Portrait

Giovanni Mirabassi dans le boudoir de Proust

Le lyrisme à fleur de touches…


Voici bientôt treize ans que Giovanni Mirabassi est installé dans l’Hexagone et que sa musique a conquis tous les cœurs. Personne qui ne soit resté insensible à l’écoute d’Avanti ! d’Air ou de Prima o Poi. Et, comme les autres, Marcel est tombé sous le charme du pianiste italien qui manie humour et sensibilité avec bonheur…

  • Ma madeleine…

« Left Alone », Eric Dolphy et Ron Carter. J’ai écouté ce morceau en boucle pendant des mois, entre onze et treize ans, et toute cette période est en suspension entre les notes du chorus de flûte…

  • Le bonheur musical parfait…

La belle musique a tendance à me rendre heureux, et il m’est difficile de citer un seul titre, alors qu’il y en a beaucoup. Cela dit, lorsque le ciel est bas, j’écoute la version de « Home » du Live in Tokyo de Michel Petrucciani. C’est de la musique qui a un lien étroit avec le bonheur, et a le pouvoir de me remettre d’aplomb.

  • En tant que musicien, j’ai été le plus heureux…

Le jour où j’ai réussi à jouer l’opus 66 de Chopin du début à la fin sans me tromper. J’ai couronné un rêve d’enfance…

  • Le trait principal de ma musique…

La mélodie.

  • Si je devais changer une chose dans ma musique…

Je le ferais…

  • Ma plus grande peur quand je joue…

Un mauvais piano. D’avoir la braguette ouverte aux saluts.

  • Ce que j’ai réussi le mieux dans ma vie musicale…

Cet entretien ! (rires).

  • Mon plus grand regret musical…

Plus que des regrets, j’ai quelques projets.

  • Je rêve de jouer…

Plein de choses. Un disque de standards en trio. Ma musique avec un orchestre symphonique. Le Troisième Concerto de Rachmaninov (on peut toujours rêver…).

Giovanni Mirabassi au Paris Jazz Festival © Patrick Audoux - 2004

  • La qualité que je préfère chez un musicien…

L’écoute. Je trouve que si l’on devait donner la définition du mot « musicien » ce serait : « celui qui Écoute ».

  • Les fautes musicales qui m’inspirent le plus d’indulgence…

Les miennes… (rires).

  • Mon instrument préféré…

La basse électrique.

  • Les musiques que j’aime par-dessus tout…

Celles de mes héros.

  • Mes héros musiciens…

Keith Jarrett, Eric Dolphy, Pat Metheny, Wayne Shorter, Martha Argerich, Georges Brassens, Glenn Gould, Miles Davis, Astor Piazzolla, Egberto Gismonti, Gary Burton, Michel Petrucciani, Charlie Parker, et quelque trois mille autres…

  • Mes disques de chevet…

Les variations Goldberg par Gould (première mouture), You Must Believe In Spring de Bill Evans, Astor Piazzolla Live au grand Rex, et plein d’autres.

  • La chanson que je siffle sous ma douche…

La playlist est à roulement à peu près hebdomadaire. En ce moment c’est « Les oiseaux de passage » (depuis hier soir).

  • Ma note favorite…

Le Mi bémol.

  • En musique, je déteste par-dessus tout…

Pourquoi parler des choses qui fâchent… ?

  • Mes peintres favoris…

Picasso, Van Gogh, Gauguin, Rembrandt, Michel-Ange, Giotto, et quelques trois mille autres…

  • Mes films cultes…

Citizen Kane, Dead Man, Nausicaa de la vallée du vent, Le voleur, E la nave va, Non ci resta que piangere.

  • Mes auteurs favoris…

James Ellroy, Robert Merle, Romain Gary, Albert Cohen, Nikos Kazantzaki, et j’en passe plein.

  • Ma boisson préférée…

Le cognac, le vin.

  • Mon plat préféré…

Les spaghetti alla amatriciana.

  • Mon occupation favorite…

Joker !

  • Le don de la nature que je voudrais avoir…

Des ailes.

  • Le morceau que je veux pour mon enterrement…

Le tube de l’été.

  • L’état présent de ma démarche musicale…

I will survive.

  • Ma devise…

On y croit.