Scènes

Jonas Kullhammar Quartet - Jazzycolors 2012

Sur un tempo effréné, Jonas Kullhammar Quartet nous fait voyager dans un univers très hot jazz.


Sur un tempo effréné, Jonas Kullhammar Quartet nous fait voyager dans un univers très hot jazz.

Le Festival Jazzycolors est l’occasion précieuse de découvrir des groupes de jazz européens peu connus en France. C’était une nouvelle fois le cas ce 23 novembre 2012 à l’Institut suédois de Paris avec le groupe de Jonas Kullhammar Quartet.


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Photo Emmanuelle Vial

Ce quartet suédois joue depuis quatorze ans « seulement ». Autant dire que sa discographie depuis la fin des années 90 est copieuse ; on retiendra les deux derniers disques Från Och Med Herr et Son of A Drummer, plus un enregistrement avec un big band, et même un splendide coffret de 8 CD avec livret de 32 pages, The Halfnaked Truth incluant des enregistrements live depuis ses débuts en 1998. (Le leader, Jonas Kullhammar (sax ténor), participe de son côté à de multiples formations suédoises : Kullrusk, Nacka Forum, Andratx, Gyldene Trion, The Hives, Noise Conspiracy… dans des styles éclectiques - rock, folk ou jazz électro folk.)

Ce quartet semblait heureux de donner le premier concert parisien de sa carrière grâce à Jazzycolors. Alors qu’ils se sont déjà produits un peu partout dans le monde, les musiciens attendaient cette occasion avec impatience… Nos clubs et salles parisiens négligeraient-ils un jazz européen pourtant très créatif (nordique, belge, allemand…) ?


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Photo Emmanuelle Vial

Ils jouent un be-bop classique mais musclé, tonique, emmené par un batteur puissant groover, un peu à la Elvin Jones, qui manie la ride avec vigueur. Le contrebassiste développe un jeu vif, souvent très personnel, et réussit des solos à note unique assez impressionnants. Le pianiste colore ses tempos souvent rapides avec des tonalités et des approches rythmiques rappelant un peu McCoy Tyner. Bref, du solide ! Le quartet joue ses propres compositions, dont plusieurs pièces du dernier disque : « Morsan å Farsan » (« papa et maman » !), « Bristol Scream », « Sweet Home », « Snake City », « Christmas ».

On découvre par ailleurs en Jonas Kullhammar un saxophoniste lyrique de haut niveau, avec lequel certains artistes renommés n’ont d’ailleurs pas hésité à collaborer : Kirk Lightsey, Ulf Wakenius, Ted Curson, Anders Bergcrantz… Il fait également d’un humour pince-sans rire dévastateur (quasi British…), maintient le contact avec le public entre les morceaux et émaille son discours de divagations désopilantes, se moquant aussi malicieusement qu’affectueusement de ses musiciens et pratiquant volontiers l’autodérision à propos ses propres titres de morceaux, quant il ne se lance pas dans des considérations philosophiques sur la famille, les fêtes de Noël et diverses anecdotes de voyage… Un personnage haut en couleur… mais surtout un soliste doté d’un éventail expressif très riche, tant sur les bebop ultra-rapides que sur les ballades. A vous de picorer dans la discographie de ce quartet pour découvrir son énergie contagieuse.

  • Jonas Kullhammar, saxophones
  • Torbjörn Gulz, piano
  • Torbjörn Zetterberg, basse
  • Jonas Holgersson, batterie