Scènes

Dialogues au Petit Faucheux (Tours)

« The Listening » : Susanne Abbuehl et Stephan Oliva


Contraste et harmonie caractérisent ce beau duo. La voix nue et fragile de Susanne Abbuehl se marie au piano énergique et habité de Stephan Oliva, dans une intimité faite de longue complicité et de références communes. A la fois monocorde et sauvage, la voix contraste avec le brillant maîtrisé du piano sur des compositions « tribales » (S. Oliva dixit) de Jimmy Giuffre et Don Cherry.

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S. Abbuehl, photo © Patrick Audoux

Paradoxe du rappel, le duo donne une interprétation exquise du standard « What A Wonderful World » qui ravit un auditoire attentif mais laisse une impression ambiguë : est-ce un cadeau au public que ce thème si souvent visité ? Devons-nous regretter qu’un ou deux autres standards n’aient pas trouvé leur place dans ce beau concert exigeant, ou bien y voir un souci de plaire qui contredit le choix des thèmes retenus ?


En première partie, le Staffetta Duo de Cédric Piromalli (piano) et Sébastien Boisseau (contrebasse), passage de relais entre deux artistes associés au Petit Faucheux, Cédric cédant la place à Sébastien.

Un concert bien équilibré, qui réunit également deux jeunes musiciens et anciens partenaires ; une vraie écoute où le piano « accompagne » aussi la contrebasse, sur des thèmes d’Ornette Coleman et Arnold Schönberg, ou d’autres complices comme Olivier Thémines, Nicolas Larmignat et Denis Badault (à qui on doit une ballade très personnelle).

Deux solos impressionnants qui mettent en valeur le son très « wood » de Boisseau et le toucher à la fois délicat et percussif de Piromalli.