Chronique

Louis Winsberg

Jaleo

Louis Winsberg (g), Nanda Kumar (perc, voc), Jean Baptiste Marino (g), Jose Montealegre (voc), Norbert Lucarain (vib, perc), Jean Christophe Maillard (synth, saz), Isabel Pelaez (voc, danse), Miguel Sanchez (perc)

Label / Distribution : Nemo

Quand on pense à Louis Winsberg, on pense forcément à Sixun. Il est le guitariste de ce groupe désormais mythique qui a marqué les esprits durant les années 80/90.
Comment échapper à cette « fatalité » ? Paco Sery a bien son propre groupe, Jean Pierre Como a surpris son monde avec son trio et voici que notre guitariste national frappe un grand coup avec ce disque. Ce n’est pas son premier projet en solo (c’est son quatrième), mais celui ci brille particulièrement par son originalité.


Un disque autour du Flamenco voilà qui n’est pas banal, voilà aussi qui pourrait donner une suite de clichés et de cartes postales.
Fruit d’un grand travail, nettement perceptible, on y entend certes les fondamentaux du Flamenco (voix éraillée, claquements des mains, rapidité rythmique), mais aussi de multiples influences tantôt adoucies par un traitement pop du son (non pas aseptisé), tantôt rendues dans leur plus simple élément.


Nous voici donc en face d’une grande musique fusionnelle où l’on se perd avec bonheur.
L’Orient est convié (par certaines mélodies, par le choix des instruments), l’Inde aussi et même des lieux qu’on ne saurait trop situer. « Ragalegria » est bien un morceau traditionnel mais il prend la forme d’un rituel inquiétant avec ses harmonies vocales graves d’où surgit une voix flamenca tout au loin, pour s’enchaîner naturellement à une mélodie qu’on pourrait qualifier de flamenco pop sur fond de tablas indiens.
Sur le travail d’arrangement on notera la bonne idée d’avoir inclus Norbert Lucarain dont les vibraphones et marimba apportent une fraîcheur à cet ensemble ensoleillé !


En définitive cette musique vivante n’aura aucun mal à franchir le cap de la scène et on pourra enfin voir la danseuse (qui danse sur un titre) parait-il formidable. Peut-être que l’on se souviendra dans quelques temps de Louis Winsberg comme le guitariste de Sixun et de Jaleo. La malédiction sera alors vaincue !