Chronique

Jan Zehrfeld’s Panzerballett

Hart genossen von Abba bis Zappa

Jan Zehrfeld (g, voc) ; Martin Mayrhofer (g, voc) ; Alexander von Hagke (ts) ; Gregor Bürger (ts, ss) ; Sebastian Lanser (dm and others). Guests : Klaus Doldinger (sax), Okan Ersan (g), Conny Kreitmeier (voc) ; Ernst Ströer (perc) ; Andy Lind (voc, synth & sample programming) ; Heiko Jung (b)

Label / Distribution : ACT/Harmonia Mundi

Deuxième album du groupe de Jan Zehrfeld… Cette fois nettement moins métalleux que Starke Stücke – qui lorgnait du côté de Rammstein ou d’Apocalyptica ; ici, on ferait plutôt dans le léger (presque le dérisoire). Le ton est donné dès le premier morceau, qui n’est autre que la reprise du célébrissime générique des Simpsons dû, je ne vous apprendrai rien, à Danny Elfman (le compositeur de la maison Tim Burton). Ensuite, hélas, ça se gâte un peu.

Malgré quelques fulgurances toujours très zappaïennes (en particulier dans la construction des morceaux, enchaînant soli et ponts improbables sur un rythme non seulement effréné mais troué de syncopes et de breaks impromptus), et une architecture qui n’est pas sans rappeler John Zorn (d’autant que Zehrfeld donne la part belle aux cuivres et au sax de Klaus Doldinger, invité qui signe même le troisième morceau, « Jadoo », avec ses ruptures de ton incongrues), l’ensemble reste un peu brouillon et le guitariste munichois, à force de vouloir pasticher et mélanger musique, muzak, pop, jazz, contemporain et métal, finit par s’empêtrer (et nous avec) dans un medley lourdement humoristique : on oscille entre El Señor Coconut et Mike Patton (les cris gutturaux de « Weary Eyes ») mais on frise aussi parfois le Grand Orchestre du Splendid avant de s’envoler ensuite (et ce n’est pas mieux) vers de hautes sphères Yngwee Malmsteineuses (en français : le trip guitar hero « regardez comme je joue bien avec tous mes doigts sur toutes les cordes »).

Bref, ce n’est pas la fête de la bière, même ambiance métal (quoique)… On notera toutefois quelques belles surprises et de jolis souffles d’air frais (comme bien sûr cette « Mediterranean Breeze » où l’on pourrait imaginer le Hadouk Trio de « Bloomdido » Didier Malherbe rencontrant les survivants de Led Zep période « Kashmir » version marocaine ; sans doute le morceau le plus original de l’album, dû au guitariste chypriote Okan Ersan, autre invité de marque. Un avant-goût du meilleur (gardé pour la fin), à savoir les deux longues reprises-medley de Zappa intitulées « Zappa-Medley From Hell Part I et II ». Là, la solidité de l’assise rythmique et mélodique du grand FZ permet (enfin) à Zehrfeld et ses sbires de se lâcher, sans pour autant partir n’importe où…