Scènes

Matinier et Riessler côte à côte à l’Amphi de l’Opéra de Lyon

Quand accordéon et clarinette basse se découvrent d’inédits terrains de jeu.


La semaine dernière, il était escorté de Marco Ambrosini. Ce 17 octobre 2011, dans ce sous-sol en noir de l’opéra de Lyon, Jean-Louis Matinier comparaît en compagnie de Michael Riessler pour un pas de deux mené par un accordéon et une clarinette basse.


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Photo © Christophe Charpenel

Autant dire une rencontre peu habituelle. Est-ce à cause de ce côté « inédit » ? En tout cas ça « fonctionne » immédiatement. Comme un emboîtage les yeux fermés le temps d’un joli set. Court. Dense. Inspiré. Très écrit. Ambitieux. Dans une ambiance recueillie, à l’affût d’une recherche esthétique dont le petit public cherche à saisir la moindre nuance.

A l’origine de cette équipée, sans doute d’abord l’art de porter l’accordéon là où il va rarement, tout en discrétion, en notes à peine esquissées, loin des espaces de ripaille où il est si souvent cantonné. Tout le contraire. Comme il aime à le faire avec Anouar Brahem, Matinier a sa façon bien à lui de choisir et ciseler la note, de ne garder que l’essentiel, de faire étrangement résonner un accordéon qui, devenu quasi méconnaissable, ouvre la porte à la mélancolie, la fraîcheur, le renouveau.

Michael Riessler est pour lui un excellent alter ego qui colore les mélopées d’étrange façon. L’un comme l’autre, ils n’aiment rien tant qu’arpenter la même partition sans laisser le moindre interstice entre leurs deux souffles. Musique d’équilibriste. Démonstration de virtuosité. Art du complément. Mais, au final, le duo débouche bien sur un univers rare, un peu maniéré et très construit, mais profond et élégant.

Le Photoreportage