Scènes

NJP 2013 - Echos des Pulsations - 12/10

L’hiver est arrivé en avance à Nancy. Dans sa grande mansuétude, NJP a prévu deux Canadiennes pour préserver le public du froid. Si la première ne s’est guère avérée efficace à cet égard, la seconde, elle, a fort bien rempli sa mission.


L’hiver est arrivé en avance à Nancy. Dans sa grande mansuétude, NJP a prévu deux Canadiennes pour préserver le public du froid. Si la première ne s’est guère avérée efficace à cet égard, la seconde, elle, a fort bien rempli sa mission.

Térez Montcalm


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Térez Montcalm © Jacky Joannès

D’abord, on se réjouit à l’idée de retrouver Pierre de Bethmann au piano et Christophe Wallemme à la basse : deux tiers de Prysm, c’est un cadeau qui ne se refuse pas. Mais l’espoir est de courte durée, car avec Térez Montcalm, il en ira très vite autrement. Pendant un peu plus d’une heure, la Québécoise va interpréter sans grande conviction une grande partie de son nouveau disque I Know I’ll Be Alright. Sa voix rauque donne l’impression de vivre d’assez loin des chansons qu’elle a choisies pour « faire plaisir à son public ». Des reprises où l’on reconnaît Bécaud, Piaf, Aznavour (et qui suscitent quelques soupirs d’aise ici ou là dans le public), Michael Jackson ou David Bowie, pour un « Ashes To Ashes » dévitaminé. Les musiciens font leur travail, la machine est rodée mais ne rugit pas. Jean-Marie Ecay se fend d’un rapide chorus de guitare très professionnel et le batteur… bat ! Pendant ce temps-là, il ne faut pas le cacher, on s’ennuie ferme. C’est un show, comme on dit, mais il lui manque l’essentiel de ce qu’on vient chercher dans la musique vivante : la vibration et l’émotion.

Kellylee Evans


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Kellylee Evans © Jacky Joannès

Un paradoxe : la fraîcheur de la soul music de Kellylee Evans réchauffe en quelques minutes une salle Poirel qui n’attendait que ça. Celle qui célébrait Nina Simone il y a trois ans avec Nina marche aujourd’hui dans les pas de la grande Roberta Flack. Au programme, un nouveau disque, I Remember When, et une équipe de choc, un vrai groupe cette fois, solidaire et impliqué : Raphaël Debacker (piano), Eric Lohrer (guitare), Sylvain Romano (contrebasse) et Fabrice Moreau (batterie). L’énergie de la chanteuse – sourire radieux du début à la fin et joie non feinte – fait feu de tout bois, y compris lorsqu’elle s’assoit quelques minutes pour une version acoustique de « Désolé », des rappeurs de Sexion d’Assaut. Kellylee Evans laisse de beaux espaces créatifs à l’attention de ses musiciens, improvise des chants et des danses, vibre, virevoltante, descend dans la salle, revient et se donne sans compter. La pulsation, elle sait ce que cela veut dire ! Jusqu’à la fin et même au-delà… quand on la retrouve à la sortie de la salle, saluant son public à grand renfort d’accolades et lui souhaitant bonne nuit. Une belle personne…

A suivre…