Henrik Olsson
Henrik Olsson’s Antumbra Ensemble
Henrik Olsson (g), Michaela Turcerová (as), Erik Kimestad Pedersen (tp), Petter Hängsel (tb, recorder), Kristian Tangvik (tub), Jeppe Skovbakke (b), Rune Lohse (d)
Label / Distribution : Cuneiform Records/Orkhêstra

Lors de la première écoute, on croit entendre un big-band, mais ce sont seulement sept instrumentistes qui apparaissent dans ce disque animé par une déferlante de sonorités. Les huit compositions qui se succèdent, toutes écrites et arrangées par le guitariste Henrik Olsson, tanguent comme un navire pris dans une tempête. Si des repères émergent par moments, ils ne tardent pas à s’effacer et laissent place à une jungle sonore persistante.
Les influences de cette musique sont aisément repérables : le guitariste se jette dans l’arène armé d’un rock progressif mâtiné d’expérimentations noise. L’agitation qui déboule dans « Homeshredder » se nourrit des univers de Henry Cow et de Frank Zappa avec un savoir-faire orchestral étonnant qui brouille un peu plus les pistes. L’imbrication des séquences, qui s’enchaînent sans temps mort, révèle une écriture très aboutie qui stimule l’imagination. Le septet dérive vers des structures plus conventionnelles avec l’interprétation d’« El Excavador de mi Corazón », animé par la véhémence de Petter Hängsel et d’Erik Kimestad Pedersen qui surfent sur les accords déstructurés du guitariste.
La flexibilité du collectif, qui se refuse à tout discours prévisible, demeure le fil conducteur de cet univers digne de Marcel Duchamp. L’expressionnisme de « Hey Pedro, It’s Just Cosmic Dust » s’oriente dans une voie sinueuse traversée par les éclats phosphorescents de la saxophoniste slovaque Michaela Turcerová. La conjugaison de rythmes malaxés qui se télescopent avec des harmonies dissonantes procure une vitalité exceptionnelle à ce premier album qui en appelle d’autres. En délivrant cette alternance de climats musicaux, Henrik Olsson a donné naissance à une fresque atypique.


