Des échanges vibrants parsemés de parcelles de silences, comme seuls les Scandinaves les réussissent, animent Spring Flood. Cet univers musical fait d’infinies nuances rehausse les vocalises de Mariam Wallentin. Habituée à se confronter à des ensembles conséquents comme lorsqu’elle se joint au Fire ! Orchestra, la chanteuse suédoise a spécialement écrit sept morceaux de cet album, le huitième étant une reprise d’un autre de ses groupes Wilbirds & Peacedrums.
Le groupe Vestnorsk Jazzensemble, qui réunit des musicicien·nes originaires de l’ouest de la Norvège, est placé sous la direction artistique du saxophoniste Kjetil Møster. Ancrées dans le jazz contemporain les orchestrations s’engagent dans la flexibilité comme en témoigne « Red » qui s’étire langoureusement. Le foisonnement de percussions évocateur d’une brise printanière qui annonce « Blanket Dance » régénère la mélodie, le chant y atteint une dimension spirituelle. L’intensité poétique des textes énoncés provient de notes d’un journal écrit par la chanteuse alors qu’elle séjournait au bord du Rhin, à Bâle. Est-ce l’apparence médiévale de cette cité helvétique qui tend à installer des climats nostalgiques ? La harpe de Julie Rokseth et le tapis de cordes très inspiré engendré par Gro Austgulen et Carmen Boveda y contribuent en grande partie, chaque détail devient alors précieux.
Tout concourt à faire de Spring Flood un disque délectable où la voix sensuelle s’associe à l’inventivité de l’écriture orchestrale. Mariam Wallentin a su exprimer en musique des images enfouies en elle, source d’inspiration de ce disque. Son chant révèle une authenticité qui ne peut laisser insensible.

