Chronique

Martial Solal

Locomotion

Martial Solal (p, elp), Henri Texier (elb), Bernard Lubat (d)

Label / Distribution : Follow me

N’y allons pas par quatre chemins, ce disque qui date de 1974 est une surprise. Il faut même se pincer pour y croire. Est-ce bien Martial Solal qui a écrit cette musique groovy ? Est-ce bien lui qui joue du piano électrique dans un style jazz-rock ? Eh bien oui ! Mais il y a une explication à tout cela.
Penchons-nous sur le texte de la pochette : « Locomotion est un ensemble de petites pièces qui étaient destinées, lors de l’enregistrement, à illustrer des retransmissions de séquences sportives à la télévision ». Nous voilà un peu rassurés.


Finalement ce qui reste du style si caractéristique de Solal, c’est l’humour des compositions rendu plus évident par la thématique même de l’album. Une montée de gamme pour « Un drôle d’escalier roulant » (A vous de trouver le sport qui va avec), un rythme jazzy presque parodique pour « une nage sur le dos majeur » très tranquille. Simple curiosité anecdotique que ce disque ?


Pas seulement. On y trouve certes des passages moins passionnants et répétitifs où les chorus de piano électrique collent mal au rythme ; mais aussi des compositions plus énergiques où se cache le meilleur de ce curieux objet, basées sur de furieuses lignes de basses : Péage Ingrat, Cheval qui rit… et les 24 heures démentes (appréciez le jeu de mots !) jouées sur un tempo frénétique en évitant l’accident !
C’est sûrement une des rares fois où Martial Solal choisit explicitement la carte de l’efficacité, et ceci dans un style qui ne lui est guère familier. Mais il s’en tire avec les honneurs.