Entretien

Claude Parle, un itinéraire atypique

Rencontre avec un personnage à la trajectoire étonnante

En français

On connaît (ou pas) ses multiples activités de création : l’improvisation musicale, la composition, l’électroacoustique, la danse et plus particulièrement le butō, l’écriture...

In English

We know (or not) his multiple creative activities : musical improvisation, composition, electroacoustics, dance and more particularly butō, writing ...

En français

Claude Parle (chez Ackenbush) © Guy Sitruk

1 - Le classique, les fièvres du Free et l’éclipse

– En matière de musique instrumentale, vous avez choisi l’accordéon. Je suppose que c’est lié à votre enfance ?

Ma mère m’y a collé quand j’avais 10 ans. Elle m’a envoyé chez une prof à Sens qui avait une bonne école d’accordéon et j’y ai fait un rude apprentissage ! J’ai même fait du baloche, comme on disait alors, ce qui mettait à l’épreuve mes facultés de lecture à vue !

– Dans votre jeunesse, quelle musique écoutiez-vous ?

Dès la maternelle, Jac Berrocal était mon copain. Et ça dure encore !
Nous mettions nos discothèques en commun. Les uns ”in the tradition”, les autres dans la folie plus ou moins douce (Ayler, Ornette, Rollins, et bien sûr Coltrane). J’avais quitté Sens pour faire des études de Maths-Physique et je rentrais quelquefois.

Les week ends, Jac organisait des ”soirées” dans l’appartement que ses parents louaient pour lui au 5° étage d’un immeuble de l’avenue de la Gare !
Jac ”draguait" les musiciens dans les clubs en semaine à Paris (il travaillait comme fonctionnaire à la Caisse Centrale des Finances à St Sulpice) pour les faire venir à Sens. Il y eut entre autres, Aldo Romano, J.F. Jenny Clark, Gato Barbieri, Don Cherry, Les Haricots Rouges.

De temps en temps on ”travaillait” tous les deux. Mais c’est vraiment à cause de sa curiosité inextinguible et à sa discothèque invraisemblable (il passait tout son fric dans les disques et les concerts) que j’ai été bien secoué dans ces années 66/70. Ensuite, il y eut les séjours à Paris où j’allais dans les clubs avec Jac et où j’ai fini par traîner aussi l’accordéon.

Don Cherry. Drôle d’histoire !

– Et là, une autre rencontre d’importance

Oui, Don Cherry. Drôle d’histoire !
Un soir Jac me dit : « Don joue à l’Ambassade Américaine, il faut que tu viennes avec l’accordéon ». Je lui dis : « t’es dingue ? » Il répond : « Non, tu sais bien : il est venu à Sens, il est OK ».

Je joue quelques notes à Don, qui ne connaissait pas l’accordéon, et me voilà sur la scène. C’est comme ça que j’ai gardé le contact et que Don m’a demandé en 1972 si je voulais venir à Châteauvallon. Une semaine avec lui, une semaine de rencontres. J’avais la chance de pouvoir jouer presque chaque jour, du moins être avec Don et sa (grande) famille. C’était une manière de vivre la musique à part entière et de passer partout avec un badge musicien "Don Cherry Experience” !

Don supportait mes extravagances ! Il m’avait même proposé d’aller à Stockholm mais j’ai décliné. J’avais d’autres objectifs et d’autres contraintes. Ce qui fit hurler Berrocal ! Il faut dire aussi que je m’intéressais davantage aux recherches sonores, genre tripatouillage de bandes et magnétos H.S qu’à la musique instrumentale proprement dite.

– Il y a eu une autre rencontre avec des improvisateurs en Allemagne

Oui, à Wuppertal. J’avais rencontré Rudiger Karl, à Dijon je crois. Il était intrigué par ma musique et il m’avait demandé si je voulais venir en Allemagne pour travailler avec lui et ses potes. C’est là que j’ai rencontré toute la bande : Hans Reichel, Irène Schweitzer, Han Bennink, Mengelberg. Dans ces années-là, il y avait seulement de petits tracts et le bouche à oreille. Ce que je peux dire c’est que ça m’a conforté dans cette pratique de l’improvisation libre et de l’intensité de l’engagement. Surtout, il y avait un public pour ça !

Le Sens Music Meeting

Tout ça a dû fermenter sérieusement, ainsi qu’entre Jac et moi, pour que plus tard, en 78, on décide de créer le Sens’ Music Meeting, premier festival de musiques contemporaines improvisées.
J’ai vraiment beaucoup donné pour la première version, y compris les collages sauvages dans Paris ! Ensuite j’ai activement participé à toutes les versions avec Jac et Henri Bussières. Je m’y suis profondément engagé, physiquement, politiquement, musicalement sur le plan professionnel. Les décisions d’inviter étaient collégiales entre nous trois.

– Un souvenir particulièrement prégnant ?

Difficile à dire. Peut être Barry Guy et Tuxedomoon, et Hans Reichel aussi et Au Pairs (groupe de post-punk britannique, originaire de Birmingham)
Après cela, il y a eu une grande interview dans Jazz Hot, avec Jac, Michel Portal et moi. Puis il y eut ”Transmusiques” organisé par Libé.

J’enferme l’accordéon dans son cercueil

– Avec un tel parcours, on a peine à imaginer un arrêt !

Ma dernière apparition, c’était à l’invitation de la FNAC Forum en 1984.
Après cela, une succession des « choses de la vie » : une vie sentimentale très agitée, la mort de mon père, la disparition en mer de mon meilleur ami. Tout ça en un an. Que dire ? ! Je me mets à m’intéresser, voire à m’engager dans la littérature. J’écris. Je collabore.
A la suite d’une rupture sentimentale, j’enferme l’accordéon dans son cercueil. Mais je me mets à l’alto puis au ténor (sax). Je fais des performances dans des galeries, je m’intéresse à la photo. Je fais des bandes son pour des spectacles, des projets plus ou moins ambitieux avec des plasticiens.

Je me mets surtout à faire des chantiers (tous corps d’état) pour nourrir ma famille. Cela durera presque 15 ans, de 79 à 94. La pratique instrumentale en tant que telle ne m’intéressait plus.

Par ailleurs, je m’étais profondément engagé dans une structure sociale à Sens (CHA) ainsi que dans un cartel de l’école freudienne. Plus la danse !
Sans oublier que le sport me prenait aussi du temps : j’étais membre d’une association d’haltérophilie, et même compétiteur.
Et il y avait mes deux enfants !

Claude Parle (Rotonde de Choc) © Guy Sitruk

2 - Le butō

– Et la danse vous a ouvert de nouveaux horizons. Pourriez-vous me parler de votre rencontre avec le butō ?

C’est d’abord la rencontre avec la danse.
Vers 1982/83, j’ai rencontré Paula Van Ecloo qui avait une école de danse et pour qui j’ai créé plusieurs bandes-son, dont certaines en direct. J’ai ensuite pris des cours alors que j’avais déjà 44 ans. Elle m’a alors proposé de faire des « portés » puis finalement de danser dans la compagnie. J’étais devenu danseur, à 46 ans.
Puis une amie danseuse me propose de la remplacer dans un stage de butō. Je n’y connaissais rien. C’était animé par Masaki Iwana (voir son site) l’un des maîtres reconnus de cet art. Je m’y suis présenté comme ancien haltérophile.

- Et là vous découvrez le butō. C’est un art récent je crois

Les débuts en France datent de 1980, avec la venue de Sankai Juku, Carlotta Ikeda.

- Un choc esthétique ? Une rencontre ?

Plus ! … La danse de Masaki, à laquelle je ne comprenais absolument rien, me figeait dans une sorte de fascination. Ensuite, je réalisais qu’il portait en lui ”autre chose” que la danse, une force et une sorte de méditation dansée.

- Vous n’étiez que danseur à ce moment là. Comment se sont faites les retrouvailles avec l’accordéon ? Par le butō ?

Bien plus tard. J’ai reçu une lettre de Masaki Iwana proposant aux danseurs motivés de s’inscrire à un stage pour pros et semi-pros. Et contre toute attente, j’ai été retenu. Deux ou trois ans plus tard (en 98, je crois). Masaki Iwana me demande de l’accompagner comme musicien dans une série de performances à la fondation Boris Vian. J’ai donc repris l’instrument que j’avais délaissé depuis 14 ans !

Jonction entre la musique improvisée et le butō

- Et là c’était de la musique improvisée ?

Totalement ! Et je me retrouvais à collaborer avec un danseur de renommée internationale alors qu’à mon sens, j’avais totalement perdu mes compétences instrumentales !

-Je crois que vous êtes l’un des très rares à avoir participé à cette jonction entre la musique improvisée et le butō.

Oui, je le pense, mais je manque de recul. A l’époque, les ”Maîtres” reconnus avaient plutôt recours à des sons naturels, à des ”musiciens” japonais qui travaillaient avec des pierres, des blocs de métal et des flûtes.

- Une autre rencontre importante fut celle avec Toru Iwashita

Oui, fondamentale parce que c’est grâce à lui, qui m’invita au Japon en 2002, que je pris pour la première fois confiance dans mon travail ! J’avais alors 55 ans tout de même ; je m’étais presque résigné !

- Invité au Japon par Toru Iwashita ? C’est une forme de consécration !

En fait j’étais seulement surpris ! Je n’avais aucune confiance en moi et le pire : je n’aimais pas beaucoup ce que je faisais. Mais avec cette invitation j’ai commencé à croire en la consistance de mon travail.

- Et en parallèle avec l’approfondissement de votre travail sur l’improvisation, cette passion japonaise s’est ainsi renforcée, j’imagine. Quelles autres grandes figures du butō avez vous rencontrées ?

Dans cette période, presque tous ! Outre Masaki et Toru, Shiro Daimon, Atsushi Takenutchi, Maki Watanabe, Moeno Wakamatsu, Juju Alishina, Ko Murobushi, Katsura Kan, Yumiko Yoshioka, Dai Matsuoka plus tardivement.

- Et cette proximité avec le butō a eu un effet sur votre musique ?

Considérable parce que j’agissais alors plus comme danseur bruitiste que comme musicien !
En fait, ce qui est vraiment délicat dans le butō c’est la ”collaboration”. La posture d’un musicien avec le butō était très délicate parce qu’il y avait la création d’un monde imaginaire et une sorte de transformation ”alchimique” du spectateur. Alors, intervenir, vraiment, devenait une sorte de gageure ! A l’époque quand on me demandait comment il se faisait que j’étais un des rares à accompagner un danseur sur scène, je répondais qu’étant moi même danseur, ça ne posait aucun problème !

Claude Parle (La Guillotine) © Guy Sitruk

3 - La musique improvisée

- Et cette aventure continue ?

Oui, du moins jusque là ! Par contre depuis quelques années j’ai recommencé un véritable travail d’exploration avec la danse et pas seulement le butō. Mais plusieurs axes se dégagent : la composition, la recherche et l’improvisation comme ”Musique Directe”
C’est une sorte de clin d’oeil à ce que Masaki nomme ”Danse Directe”. Ce terme me vient du Zen où Shoto inmoji veut dire ”Ce juste moment tel quel”. Le tel quel (恁麼) est une notion centrale très importante dans le Zen. Je n’ai jamais désespéré atteindre ce point où les sons viennent d’eux-mêmes, sans intention ni attention aucune, une sorte de mythe de la création pure !

Pour la composition (musique contemporaine, timbrale, spectrale), ce sont encore des projets, de ceux que j’ai tenté de mettre en place à l’Espace Vitet parce que je suis sûr que Bernard eût été tout à fait d’accord et même sûrement ravi de voir de tels projets portés par son dernier lieu.
Il demeure toutefois un axe essentiel actuellement : la pratique de l’improvisation sur scène, comme cela s’est produit avec Linda Sharrock, Itaru Oki, Makoto Sato, Yoram Rosilio, Lucien Johnson au Bab Ilo. D’ailleurs c’est cette formation qui a été enregistrée par Improvising Beings pour l’album They Begin to Speak

D’autres rencontres, d’autres partenariats ont compté pour moi. Avec le saxophoniste Jack Wright, avec Henry Herteman (tb), Daunik Lazro et Raymond Boni qui ont participé à une soirée mémorable lors d’une de mes cartes blanches au Combustible (près de la Gare de Lyon, à Paris) et d’autres encore comme Didier Lasserre, Quentin Rollet.

Le Large Ensemble avec Eve Risser, Deborah Walker, Cyprien Busolini , Frédéric Maintenant, Wilfried Wendling, au TrashVortex (club aujourd’hui disparu). Sans oublier l’idée qui me vint lorsque j’ai proposé ce quintette fou avec Isabelle Duthoit, Sophie Agnel et d’autres (Quintette d’Improvisation aux Sorins). Pardon à ceux que je n’ai pas cités.

- Si j’ai bien compris, l’essentiel se passe sur scène.

En effet, et j’ai bénéficié d’enregistrements de vidéos d’amateurs, d’assez bonne qualité, d’enregistrements de bandes-son parfois par les protagonistes de ces concerts, qui permettent de rendre compte de cet aspect de mon travail.

J’ai joué à des tas d’endroits, au Cabinet de Curiosités, chez Limitis, au Combustible, aux Instants Chavirés, chez Ackenbush, au centre TIASCI, au théâtre Berthelot de Montreuil, au Souffle Continu, à la Rotonde de Choc de Pascal Marzan… et dans bien d’autres lieux. Il s’en crée parfois, il s’en ferme souvent. C’est pourquoi la situation présente est affligeante. La disparition des lieux et maintenant la complète disparition de tout spectacle vivant (Covid oblige) me fait me demander si je ne suis pas mort depuis quelque temps et que je n’ai pas encore réalisé la chose !

- Ceux qui veulent connaître votre musique peuvent évidemment consulter votre discographie et vos vidéos. Quelques souvenirs marquants ?

Il y a bien sûr Bien Mental avec Jean-Marc Foussat et Joao Camoes. Un album qui compte pour moi. Évidemment Le Grand Fou Band du même Foussat. Il y a le Chant du JubJub, avec Isabel Juanpera, Itaru Oki et François Tusques. Des séances mémorables avec ce mélange de précision et d’anarchisme bon enfant de François, le calme imperturbable d’Itaru alors qu’Isabel ne savait à quel saint se vouer à chaque changement impromptu. Jac Berrocal bien sûr aussi.

- Il y a aussi les textes

J’écris des chroniques sur mes amis musiciens, sur leur concerts, que je publie sur différents blogs (dont le mien), sur les réseaux sociaux et sur ImproJazz (qui disparaît). Il en est une, marquante pour moi, à propos d’une rencontre au Souffle Continu entre John Tchicai et Steve Dalachinski. La relire m’a mis les larmes aux yeux.

Mais je me suis aussi décidé à taper tous mes anciens poèmes manuscrits, ce qui me rend plus prompt à me remettre à l’écriture. Une possible édition est peut être en cours !

- Avant de nous quitter, quelle séquence musicale (ou de danse) proposer à nos lecteurs ? L’ensemble est tellement riche que choisir est un crève-cœur.

Un solo, au 99, dans le nord de Paris. Une vidéo d’Annie Zivkovic.

In English

Claude Parle (chez Ackenbush) © Guy Sitruk

1- The classic, the fevers of Free and the eclipse

- In terms of instrumental music, you have chosen the accordion. Guess it’s related to your childhood ?

My mom stuck me with when I was 10 years old. She sent me to a teacher in Sens who had a good accordion school and I did a tough apprenticeship there ! I even did ”baloche”, as one used to say in French slang , which tested my score reading skill !

- In your youth, what music did you listen to ?

From preschool, Jac Berrocal was my homie. And it still lasts !
We share all our vinyls together. Some ”in the tradition”, others in more or less fair madness (Ayler, Ornette, Rollins, and of course Coltrane). I had left Sens to study Maths-Physics @ Dijon’s university and I came back Sens sometimes.

On weekends, Jac would organize « parties » in the apartment his parents rented for him on the 5th floor of a building on Avenue de la Gare !
Jac « flirted » with musicians in clubs on weekdays in Paris (he worked as a civil servant at the Caisse Centrale des Finances @ St Sulpice) to bring them to Sens. There were among others, Aldo Romano, JF Jenny Clark, Gato Barbieri , Don Cherry, Les Haricots rouges …

From time to time we both “worked”on music scores or free improvisation. But it was really because of his unquenchable curiosity and his incredible disc collection (he spent all his money in vinyls and concerts) that I was really shaken up in those 66/70 years. Then there were the stays in Paris where I went to clubs with Jac and where I ended up dragging the accordion too.

DON CHERRY. FUNNY HISTORY !

- And there, another important meeting
Yes, Don Cherry. Funny story !
One evening Jac said to me : « Don is playing at the American Embassy, you have to come with the accordion ». I said to him, « Are you crazy ? He replies : »No, you know : he came to Sens, he’s OK".

So we’re going to the embassy …I play a few notes to Don, who didn’t know what an accordion was, and here I am on stage ! This is how I kept in touch and Don asked me in 1972 if I would agree to come to Châteauvallon. A week with him, a week of meetings. I was lucky to be able to play almost every day, at least being with Don and his (big) family. It was a way to experience music in its own right and go everywhere with a « Don Cherry Experience » musician badge !

Don put up with my extravagances ! He even suggested that I go to Stockholm, but I declined. I had other aims and other constraints. Which made Berrocal scream ! It must also be said that I was more interested in sound researches, kind of tampering with out of duty magnetos and dripped tapes than in instrumental music itself.

- There was another meeting with improvisers in Germany

Yes, in Wuppertal. I had met Rudiger Karl, in Dijon I believe. He was intrigued by my music and asked me if I wanted to come to Germany to work with him and his friends. That’s where I met the whole gang : Hans Reichel, Irène Schweitzer, Han Bennink, Mengelberg. In those years there were only small leaflets and word of mouth for communication events. What I can say is that it made me feel more comfortable in this practice of free improvisation and intensity of engagement. Above all, there was an audience for it !

The ”SENS’ MUSIC MEETING”

All that had to ferment seriously, as well as between Jac and I, so that later, in 78, we decided to create the Sens’ Music Meeting, the first ”festival of contemporary improvised musics”.
I really gave a lot for the first version, including the wild collages in Paris ! Then I actively participated in all the versions with Jac and Henri Bussières. I got deeply involved in it, physically, politically, musically on a professional level. The decisions to invite were collegial between the three of us.

- A particularly strong memory ?

Hard to say. Maybe Barry Guy and Tuxedomoon, and Hans Reichel too and Au Pairs (British post-punk band from Birmingham)
After that, there was a big interview in Jazz Hot, with Jac, Michel Portal and me. Then there was ”Transmusiques” organized by French daily ”Libération”.

I KEEP THE ACCORDION IN HIS COFFIN

- With such a route, we can hardly imagine a stop !

My last appearance was at the invitation of the FNAC Forum in 1984. (A well known shop center in Paris)
After that, a succession of “of life’s stuff” : a very agitated sentimental life, the death of my father, the disappearance at sea of my best friend. All this in a single year. What to say ? ! I start to involve, interested in, even engaging in literature. I write. I collaborate.
Following an emotional breakdown, I locked the accordion in its coffin. But I start to play alto then tenor (sax). I do performances in galleries, I am interested in photography. I make soundtracks for shows, more or less ambitious projects with visual artists.

Above all, I set out to work on construction sites ( I mean refitting houses, appartements, all trades) to feed my family. It will last almost 15 years, from 79 to 94. The instrumental practice as such no longer interested me.

In addition, I was deeply involved in a social structure in Sens (CHAA) as well as in a cartel of the Freudian school. And in plus : dancing !
Not to mention that sport also took time : I was a member of a weightlifting association, and even a competitor.
And there were my two children !

Claude Parle (Rotonde de Choc) © Guy Sitruk

2 - BUTŌ

- And dancing has opened up new horizons for you. Could you tell me about your encounter with butō ?

First, it is the encounter with dance.
Around 1982/83, I met Paula Van Ecloo who had a dance school and for whom I created several soundtracks, some live. I then took lessons when I was already 44 years old. She then suggested that I do « lifts » and then finally dance in the company. I had become a dancer at 46 years old.
Then a dancer friend offered to replace her in a butō workshop. I didn’t know anything about it. It was hosted by Masaki Iwana (see his site) one of the recognized masters of this art. I introduced myself there as a former weightlifter…

- And there you discover the butō. It’s a recent art I think

The beginnings of Buto in France date back to 1980, with the arrival of Sankai Juku, Carlotta Ikeda.

- An aesthetic shock ? An encounter ?
More ! … Masaki’s dance, which I understood absolutely nothing about, froze me in a kind of fascination. Then I realized that he carried with him « something other » than dance, strength and a kind of dance meditation.

- You were just a dancer at the time. How did you reunite with the accordion ? By butō ?

Much more later. I received a letter from Masaki Iwana suggesting that motivated dancers enroll in a workshop for pros and semi-pros. And against all odds, I was held up. Two or three years later (in 98, I believe). Masaki Iwana asks me to accompany him as a musician in a series of performances at the Boris Vian Foundation. So I took back the instrument that I had abandoned for 14 years !

JUNCTION BETWEEN IMPROVISED MUSIC AND PURPOSE

- And this was improvised music ?

Totally ! And I found myself collaborating with an internationally renowned dancer when I thought I had totally lost my instrumental skills !

-I think you are one of the very few to have participated in this junction between improvised music and butō.

Yes, I think so, but I lack perspective. At that time, the recognized « Masters » resorted more to natural sounds, to Japanese « musicians » who used to work with stones, metal blocks and flutes.

- Another important meeting was the one with Toru Iwashita

Yes, fundamental because it was thanks to him, who invited me to Japan in 2002, that I gained confidence in my work for the very first time ! I was 55 then anyway ; I was almost resigned !

- Invited to Japan by Toru Iwashita ? It’s a form of consecration !

I was actually only surprised ! I didn’t have any self-confidence and the worst part : I didn’t really like what I was playing. But with this invitation I began to believe in the consistency of my work.

- And in parallel with the deepening of your work on improvisation, this Japanese passion has thus strengthened, I imagine. What other great figures of Butoh have you met ?

In this period, almost everybody ! Besides Masaki and Toru, Shiro Daimon, Atsushi Takenutchi, Maki Watanabe, Moeno Wakamatsu, Juju Alishina, Ko Murobushi, Katsura Kan, Yumiko Yoshioka, Dai Matsuoka, more later.

- And this proximity to the butō had an effect on your music ?

Considerable because I was then acting more as a ”noise-dancer” than as musician !
In fact, what is really tricky about butō is “collaboration”. The posture of a musician with the butō was very delicate because there was the creation of an imaginary world and a kind of « alchemical » transformation of the viewer. So, to intervene, really, became a kind of challenge ! At the time, when people asked me how it was (that) I was one of the few to accompany a dancer on stage, I replied that being a dancer myself, thus there were no problem !

Claude Parle (La Guillotine) © Guy Sitruk

3 - improvised music

- And this adventure continues ?

Yes, at least until then ! However, for a few years now, I have started a real work of exploration with dance and not just butō. But several axes emerge : composition, research and improvisation like « Direct Music »
It’s kind of a nod to what Masaki calls “Direct Dance”. This term comes to me from Zen where ”Shoto inmoji” means “This just moment as it is”. The ”as is” (恁 麼) is a very important central notion in Zen. I have never despaired of reaching this point where the sounds come of their own accord, without intention or attention, a sort of pure creation myth !
For the composition (contemporary, timbral, spectral music), these are still projects, of those that I’ve tried to set up at the ”Espace Vitet” because I am sure that Bernard (well known French horn player) would have completely agreed and even surely delighted to see such projects carried by his last place.
However, there is still an essential focus today : the practice of improvisation on stage, as happened with Linda Sharrock, Itaru Oki, Makoto Sato, Yoram Rosilio, Lucien Johnson at Bab-Ylo. Jazz club near Montmartre in Paris. In fact, it is this formation that was recorded by ”Improvising Beings” for the album They Begin to Speak

Other meetings, other partnerships were important to me. With saxophonist Jack Wright, with Henry Herteman (tb), Daunik Lazro and Raymond Boni who participated in a memorable evening during one of my carte blanche at ”Combustibles” (a vanished place near Gare de Lyon, in Paris) and others again like Didier Lasserre, Quentin Rollet.

Le ”Large Ensemble” with Eve Risser, Deborah Walker, Cyprien Busolini, Frédéric Maintenant, Wilfried Wendling, at the TrashVortex (now defunct club). Not to mention the idea that occurred to me when I proposed this crazy quintet with Isabelle Duthoit, Sophie Agnel and others (Quintet of Improvisation at Sorins). Sorry to those I didn’t mention.

- If I understood correctly, the essential happens on stage.

Indeed, and I have benefited from fairly good quality amateur video recordings, soundtrack recordings sometimes by the protagonists of these concerts, which make it possible to reflect this aspect of my work.

I’ve played in lots of places,I mean in Paris, at the Cabinet de Curiosités, at Limitis, at Combustibles, at Instants Chavirés, at Ackenbush, at the TIASCI center, at the Berthelot theater in Montreuil, at Souffle Continu, at the Rotonde de Choc by Pascal Marzan… and in many other places. Sometimes some are created, it often closes. That’s why the present situation is distressing. The disappearance of places (to play) and now the complete disappearance of any live performance (Covid requires) makes me wonder if I haven’t been dead for some time and that I haven’t yet realized it !

- Those who want to know your music can obviously consult your discography and your videos. Some vivid memories ?

There is of course ”Bien Mental” with Jean-Marc Foussat and Joao Camoes. An album that matters to me. Obviously ”Le Grand Fou Band” from the same Foussat. There is the ”Chant du JubJub”, with Isabel Juanpera, Itaru Oki and François Tusques. Memorable sessions with that mixture of precision and good-natured anarchism of Francois, the imperturbable calm of Itaru when Isabel did not know which saint to turn to at each impromptu change. Jac Berrocal of course also.

- There are also the texts

I write reviews about my musician friends, about their concerts, which I publish on various blogs (including mine), on social networks and on ImproJazz (which is disappearing). There is one, striking for me, about ameeting at ”Souffle Continu” (a record sale-shop in Paris) between John Tchicai and Steve Dalachinski. Rereading it brought tears to my eyes.
But I’ve also made up my mind to type all of my old handwritten poems, which makes me quicker to get back to writing. A possible edition may be in progress !

- Before leaving us, what musical (or dance) sequence can we offer our readers ? The whole is so rich that choosing is heartbreaking.

A solo, at 99, in the north of Paris. A video by Annie Zivkovic.

par Guy Sitruk // Publié le 20 septembre 2020
P.-S. :

A propos de Toru Iwashita : « Né en 1957. Etudie la philosophie à l’Université de Tsukuba, mais sa passion pour la danse Butoh l’éloigne de ses études. Danseur dans la compagnie »Sankaï juku« de 1979 à 1980 et de 1986 jusqu’à aujourd’hui. Commence à présenter des danses en solo à partir de 1983. Nombreuses collaborations avec des musiciens, poètes et peintres. Donne des stages pour des danseurs professionnels ; ainsi que dans des hôpitaux psychiatriques. » (Claude Parle)
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About Toru Iwashita : “Born 1957. Studied philosophy at Tsukuba University, but his passion for Butoh dance kept him away from his studies. Dancer in the company « Sankaï juku » from 1979 to 1980 and from 1986 to the present day. Begins to present solo dances from 1983. Numerous collaborations with musicians, poets and painters. Gives workshops for professional dancers ; as well as in psychiatric hospitals. "(Claude Parle)