E’Joung-Ju

Samin Dong Rak

E’Joung-Ju (geomungo), Simon Mary (cb), Anne-Laure Bourget (perc)

Label / Distribution : Label Ouest

C’est un album où le geomungo est central. Simon Mary et Anne-Laure Bourget ne sont pas des faire-valoir, mais le geomungo, que la plupart d’entre vous, comme l’auteur de cette chronique, découvriront à l’occasion de ce disque, est l’instrument qui fait basculer les choses vers l’extrême nouveauté.

Le jazz s’accommode volontiers de sons « exotiques » (que ce mot est détestable quand il n’est pas nettoyé de son histoire coloniale), d’arrangements ultramarins ou trans-montagnards. Ce trio n’est donc pas une drôle d’entreprise. Le dialogue entre Simon Mary à la contrebasse et E’Joung-Ju, aux manettes de cette « cithare coréenne » au son bien plus grave que celui d’une guitare, donne le ton. Ce sont des basses qui souvent discutent entre elles. Mais le geomungo a aussi un caractère percussif qui répond aux percussions d’Anne-Laure Bourget. Samin Dong Rak (qui signifie « la joie partagée entre trois personnes ») est ainsi constitué de ponts et de liens. Il restait aux musiciens à tisser ce réseau et à nous, mélomanes, à les savourer avec une joie également partagée.