Erwan Keravec

There Will be no Miracles Here

Ewen Couriaut, Mickaël Cozien, Yolann Danhier, Gweltaz Hervé, Erwan Keravec, Lionel Le Page, Enora Morice (crm), Géraldine Foucault Voglimacci, Hélène Labarrière, Erwan Lhermenier (bassins)

Label / Distribution : Buda Musique

Âmes sensibles s’abstenir. Le nouvel album du sonneur Erwan Keravec exige un abandon total. Il faut être capable de sortir de son corps si l’on ne veut pas être étouffé dans une claustrophobie absolument contraire à l’expérience. Après avoir interprété Heiner Goebbels, Pierre-Yves Macé, Frédéric Aurier, Éliane Radigue, Philip Glass et Terry Riley (son In C pour vingt sonneurs est probablement son chef-d’œuvre), Erwan Keravec signe la composition de ses derniers albums, dont ce There Will Be No Miracles Here au titre emprunté à une œuvre minimaliste du plasticien Nathan Coley (la pochette), qui annonce bien la couleur : il n’y aura pas de miracle. Au fil du drone de 47’52, le son des bourdons des sept cornemuses et des trois frotteurs de bassins enflera comme une étoile brûlante qui finira par se consumer pour ne laisser derrière elle qu’un trou noir.

Comme la plupart d’entre vous n’ont pas eu la chance d’entendre LaMonte Young et Marian Zazeela en direct comme j’ai pu le faire à la Fondation Maeght à l’été 1970, et que leurs disques sont relativement difficiles à trouver, c’est l’occasion de rencontrer leur cousin breton.