Chronique

Crump, Laubrock, Smythe

Planktonic Finales

Stephan Crump (b), Ingrid Laubrock (ts, ss), Cory Smythe (p)

Label / Distribution : Intakt/Orkhestra

Je pourrais reprendre au mot près ce que j’écrivais en novembre 2016 à propos du Serpentines d’Ingrid Laubrock, même si le contexte instrumental est différent, ainsi que la dénomination de l’ensemble, puisqu’ici sont crédités les trois musiciens en même temps. Une même souplesse dans le propos, une identique façon pour chacun de se glisser dans les espaces ouverts sans jamais mordre sur le champ des autres. Je soulignerai donc la vigoureuse beauté du son de la saxophoniste, qui s’affirme de plus en plus comme une musicienne identifiable et incontournable.

Il semblerait que ce soit elle qui ait pris l’initiative de cette rencontre, et que l’entente avec Stephan Crump (Vijay Iyer, Mary Halvorson) et Cory Smythe (Tyshawn Sorey) ait été immédiate, aisée, de source vive. Une très admirable liberté règne ici, qui leur permet de déjouer les codes (parfois convenus) de la « musique improvisée » pour se laisser aller à retrouver quelques phrasés à l’ancienne, ou des passages en « walking bass » qui, dans le contexte, n’ont rien de suranné. Les idées jaillissent en permanence, se matérialisent en discours, des histoires naissent, se racontent, puis disparaissent. On assiste à cette composition instantanée avec délectation.