Chronique

Dear Uncle Lennie

Sister Juniper

Camille-Alban Spreng (p, kb), Benjamin Sauzereau (g), Marco Giongrandi (banjo) + Joachim Badenhorst (cl)

Label / Distribution : BMC Records

Nouvelle proposition d’un trio venu de la scène belge dont nous avions apprécié le premier enregistrement voici deux ans. Dans le prolongement direct de ce disque, on retrouve ici des atmosphères intimistes qui empruntent au cinéma sa capacité à inventer des images et à raconter des histoires. En douze pièces de longueurs diverses, l’auditeur voyage en compagnie d’un piano mesuré et bluesy qui sert de fil conducteur à une guitare et un banjo très westerniens papillonnant alentour.

Conservant toutefois ses couleurs mélancoliques, l’univers proposé est bien celui de la rêverie qui peut rappeler notamment les musiques d’un Yann Tiersen à une certaine époque, ou de Pascal Comelade. Bien que les musiciens soient capables de partir dans des improvisations, le trio évite soigneusement tout bavardage pour préférer soit la tempérance, soit l’équilibre des climats qui s’imbriquent avec naturel. La présence sur quelques titres de la clarinette de Joachim Badenhorst dessine une ligne boisée et continue au dessus d’arpèges hypnotiques ; quoique discrète, elle ramène la musique vers des intérieurs confortables, plus européens. Allongé sur des canapés profonds, l’auditeur profite alors du repos après le voyage.

Ce répertoire (relativement) plus enlevé que le précédent est une nouvelle fois une succession d’appels à l’évasion. S’il touche souvent au cœur, il sait, par pudeur, ne pas tirer les larmes et invite à la découverte d’un ailleurs aux vertus relaxantes.