Chronique

Franck Médioni

Sounds Of Surprise

Le jazz en 100 disques

Label / Distribution : Le mot et le reste/Orkhêstra

Quand Franck Médioni sort un nouvel ouvrage, le moins que l’on puisse dire est que l’on est curieux de son contenu. Et quand en plus, il l’intitule Sounds Of Surprise, empruntant le titre à la belle définition du jazz qu’avait fait en son temps le compositeur américain Leonard Bernstein (« Le jazz, c’est le son de la surprise »), on ne peut qu’être attentif au propos. Journaliste, écrivain, homme de radio, Franck Médioni a pensé son livre comme « un guide d’écoute, une discothèque mémoire », sorte d’introduction à cette musique plurielle et polymorphe que l’on appelle jazz, faute de lui avoir trouvé un meilleur patronyme.

L’ouvrage débute par une passionnante histoire du jazz, politique et documentée d’une cinquantaine de pages, intitulée « Le jazz, une clameur venue du fond des temps » dans laquelle Médioni présente les grands mouvements et les grandes ruptures de l’histoire de cette musique. Puis, au travers de chroniques riches et détaillées, et avec une contrainte imposée par son éditeur (celle de ne présenter qu’un seul disque par personne), l’auteur propose 100 disques de musiciens majeurs à ses yeux, classés de manière chronologique.

On y retrouve la plupart des géants du jazz américain (de Billie Holliday à John Zorn, de Charlie Parker à Ella Fitzgerald, de John Coltrane à Abbey Lincoln) mais également du jazz français et européen (Django Reinhardt, Michel Petrucciani, Martial Solal ou Joëlle Léandre, pour n’en citer que quelques uns). On trouve également quelques disques d’artistes moins connus mais qui ont marqué l’histoire du jazz à leur manière (Art Pepper, Oliver Nelson, Jackie McLean, Paul Bley, Jimmy Giuffre).

On pourra mégoter sur l’absence de certains musiciens importants (Michel Portal, Lennie Tristano, Lee Konitz ou Anthony Braxton) ou sur le choix des disques retenus pour chacun (Crescent plutôt que A Love Supreme pour Coltrane, Brilliant Corners plutôt que Monk’s Dream pour Monk, Lady Sings The Blues plutôt que Lady In Satin pour Billie Holiday). Reste que ce Sounds of Surprise ravira aussi bien les néophytes que les amateurs éclairés, tant il constitue une parfaite introduction, à la fois érudite et accessible, à cette formidable musique qu’est le jazz.