poésie qu’il affectionne. Pour les concerts, Beñat pose les textes par terre et choisit au gré de la musique de s’emparer de l’un ou de l’autre. Il y a donc aujourd’hui avec nous Serge Pey, Michaux, Garcia Lorca, François Cheng, Li Po … La musique est totalement improvisée.

Anne-James a pour sa part écrit les textes à partir de matériaux tels que les noms et lieux de films, jeux videos, BD, romans inspirés par la SF, un autre à partir des notices d’utilisation de machines usuelles, ou encore des extraits de textes de Charles Fourier… Cette partie du triptyque est sans conteste la plus composée, et nous avons développé une musique sur des concepts plus séquencés. 

Avec Mike, nous avons eu la chance de faire une résidence à l’école d’art de Lorient, dans la classe de Christophe Desforges, où nous avons écrit ensemble une sorte d’histoire avec les étudiants, ou plutôt l’architecture d’une histoire en huit parties, histoire que Mike réinvente à chaque fois que nous la jouons, à partir des éléments de base de cette architecture. « Tout commence en 1997, le jour où il est passé à travers les cables du pont de Brooklyn, il y avait trouvé un sorte de faille temporelle qui l’a transporté en 2097 ou 2923, il a ainsi échappé à la fin du monde, pour assister à ce nouvel ordre dominé par les tri-clones … d’ailleurs si vous êtes là à nous écouter ou à lire ce texte, c’est que vous aussi, vous avez échappé à la fin du monde. » Pour ce volet du projet, Mike joue avec un Synthi AKS [1] et sa MPC : nous avons développé des outils musicaux qui génèrent des éléments de rythme reliant les intervalles entre les sons et leur durée ; cela donne des basses mélodiques assez originales. Sylvain a apporté des climats musicaux très forts sur ce projet, écoutez le disque !!!

Pour ce qui est du message, à chacun d’y trouver le sien, en ce qui nous concerne, nous essayons de voyager dans le temps et l’imaginaire. 

Au passage, je tiens à remercier Régis Huby du label Abalone et Luc Genetay (L’Autre distribution) qui ont pris des risques financiers importants pour nous aider à sortir ce triple album. Nous savons tous à quel point ce type de projet un peu atypique, avec trois disques de surcroît, est un engagement fort de chacun, une aventure totalement cinglée. 

Les musiques que nous pratiquons permettent de créer des matières musicales sans que ce soit de la fusion ou du mélange.

On a le sentiment que la rencontre avec Mike Ladd, et son passé sur la scène du hip-hop underground a été particulièrement importante pour vous… Un rêve d’adolescent ?

Pas un rêve d’adolescent, non. Mike a un flow incroyable et une inventivité géniale dans l’instant ; il a cette culture rap engagée, c’est son monde, son histoire. Nous sommes ravis de nous frotter à ça parce qu’il y a une putain de musique là-dedans, ça invente et nous nous y retrouvons. Pour ma part, je connaissais très peu le rap étant adolescent, j’écoutais The Last Poets mais c’était déjà vieux. Non, ce n’est pas un rêve d’ado. Par contre, la dimension rythmique n’est pas la même dans le volet avec Mike, c’est évident. 

Comment expliquer la prédominance de Ladd dans la musique improvisée hexagonale depuis de nombreuses années ?

Il vit à Paris, c’est un poète, il semble aimer les projets autour de l’improvisation, il prend des risques. Tout ça me semble logique, mais il faudrait lui poser la question. Il possède son langage issu du rap, du spoken word, et il fait partie de la sphère des artistes musiciens présents dans les musiques créatives en Europe et aux Etats-Unis : il joue autant avec Archie Shepp, Vijay Iyer qu’Alexandre Pierrepont, Emmanuel Bex, Saul Williams. C’est vraiment son choix, je pense.

Au même titre que d’autres viennent de la musique contemporaine, du jazz, de la musique traditionnelle comme Beñat Achiary, tiens ! Les musiques que nous pratiquons permettent de créer des matières musicales sans que ce soit de la fusion ou du mélange. Chacun se nourrit de l’autre, rebondit, malaxe, suit sa route ; j’ai l’impression que c’est ce que fait Mike, avec talent, intelligence, et avec sa culture.

Avez-vous travaillé les atmosphères en fonction des textes ?

Oui, non, je ne sais pas, ça dépend. Chaque endroit de ce long projet a été particulier. Certains endroits restent totalement libres et improvisés, on ne parle pas d’atmosphère, plutôt d’énergie. Certaines parties sont à l’inverse assez écrites, mais les écritures se sont faites ensemble, au fil du temps, souvent en fonction de la machine et des idées, des concepts qui venaient avec l’écriture des textes (dans le cas d’Anne-James), des sessions d’improvisation dans le cas de Mike. En fait, c’est plutôt la musique qui dirige dans les trois volets et les textes qui sont choisis ensuite, en direct (Mike et Beñat), ou écrits et amenés au moment où la musique s’y prête (Anne-James).


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Avec Anne-James Chaton, vous créez un univers très cinématographique (on entend notamment HAL de 2001, l’odyssée de l’espace). Il est question de photographie dans le dernier album de Nautilis, votre grand ensemble. Quel est votre rapport à l’image ?

Ce sont deux projets vraiment très différents, mais c’est une bonne remarque. Depuis toujours, lorsque j’écoute de la musique, je vois des formes, parfois en mouvement, de l’espace découpé, comme des tableaux abstraits ; ce n’est pas toujours très net, un peu comme dans un rêve et sans l’aide d’aucune substance !

Dans le volet de Nos Futurs ? avec Anne-James Chaton, Sylvain Thévenard amène, comme une ponctuation, des traitements autour de la voix de HAL 9000, l’ordinateur de l’Odyssée de l’Espace. Cette voix, qui est en réalité une voix humaine enregistrée et traitée, ponctue le disque. C’est effectivement une image, qui permet de faire rebondir sur l’écoute de ce qui suit ou de ce qui précède. C’est de l’imagerie sonore pour de la poésie sonore, hé hé !

Dans le cas du travail sur les photos de Guy Le Querrec, c’est beaucoup plus concret : nous jouons avec Nautilis et les images de Guy sont projetées et mises en mouvement par Jean-Alain Kerdraon. J’aime bien mettre la musique en relation avec le visuel (danse, BD, photo) : j’ai souvent été dans cette situation. Le danger est toujours que les yeux prennent le pas sur les oreilles. L’image est toujours très puissante : je reste dans cette préoccupation. 


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Ensemble Nautilis © Yann Bagot

Pouvez-vous nous parler de Nautilis ? Comment s’est construit ce grand orchestre breton ?

En 2011, j’ai eu envie de proposer à mes amis musiciens bretons, avec lesquels je jouais régulièrement sans avoir jusque là construit de projets très solides, de créer un ensemble instrumental basé en Bretagne avec lequel on pourrait se réunir régulièrement pour travailler, chercher, mener des projets. Aujourd’hui, Nautilis est un ensemble dont j’assume l’animation. J’y consacre du temps : une dizaine de projets ont été créés, du duo au grand orchestre franco-américain de 17 musiciens, un spectacle pour les enfants. Ces groupes tournent et évoluent, vivent.

Au-delà de la création musicale, Nautilis a une dimension collective autour de la vie de nos musiques, localement et internationalement. Nous avons construit de nombreux partenariats d’action culturelle et de diffusion avec notamment un collège de Brest (sur 3 ans) et une commune proche (résidences et diffusions).
Par ailleurs, nos musiques se nourrissent de rencontres et de concerts réguliers ; nous en avons un besoin vital pour avancer, faire vibrer. Pour cela nous avons mis en place le BEAJ Klub de Nautilis, une programmation hebdomadaire à Brest qui nous permet de présenter nos créations en cours, des expériences diverses de rencontres avec des musiciens de la région ou de passage, des répétitions publiques etc … et un dispositif que nous appelons l’ARCH, en coproduction avec Penn Ar Jazz qui pourrait correspondre à une sorte de jumelage musical entre Brest et une ville d’un autre pays. Nous venons de terminer un premier cycle avec les musiciens de Chicago qui a duré 4 ans avec la complicité d’Alexandre Pierrepont, merci à lui (120 concerts des deux cotés de l’Atlantique, 4 disques) et nous étudions en ce moment notre prochain projet (peut-être Montréal). 

Aujourd’hui, Nautilis est un ensemble qui s’inscrit dans le paysage institutionnel. Nous sommes conventionnés par l’Etat, aidés par les collectivités et les sociétés civiles, nous sommes membre de Grands Formats. Cela permet d’aborder les aspects professionnels d’une façon un petit peu moins artisanale. Je continue tout de même de faire plusieurs métiers (production, diffusion …), mais avec deux personnes salariées formidables (Emmanuelle Cavarlé et Paul Geffrelot), qui petit à petit me permettent et permettent aux musiciens de l’ensemble d’avoir plus de temps à consacrer à la création de la musique. Les temps sont durs, nous sommes sans doute à la limite d’un système où nous devons réinventer la présence de nos musiques auprès des publics ainsi que leur modèle économique ; nous nous adaptons en permanence, c’est difficile, inquiétant mais assez passionnant aussi. Je crois beaucoup à la dimension locale (qui ne nous empêche pas de voyager, au contraire) et aux croisements avec d’autres dimensions de notre société (la science, l’agriculture, les lieux de vie sociale… ).


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Est-ce que votre participation au Circum Grand Orchestra a été déterminante ?

C’est Olivier Benoit qui m’avait fait entrer dans cet orchestre original. J’ai souvent échangé et je continue d’échanger avec Peter Orins par exemple sur la question des collectifs, de construction de nos projets avec les autres amis musiciens. Ce n’est pas facile d’animer un collectif d’artiste car chacun a sa façon d’avancer, sa façon de développer son propos. Avec Peter, je crois que nous partageons un certain nombre de questions autour de la construction collective de nos ensembles. Cela ne veut pas dire que nous prenons les mêmes directions. Et puis à Lille, il y a un vivier incroyable de musiciens très différents et très ouverts, j’aime beaucoup.

Dans Nautilis, il y a les musiciens du duo Energie Noire, qui fait aussi un grand usage de l’électronique. C’est une passion partagée ?

L’électronique est un outil qui fabrique toute sortes d’instruments ; elle est présente partout dans la musique aujourd’hui, elle peut ouvrir des horizons. Ce n’est pas plus une passion que le piano ou le saxophone, ça me semble normal de s’y intéresser, de jouer avec des musiciens qui utilisent l’électronique de façon différente. 

Le duo Energie Noire s’est formé lors d’une rencontre dans le cadre de l’ARCH avec Chicago. Aujourd’hui, après 2 vinyles, Nicolas Peoc’h et Vincent Raude jouent régulièrement avec ce duo ou avec des invités. La relation entre le sax et l’electro est totalement différente de celle que nous avons développée dans Nos Futurs ?. Il y a cependant des questions communes, par rapport à l’image sonore par exemple.

Quels sont vos projets, pour l’avenir ?

J’ai toujours des tonnes de projets. Des projets personnels et pour la communauté de Nautilis, dans le désordre, j’en oublie peut être : Evergreen, nouvelle création de Nautilis à 9 musiciens avec Robin Fincker et Matthias Mahler, sur des compositions de Nicolas Pointard où il traite des arbres, si si !
La sortie du CD du 3d Coast Ensemble Chez RogueArt dans quelques mois nous donnera - j’espère - l’occasion de rejouer ce très grand orchestre.
Un CD aux Etats-Unis en mai, à Woodstock, à l’invitation d’Harvey Sorgen et Joe Fonda,
Olivier Benoit, Edward Perraud et moi réactivons cette année le trio Extenz’o que nous avions créé il y a une dizaine d’années.
Un nouveau projet pour Boreal Bee, en duo.
J’ai la chance de faire partie de The Bridge. En mai dernier nous étions aux USA avec le groupe dont je fais partie ; nous sommes tous impatients, je crois, de nous retrouver pour la tournée française (C’est avec Nicole Mitchell, David Boykin, Christian Pruvost et Lionel Garcin, un ensemble de 5 soufflants)
Une tournée dans les îles du Pacifique et de l’Atlantique avec Bonadventure Pencroff (un quintet de pirates + une voix de diseur de bonne aventure : R. Mazurek / J. Bishop / F. B.Briet / N. Pointard / C. Rocher / A. Pierrepont) avec dans l’idée de rencontrer et jouer avec les musiciens « locaux » pour alimenter notre lien avec le vaudou et la piraterie.
Nous venons de créer avec Frédéric B.Briet et Nicolas Pointard un spectacle musical pour les enfants autour des rêves : Rrêves Sélavy. Ce même trio part à Montréal en juin prochain pour un premier volet d’échanges entre musiciens canadiens et bretons.
Depuis maintenant deux ans, avec quelques membres de Nautilis, nous échangeons sur la question des rêves. Plusieurs de nos projets présents et à venir tournent autour de cette question, cela peut être en lien avec des dimensions scientifiques, ou plus surréalistes… je n’en dis pas plus pour l’instant, mais c’est un projet très sérieux.
Quelques fantasmes en sommeil mais qui sait : 
Retrouver Daunik Lazro avec qui j’ai eu la chance de jouer quelquefois : c’est un immense musicien bien peu présent sur nos scènes.
Le trio français issu de The Bridge (avec Pruvost et Garcin) pour explorer en profondeur la vibration qui nous a traversés ce jour-là.
In plano, duo avec Erwan Keravec.
Un duo avec Claude Tchamitchian.
Une commande à Steve Lehman pour Nautilis et l’Ensemble Sillage.

par Franpi Barriaux // Publié le 28 mai 2017

[1synthé analogique des années 70.