Scènes

Grenoble Jazz Festival 2003

du 14 au 29 Mars, 250 artistes, 50 concerts


Du 14 au 29 Mars 2003, le Grenoble Jazz Festival en Isère se met sur son 31, 250 artistes, 50 concerts, pour ce Festival qui passe le cap de la trentième année et propose trois types de rencontres.

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François Thuillier par Charles de Saint André

Première approche : depuis trois ans, le Grenoble Jazz Festival s’étend dans toute l’Isére, dont Grenoble est la préfecture, et marque ainsi une tentative de rapprochement du centre vers le public péri-urbain et rural. C’est dans le cadre de ce programme apparu lors de la 29ème édition que prendront place les concerts du François Thuillier Brass Trio pour un « Jazz Vagabond » du 15 au 22 mars aux alentours de Grenoble, avec dans l’ordre des villes visitées Crémieu le 15, Saint Hilaire du Touvet le 17, Crolles le 18, Saint Martin d’Uriage le 19, Pontcharra le 20, Trièves le 22. Les grenoblois du centre-ville auront aussi le loisir d’écouter ce trio le 16 mars à la Faiencerie de la Tronche pour une date à un jet de tram de la capitale iséroise.

Le deuxiéme aspect, intra-muros, reste un classique du Grenoble Jazz Festival. Il n’y a pas de lieu unique mais de multiples endroits convertis au jazz. Ca commence par les Forums FNAC et les midi-deux heures du théâtre le Rio qui proposent gratuitement des concerts à vocation européenne. En vrac, on retiendra les prestations solo de Denis Charolles aux baguettes ou celle de Dominique Di Piazza à la basse respectivement les 18 et 19 à la FNAC de Grenoble. Au Rio, ce seront de petites et curieuses formations tel les français Chinapoum , qui rempliront de sons ces instants déjantés, cuivrés, avides de combler les estomacs vides.
Autre théâtre participant, le 145 sera le lieu des befores du festival, préparant à la mise en oreilles des concerts de 20h30.

Cette année, coup de projecteur sur le jazz scandinave, avec le duo norvégien piano-voix de Sidsel Endresen et Bugge Wesseltoft le 24, suivi le lendemain du quartette Tys Tys emmené par la chanteuse danoise Maria Laurette Friis le 25. Nous retrouverons une autre formation des terres australes, le trio finlandais de Gnomus le 27 ; s’ensuivra l’hommage à Jimi Hendix en guitare et tuba de Pinguin Moschner et Joe Schete le 28 et pour finir le faux intrus de ce panorama nordique le Jean Luc Ponthieux Quartet Nord puisqu’il « rend ici un hommage à sa terre géographique et musicale ».


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Stefano di Battista par Jos L. Knaepen

Remontez le col de votre veste ou de votre capeline, et direction les concerts payants du soir, mélange de têtes connues, voir habituelles, du festival et de jazzmen américains.
Ca commence à l’italienne par le Stefano di Battista Quartet acolyté d’Eric Legnini (piano), Rosario Bonaccorso (contrebasse) et de Franck Agulhon à la batterie le 14 au Grand Angle de Voiron. Ca se poursuit avec le souffle et les percussions du Gnaoua Blues du Majid Bekkas trio African le 15 au Prisme de Seyssins.
Mardi, nous avons rendez-vous avec des Grandes Gueules, ensemble vocal a capella, surprenant sur album et à voir en vrai le 18 à l’Amphitéâtre de Pont de Claix. Au même moment et ce depuis le lundi, d’autres voix, d’autres formes nous auront interpellés. Mélodie 6 est un « spectacle musical en 5 volets pour 6 musiciens et 4 acteurs basé sur 5 textes contemporains témoignants des moeurs compliqués de la race humaine, rencontrant 5 partitions musicales et 4 grains de voix…… »
Un intitulé pareil cela titille un peu la curiosité et c’est à voir et entendre du 17 au 18 au théâtre le Rio.
Si vous êtes un familier de Granados, Albeniz et Falla, ou tout simplement si vous avez un penchant pour la culture ibérique, rendez-vous avec le Jean Marie Machado Sextet et son projet Andalousia le 19 à l’Heure Bleue de Saint Martin d’Hères.


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Aldo Romano par Charles de Saint André

Aldo Romano, quant à lui, mettra à l’honneur, passionnément et à la folie les petites fleurs de Sydney Bechet, accompagné de l’orgue d’Emmanuel Bex, des saxs transalpins d’Emmanuel Cisi et Francesco Bearzatti et de la contrebasse de Rémi Vignolo le 20 mars à la Rampe d’Echirolles.
Vendredi, « le jazzman résident » Laurent Dehors, qui créa dans le cadre de « Dehors entre en résidence 2002 2004 » son Dommage à Glenn, collabore cette année à deux projets régionaux au nom en forme de cadavre exquis Pliage Tribu et la Tribu Hérisson, à entendre le 21 à l’Hexagone de Meylan.
Autre création, celle réunissant les musiciens de la Forge, (François Raulin au piano, Michel Mandel à la clarinette, Pascal Berne à la contrebasse et saxhorn, Yves Gerbelot aux saxophones, Radoslaw Klukowski à la trompette et Jean Luc Rimey-Meille percussion) qui convie le saxophoniste autrichien Wolfgang Pusching pour une création du Festival intitulé Alp’n Chants, relecture de chants populaire autrichien.
On termine ces concerts du soir du Festival par ces américains qui remplissent les salles à la seule évocation de leur nom : James Carter le 25, Bill Frisell le 26 et Brad Meldhau le 28 à entendre au Théâtre de Grenoble.
Et le 27 alors… nous sommes invités à une confrontation amicale sur le thème du Jazz meet Rap, soit le Napoli’s Walls de Louis Scalvis invite Dgiz, artiste plus habitué aux colonnes de Technikart qu’aux pages de Jazz Hot ou Jazzmag. Participeront à cette rencontre Louis Sclavis à la clarinette, Médéric Collignon au bugle et voix, Hasse Poulsen aux guitares et percussions ; Vincent Courtois au violoncelle, et Dgiz armé de son flow. Et que la battle commence.

Enfin, dernier volet de ce festival, la création du « Passage de l’Alpe ». Ce moment « In dans le In » se veut une lecture particulière de l’un des aspects du Jazz Alpin avec au menu rencontre culinaire et jazz pour un « parcours musical, gastronomique et oenologique » avec montée de la bastille en musique et téléférique. Le versant intellectuel du « Passage de l’Alpe », sera pour les plus curieux d’entre nous, la participation à un colloque sur les musiques alpines, ce qui pourrait faire penser qu’à 31 ans le Festival de Grenoble nous annonce la naissance de son premier rejeton ! Souhaitons lui bonne chance à l’écoute de la création franco-italienne d’Elefant Steps organisé dans le cadre de ce nouvel addum, elle réunira le Johnny Staccato Liberation Music Orchestra featuring Flavio Boltro et Majid Bekkas, les samedi 22 et dimanche 23 mars.