Joe Harvey-Whyte & Geir Sundstøl
Langeleik
Joe Harvey-Whyte (g), Geir Sundstøl (g,), Jo Berger Myhre (b), Anders Engen (d), Erland Dahlen (d, perc), Ivar Orvedal (words)
Label / Distribution : Hubro

Croisement habile de différentes cultures et de suggestions mélodiques, ce disque met en avant des ambiances éthérées installées par les guitares pedal-steel du Britannique Joe Harvey-Whyte et du Norvégien Geir Sundstøl. Véritable ode aux océans et aux rivières nordiques, les neuf compositions forment une suite harmonieuse. Les échos de cette musique lancinante s’accordent au titre de l’album, Langeleik , nom de la cithare à bourdon norvégienne dont les origines remontent au XVIe siècle.
Dans cette association musicale apparaissent un grand nombre d’instruments de toutes sortes. L’optigan, clavier électronique qui utilise des pistes sonores optiques préenregistrées pour reproduire des sons, se confronte ici à une multitude de synthétiseurs analogiques ainsi qu’à des boîtes à rythmes. Cette combinaison instrumentale aventureuse s’enrichit des métriques des deux batteurs, Erland Dahlen - présent dans de nombreuses formations scandinaves - et Anders Engen qui, avec Geir Sundstøl, exaltait la musique norvégienne dans l’album Jul På Gata il y a déjà plus de dix ans. Les nappes atmosphériques déployées dans « Tana » incitent à la découverte d’horizons vierges. Enclins à célébrer des climats envoûtants qui baignent dans du folk électrifié, les instrumentistes sont rejoints par la voix profonde du poète Ivar Orvedal sur la succulente balade « Rørvikelva ».
Avec son envergure cinématographique, « Lea Dub » chemine avec des percussions fouettées et des craquements qui évoquent un paysage désolé. Sous le soleil de minuit la nature peut se révéler inquiétante. « Bleikstranda » ne déparerait pas d’avec certaines odyssées spectaculaires initiées par Tangerine Dream, les nappes sonores invitent à se lancer dans un voyage spatio-temporel en apesanteur. De nombreuses évocations de mondes fantastiques émergent finement après plusieurs écoutes de ces compositions structurées par la pulsation de Jo Berger Myrhe. Résolument hypnotique, Langeleid se veut apaisant mais n’en oublie pas la réalité du monde actuel : il suffit d’écouter le final de « Tista Lengter » imprégné par des stridences plaintives.


