Le jazz a sa tribune.

Edition du 15 novembre 2018 // Citizenjazz.com / ISSN 2102-5487

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Une sélection de concerts
proposée par la rédaction.





Nice Jazz Festival 2007

NICE JAZZ FESTIVAL
Du 18 au 25 juillet 2007
Dans les Arènes et Jardins de Cimiez

PLUIE D’ÉTOILES AU NICE JAZZ FESTIVAL 2007
Audace et créativité sont à l’affiche

Le NICE JAZZ FESTIVAL est un rendez-vous unique en son genre. Dès 1974, l’année où il s’installait dans ce haut lieu de la culture niçoise que sont les Jardins et Arènes de Cimiez, à l’ombre de la maison du peintre Matisse, il s’imposait comme l’une des toutes premières manifestations du genre dans le monde.

Sa réputation n’a fait que s’épanouir depuis le début de ce nouveau millénaire, grâce à la politique éditoriale ambitieuse, largement ouverte sur la diversité de l’héritage afro-américain, initiée par Viviane Sicnasi. À l’heure où le jazz élargit son univers rythmique et mélodique aux cultures du monde, ce grand rassemblement estival de la Côte d’Azur, fréquenté chaque année par quelque 55 000 spectateurs, mise résolument sur l’éclectisme et la différence. Outre la présence tutélaire du jazz, on y découvre les tendances actuelles de la pop, de la world, du blues, de la soul, du R’n’B et du funk dans un métissage généreux et fécond.

Ajoutons à cette effervescence créative le cadre idyllique des Jardins de Cimiez, dominé par des arènes gallo-romaines aux senteurs de lavande, et traversé par les effluves de la Méditerranée, et l’on comprendra que tous les ingrédients propices à une ambiance chaleureuse et festive sont réunis.

Lorsqu’elle a imaginé ce cru 2007 prometteur, Viviane Sicnasi ne s’est pas contentée de faire tomber une pluie d’étoiles sur Cimiez — ainsi que l’illustre le détail des têtes d’affiche programmées soir après soir. Alliant audace et créativité, cohérence et imagination, elle a souhaité illustrer l’ouverture de la musique noir-américaine sur le monde, chroniquant aussi bien les amours torrides du jazz et du Flamenco que son impact sur le reggae jamaïcain ou encore sa fascination pour l’Afrique.

Au total, 8 soirées passionnantes, fertiles en émotions ; 8 thèmes novateurs clairement dessinés, avec une mention toute spéciale pour la fête organisée à l’occasion des 40 ans du funk, marquée par le retour en fanfare du génial Sly Stone que le Nice Jazz Festival a convaincu de sortir de sa retraite après plusieurs décennies d’absence.

À n’en pas douter, le sens de l’innovation et de la découverte fait plus que jamais partie du vocabulaire quotidien d’un NICE JAZZ FESTIVAL toujours soucieux d’offrir à son public le meilleur du jazz et de son précieux héritage : la liberté créative.

Nice Jazz Festival 2007
Programmation

KATIE MELUA
Les choses ont bien changé depuis le dernier passage à Cimiez de Katie, révélation du Festival 2005 ! Un album (le best-seller “Piece by Piece”) et deux saisons plus tard, la ravissante chanteuse qui avait séduit les Niçois par son charme discret et son répertoire délicat s’est imposée en tête de tous les hit-parades européens. Née il y a une vingtaine d’années en Géorgie et élevée à Moscou, Katie a suivi à Belfast un père chirurgien au moment de l’adolescence. Il faut attendre son entrée à la BRIT (l’École du Spectacle anglaise) pour qu’elle révèle son véritable potentiel de chanteuse de jazz et de blues. Après avoir vendu plusieurs millions d’exemplaires de ses deux albums, Katie a désormais trouvé sa place dans le club très fermé des grandes stars internationales.

JEFF BECK
Après une série de rendez-vous ratés ces dernières années, Beck sera enfin Niçois cet été. « Arrangez-vous comme vous voulez, mais je veux absolument donner ce concert », recommandait-il à son management. L’occasion idéale pour tous les amoureux de la guitare de vérifier par eux-mêmes que Beck n’est peut-être pas aussi adulé du grand public que Clapton ou Santana, mais qu’il n’a rien à envier aux plus grands guitar heroes. Beck a toujours refusé de s’enfermer dans un style quelconque, s’exprimant avec une aisance égale dans le blues (son premier amour), le rock, le heavy metal ou la fusion. Les occasions de voir sur scène l’homme qui a découvert Jimmy Page, Rod Stewart et Ron Stewart sont trop rares de nos jours pour que l’on puisse se permettre de manquer sa venue à Cimiez.

AYO
Révélation de ces derniers mois, cette chanteuse folk-soul se produit à guichets fermés depuis le succès surprise de son recueil « Joyful », vendu à près d’un demi million d’exemplaires à travers l’Europe, dans la foulée du single Down on My Knees. Fille d’un père nigérian et d’une mère d’origine gitane, Ayo a su s’inspirer de cet héritage personnel afin d’enrichir d’un soupçon de soul, d’une touche de reggae et d’une pointe d’afrobeat les chansons qu’elle écrit d’une plume sensible et lucide.

MANU KATCHÉ
Sa présence remarquée au sein du jury de La Nouvelle Star à la télévision ne doit pas nous faire oublier que ce batteur d’exception, sollicité par les plus grands (Sting, Peter Gabriel, Tracy Chapman, Dire Straits…), est l’une des figures majeures du jazz européen de ce début de siècle. Suite à la parution récente de l’album « Neighborhood » sous les couleurs du prestigieux label ECM, Katché a souhaité faire étape à Nice, une ville qu’il connaît bien et dans laquelle il a de nombreuses attaches personnelles. Au programme de son passage à Cimiez : compositions subtiles, rythmes funky, mélodies lyriques et ambiances feutrées.

MARIO BIONDI
De parents musiciens, cet ancien enfant de chœur sicilien a longtemps entretenu l’envie de se lancer dans une carrière de chanteur d’opéra avant de trouver sa véritable vocation dans l’univers des studios italiens où il faisait les chœurs sur les enregistrements de chanteurs de rock et de variété. Son amour de la soul noir-américaine (Donny Hathaway, Luther Vandross, Will Downing, et surtout Billy Paul et Barry White) lui inspirait récemment une carrière solo qui débute de façon magistrale avec l’album « Handful of Soul ». Grâce à ce recueil inclassable, la voix profonde de Mario a trouvé une place à sa mesure dans le monde du jazz et de la soul.

YARON HERMAN
Ce pianiste israélien à la forte personnalité musicale est l’une des meilleures surprises de ces derniers mois dans le monde du jazz. Un sens inné du phrasé tout comme une maîtrise consommée de la scène font de Yaron un jeune soliste particulièrement prometteur. Formé à l’école classique avant de faire ses classes sur les bancs de la prestigieuse école de Berklee, Herman s’installait récemment en France, terre d’accueil dont le bouillonnement jazz avait su le séduire. Sa présence cette année dans l’opération Talents Jazz parrainée par l’Adami ne fait que confirmer les espoirs de ses admirateurs

SLY & THE FAMILY STONE
La présence de Sly à l’affiche du festival est un véritable événement à ne manquer sous aucun prétexte ! Inventeur du funk-rock, Sly Stewart s’est rendu célèbre au plus fort de la vague hippie (on se souvient de son passage électrisant à Woodstock) en mêlant soul, gospel et rock psychédélique dans un même creuset de textes militants. Au moment où s’installait la révolution disco dont il avait été l’un des pères, Sly s’est brusquement effacé des écrans radar de la musique populaire. Après plusieurs retours manqués, il nous revient cette année à la tête d’une version rajeunie de sa Family Stone, en compagnie de la trompettiste originale du groupe, Cynthia Robinson, mais aussi de sa sœur Vet Stone. Au terme d’une longue absence qui avait fait craindre le pire à ses fans, ce champion de la cause d’un funk baroque et révolté est de retour, plus excentrique que jamais, bien déterminé à montrer que sa musique n’a pas pris une ride.

MARCUS MILLER
Ce virtuose de la basse possède le don d’ubiquité musicale. Fils d’un organiste et directeur de chorale, apparenté au légendaire Wynton Kelly, aussi à l’aise à la clarinette et au piano qu’à la basse électrique, Marcus a débuté dans les studios new-yorkais — on peut l’entendre sur des enregistrements d’Aretha Franklin, Bill Withers, Elton John ou Roberta Flack, parmi beaucoup d’autres — avant de contribuer à lancer la carrière de Luther Vandross, champion de la cause de la ballade-soul. Entre-temps, Marcus rejoignait son idole Miles Davis, sur scène comme en studio (souvenez-vous de l’album « Tutu »), avant de se lancer dans une carrière solo centrée sur un heureux mélange de jazz et de funk. Ainsi qu’il l’avoue volontiers : « Je cherche toujours à inventer pour continuer à progresser », une politique qui lui a formidablement réussi jusqu’à présent.

DONAVON FRANKENREITER
Ce musicien californien a réussi l’exploit de s’imposer en quelques années comme l’une des voix les plus originales sur la scène du rock acoustique, aidé par la réputation de compositions dont Free reste l’archétype. Décidé à bousculer ses propres habitudes, Donavon a résolument changé de cap avec son deuxième album, un recueil baptisé « Move by Yourself » tout au long duquel il s’applique à explorer les facettes d’une personnalité musicale qui n’est pas sans évoquer celle de son fidèle ami et collaborateur, Jack Johnson.

AMP FIDDLER
Ce claviériste de Detroit a eu l’occasion de fourbir ses premières armes musicales auprès de diverses figures majeures du funk — Prince, George Clinton, Primal Scream… — avant de mettre au point un style entre soul et funk qui porte son empreinte personnelle. Joseph « Amp » Fiddler considère la présence de Sly Stone ce soir comme un signe du destin, et l’on peut compter sur lui pour donner à cette occasion le meilleur de lui-même.

noJAZZ
En l’espace de quelques saisons seulement, des concerts cultes et une façon très différente de pratiquer le remix ont permis à noJazz de trouver une place à la mesure de sa différence sur l’échiquier des musiques actuelles. Après la sortie en 2002 d’un premier album explosif, suivi trois ans plus tard par une collaboration remarquée en studio avec Stevie Wonder et les anciens animateurs du collectif Earth Wind & Fire, le groupe continue aujourd’hui de déchaîner les passions, remettant en cause les habitudes et s’affranchissant des certitudes des ayatollahs de la planète jazz. Une vision novatrice qui a permis au groupe de se faire une belle réputation dans les cercles internationaux les mieux fréquentés.

JIMMY CLIFF
Acteur essentiel de la tradition musicale jamaïcaine, l’auteur et créateur de Many Rivers to Cross aura été l’un des pionniers du reggae à travers la planète. Alors que Toots, Peter Tosh et Bob Marley prenaient le relais, Cliff menait une carrière ouverte sur le monde, ainsi que l’illustrent ses collaborations avec des artistes aussi divers que les Rolling Stones, Elton John (la chanson titre du Roi Lion) ou encore Kool & the Gang. Trente ans après le succès de la B.O. de The Harder they Come, l’art de Jimmy Cliff conserve toute sa légitimité.

GROUNDATION
Tout en s’évertuant à valoriser l’essence des racines du reggae, ce groupe californien a ouvert une voie nouvelle en ajoutant à sa musique des éléments de jazz, de funk et de dub. Groundation est né en 1998 de la rencontre de trois musiciens de la région de San Francisco : Marcus Urani, Ryan Newman et Harrison Stafford. Après avoir renforcé son originalité en recrutant d’autres personnalités marquantes de la scène de la Baie, Groundation s’est rendu célèbre sur le circuit du reggae international grâce à l’album « We Free Again ». Depuis, la formation se produit pour des fans enthousiastes à travers les stades des États-Unis ou du Brésil, mais aussi en Europe où elle jouit d’une réputation sans pareille.

BITTY McLEAN with SLY & ROBBIE
Le batteur Lowell « Sly » Dunbar et le bassiste Robert « Robbie » Shakespeare ne représentent pas seulement la section rythmique la plus convoitée de la planète reggae ; avec plus de 200 000 enregistrements à leur tableau de chasse, ils pourraient bien figurer dans le Guiness des Records du monde des studios ! Après avoir travaillé avec tout ce que le monde du rock compte de superstars (Mick Jagger, Bob Dylan, Grace Jones, Serge Gainsbourg, Sting et tout récemment Sinead O’Connor), Sly & Robbie apportent cette année leur soutien à Bitty McLean. Longtemps associé au groupe de reggae anglais UB40, ce chanteur anglo-jamaïcain fait actuellement beaucoup parler de lui dans les cercles reggae et ragga avec son style vocal savoureux.

JOE ZAWINUL SYNDICATE
Le fondateur de Weather Report méritait que l’on rende un hommage appuyé à l’ouverture d’esprit qui a systématiquement guidé ses pas depuis un demi-siècle, l’incitant à imprimer sa marque à tous les styles, à tous les courants, à toutes les écoles en jonglant à la manière d’un saltimbanque génial avec les instruments les plus divers. Aussi à l’aise dans le contexte du rhythm & blues originel aux côtés de Dinah Washington que face au défi de l’électronique à l’heure de la fusion, Joe Zawinul appartient à cette catégorie rare des innovateurs universels.

K’NAAN
Ce rappeur de Toronto propose une musique particulièrement originale au sein de laquelle s’entrelacent rythmes africains et sonorités urbaines. Originaire de Somalie, K’Naan a dû fuir son pays avec les siens à bord du dernier vol commercial au départ de Mogadiscio, au plus fort de la guerre civile qui secouait la corne de l’Afrique. Après quelque temps passé à Harlem, la famille de K’Naan s’est installée au Canada où il a pu entamer une carrière artistique marquée par son désir de dénoncer les atrocités commises au nom de toutes les formes d’intolérance.

MYSTIC REVELATION OF RASTAFARI
Le célèbre Oswald « Count Ossie » Williams et sa formation pionnière sont en grande partie responsables de l’introduction de rythmes africains et de mélodies folk dans le vocabulaire de la musique jamaïcaine. Dès les années soixante, ce concept leur permettait de jeter les bases de ce qui allait devenir le reggae. Bien avant que Kingston ne devienne une grande capitale musicale dans la foulée du succès de Jimmy Cliff et de Bob Marley, Count Ossie s’essayait déjà à des fusions rythmiques et culturelles qui ont bouleversé le paysage artistique de son île natale, et plus largement celui de la world music. À la veille de souffler ses 80 bougies, Count Ossie se réjouit de se produire à Nice le même soir que plusieurs de ses émules les plus doués.

POSITIVE ROOTS
Fort de huit musiciens originaires de France, des Antilles et du Sénégal, cet excellent groupe de reggae basé à Toulouse doit son succès à la richesse du melting-pot culturel et musical qu’il propose. Son style alterne roots, dance hall, dub et ragga autour de textes traitant de sujets éclectiques (l’amour, l’école, les problèmes de la planète…), le tout dans une atmosphère festive, faite de simplicité, qui a donné au groupe son image si… Positive.

GIPSY KINGS
À en croire la Bible, nul n’est prophète en son pays… Accueillis comme des princes en Chine, au Moyen Orient, à travers l’Amérique latine ou encore aux États-Unis où ils se produisent généralement dans des stades, les Reyes et les Baliardos — les deux familles dont les membres constituent ce groupe unique en son genre — sont trop souvent négligés par les cercles culturels français qui les considèrent comme des artistes gitans parmi d’autres. Les Gipsy Kings n’ont pourtant pas attendu le succès mondial de leur tube Bamboleo, en 1987, pour faire la différence. Adulés par Charlie Chaplin, Picasso, Salvador Dali et Miles Davis qui voyaient en eux les tenants éclairés d’une tradition magnifique, les Gipsy Kings ont très tôt parfumé leur flamenco de senteurs jazz et latinos, contribuant à la popularité d’un style qui n’allait pas tarder à faire le tour du monde. S’ils n’ont plus besoin de travailler comme saisonniers agricoles pour assurer leur survie, les Kings n’ont pas renoncé pour autant à vivre en terre catalane, dignes descendants d’un peuple dont la musique chavire les cœurs depuis bien longtemps.

CHANO DOMINGUEZ NEW FLAMENCO SOUND
Six ans après le superbe concert qu’il avait offert au public des arènes de Cimiez à l’invitation de Viviane Sicnasi, le pianiste de Cadix réunit cette année les plus grands noms du jazz espagnol, auxquels s’adjoignent un chanteur et un danseur. Dominguez a mis au point ce nouveau projet avec l’ambition d’ouvrir le flamenco-jazz à des perspectives inédites. Un projet époustouflant qui nous dévoile un Chano au sommet de son art.

DIEGO EL CIGALA
Diego Ramón Jiménez Salazar, surnommé El Cigala, est aujourd’hui le maître incontesté du chant flamenco. À l’instar de la plupart de ses pairs, El Cigala a appris à chanter dans les petites rues de Madrid comme dans les tavernes habitées par la musique reine espagnole. Après avoir passé plusieurs années dans l’ombre de grands danseurs (El Güito, Cristóbal Reyes, Manolete…), Diego s’est enhardi à « chanter depuis l’avant-scène » — l’expression consacrée dans le milieu lorsqu’un chanteur s’ose à ravir la vedette au danseur de l’orchestre. Tout en poursuivant la tradition, El Cigala s’applique à rajeunir son art en enrichissant sa musique de touches de jazz et de rythmes cubains.

TOMATITO
Ce guitariste virtuose, star incontestée de la nouvelle scène flamenca, a été révélé très jeune par le grand Paco de Lucia. Depuis quinze ans, Tomatito conjugue flamenco et jazz avec intelligence et goût. En multipliant les collaborations réussies avec des artistes tels que Michel Camilo ou encore le groupe techno-pop espagnol Mecano, il consacre les noces heureuses de traditions moins éloignées qu’on pourrait le penser. Les enregistrements de Tomatito, universellement encensés par la critique, lui assurent une réputation à part dans la sphère du flamenco-jazz.

EL BICHO
Ce septette apporte la preuve que le flamenco conserve toute sa vitalité à l’heure du rock. Les membres de cette formation unique ont commencé par conquérir le jeune public madrilène avant de se lancer à l’assaut des plus grandes salles de spectacle espagnoles, grâce à un répertoire aux fortes tonalités jazz fait de thèmes traditionnels, de sonorités électriques et de rythmes africains. La présence d’El Bicho à Nice est un signe qui ne trompe pas de leur popularité croissante hors d’Espagne.

LA SHICA
De son envie de proposer une alternative au flamenco, cette chanteuse espagnole a mis au point un nouveau langage artistique en intégrant des éléments de hip hop et de funk dans sa musique et ses chorégraphies. Au passage, le groupe de cette créatrice inspirée révolutionne l’art du flamenco grâce à une alchimie subtile entre rythmes d’aujourd’hui et sonorités acoustiques d’hier.

LEMMY CONSTANTINE
Son père, un célèbre acteur des années 1950 qui interprétait à l’écran le rôle du détective privé Lemmy Caution, avait également fait carrière dans le disque en vante les mérites de la dolce vita dans Cigarettes, whisky et p’tites pépés. Constantine fils a hérité de ce père aux talents multiples son prénom ainsi qu’un penchant marqué pour les textes humoristiques qu’il agrémente de phrases de guitare déliées empruntées à l’école manouche personnifiée par Django Reinhardt. Un décor musical inhabituel pour le répertoire de Frank Sinatra à qui Lemmy rend un hommage appuyé cet été.

ISAAC HAYES
À l’occasion de son entrée en fanfare dans le Rock & Roll Hall of Fame, suivie de son retour hyper médiatisé à Memphis, Isaac Hayes retrouvait récemment les feux de l’actualité. Associé très tôt dans sa carrière à la maison de disques Stax qui a fait la gloire de la soul sudiste, le créateur de Shaft s’est rapidement imposé dans notre imaginaire collectif, autant comme acteur que comme chanteur. La sagesse, héritée de la grand-mère qui l’a élevé, associée à son élégance princière font de lui l’une des rares popstars issues de l’Amérique noire. Tout en poursuivant son action humanitaire au profit de l’Afrique, Hayes continue de prouver qu’il est un formidable maître de la scène.

BOOKER T. & the MG’s
L’orchestre maison du Stax de la grande époque aura été le premier artisan du « son de Memphis ». Présents sur une longue liste de standards et de tubes engrangés par Carl et Rufus Thomas, Otis Redding, Sam & Dave et beaucoup d’autres, les MG’s occupent une place à part dans le panthéon de la musique populaire grâce à des standards tels que Green Onions et Soul Limbo. L’organiste Booker T. Jones, le guitariste Steve Cropper et le bassiste Duck Dunn se sont retrouvés à de rares occasions depuis la disparition il y a trente ans du batteur Al Jackson Jr. Accompagnés cet été par le rythmicien Steve Potts, ils entendent néanmoins prouver, à l’occasion des 50 ans de Stax, que le Memphis sound reste plus que jamais d’actualité.

SOLOMON BURKE
Récemment remarqué pour l’album « Nashville » dans lequel il met en lumière les liens de parenté entre soul et musique country, le Docteur Burke poursuit sa route à la tête d’un orchestre magistral. Monarque flamboyant avec sa couronne, son sceptre et sa traîne régalienne, le « King of Rock’n’Soul » a vendu plus de 20 millions de disques au long d’une carrière éblouissante parsemée de hits fabuleux : Cry To Me, Proud Mary, Got To Get You Off My Mind, Everybody Needs Somebody To Love… Maître à penser des Rolling Stones, cet évêque et chef spirituel de la House of God for All People est avant tout le pape de la Soul Music qu’il a contribué à faire naître avec Sam Cooke et Ray Charles.

JOHN ELLISON
Avec Sam & Dave, Otis Redding, Solomon Burke et Sam Cooke, Sir Ellison a contribué à donner ses lettres de noblesse à la musique soul. Révélé en Europe lors de ses précédents passages à Nice, il a choisi de revenir sur les lieux mêmes de ses triomphes pour retrouver la France.

JAMES BLOOD ULMER
Le son très particulier de ce guitariste unique a laissé une marque indélébile sur la scène free. Après avoir trouvé une place au sein des Jazz Messengers d’Art Blakey, Ulmer a rejoint Ornette Coleman avec lequel il a révolutionné le jazz avant de prendre la tête de son propre Music Revelation Ensemble. Il aura toutefois attendu de rencontrer Vernon Reid, âme du groupe mythique Living Colour, pour donner toute sa mesure de bluesman, enregistrant une série d’albums bouleversants qui ont contribué à redonner au genre sa pleine légitimité.

CHARLES WALKER
Ce soulman de la grande époque, émule d’Otis Redding, a enregistré abondamment dès les années soixante sous les couleurs de la célèbre marque Chess avant de trouver une place d’auteur chez Motown. Ce palmarès aurait pu permettre à Charles Walker de mêler son nom à celui des grandes figures de l’histoire de la soul, mais c’était sans compter sur son désir de poursuivre l’aventure. Avec le renouveau de la musique populaire reine de l’Amérique noire, Charles reprenait récemment le chemin des studios et de la scène où sa présence explosive fait de lui une valeur sûre dans tous les grands festivals.

JOBY SMITH
Longtemps membre d’une chorale de gospel, Joby a appris son métier de chanteuse en fréquentant les studios parisiens comme choriste avant de se révéler pleinement sous les traits d’une chanteuse soul. Interprète originale, attentive aux subtilités du genre, elle entend bien séduire les amateurs de soul niçois avec son propre répertoire.

GENO YOUNG
Ce natif de Dallas au Texas, condisciple d’artistes aussi talentueux que Roy Hargrove, N’Dambi ou Norah Jones, doit sa carrière musicale à une autre camarade de lycée. Arrangeur et chef d’orchestre attitré de l’Erykah Badu des débuts, June Bugg (un surnom donné par Erykah) a pris son envol depuis que l’album Ghetto Symphony en 2004 lui a permis d’exprimer tout son talent de chanteur et d’auteur sur le circuit de la nu soul.

THE ROOTS
Longtemps victimes d’une industrie discographique qui voyait d’un mauvais œil leur indépendance d’esprit, les hip-hoppers de Philadelphie appartiennent au club très fermé de ceux qui pratiquent le rap à l’aide d’instruments traditionnels, au détriment des samplings et autres sons synthétisés qui sont l’apanage du R’n’B actuel. Dans la foulée de leur dernier album, le best-seller « Game Theory », les membres de The Roots ont souhaité faire un crochet par Nice à l’heure du Festival, convaincus que leur show, l’un des plus explosifs du moment, saurait séduire le public qui ovationnait George Clinton et ses musiciens l’été dernier dans les jardins de Cimiez.

DEE DEE BRIDGEWATER’S MALIAN PROJECT
Dee Dee est récemment revenue bouleversée de son séjour au Mali, l’âme chavirée, personnellement et artistiquement. Remarquablement dirigée par Cheick Tidiane Seck, elle a vécu à Bamako une expérience qui dépassait de beaucoup le simple enregistrement d’un nouvel album. Le visage des gens croisés dans la rue, le rythme de la vie, tout était évocateur pour elle de souvenirs enfouis depuis des générations. Tout naturellement, ce pèlerinage sur la terre de ses ancêtres s’est traduit en musique par une expérience unique. Avec l’album « Red Earth » et le spectacle scénique qui l’accompagne, Dee Dee a renoué avec ses racines les plus profondes en éprouvant un besoin accru de chanter le blues.

RAUL PAZ
Ce chanteur cubain a trouvé une seconde patrie en France où il s’est tout d’abord lancé dans des études de musique classique au Conservatoire de Paris avant de trouver sa voie dans un répertoire plus proche de ses origines. Le premier album de celui que l’on surnomme le Cubain français, « Imaginate », a été un best-seller à travers l’Europe comme aux États-Unis où la presse new-yorkaise ne tarissait pas d’éloge sur Paz. Ouvert aux sonorités nouvelles comme à la fusion des genres, Raul s’est rapproché depuis de la sphère électro, sans pour autant trahir ses racines culturelles et musicales.

TOUMANI DIABATÉ & SYMMETRIC ORCHESTRA
Diabaté figure au tout premier rang des joueurs traditionnels de kora. Toumani a toujours eu le don de rendre sa musique accessible à tous ; bien que résidant au Mali, c’est en Angleterre que sa carrière discographique a véritablement décollé en 1988, grâce à l’album « Kaira ». Aujourd’hui, à la tête d’une formation irréprochable, il révèle toutes les affinités de la musique malienne Wassoulou avec le blues, proposant un répertoire envoûtant qui n’est pas sans évoquer la rigueur créative d’un Keith Jarrett. Éclairé par ses collaborations passées avec Taj Mahal et Ali Farka Touré (notamment à Cimiez en 2005), Toumani Diabaté est à ce jour le meilleur chantre de la musique d’Afrique de l’ouest.

SAKESHO
Bien plus qu’un quartet de jazz, Sakesho — Andy Narell, Mario Canonge, Michel Alibo, Jean-Philippe Fanfant —, avec ses racines bien ancrées dans les caraïbes, invente un “ groove” totalement original. La rencontre de ces cinq personnalités explosives nous offre une musique chaleureuse et sophistiquée, entre biguine, calypso, jazz caraïbe et rythmes afro-cubains. À la clé, l’assurance d’un concert de très grande qualité.

JULIEN LOURAU vs. RUMBABIERTA
Le plus inventif des saxophonistes de la scène française actuelle s’est essayé dans un premier temps à diverses expériences de funk acoustique à la tête de son Groove Gang avant de privilégier une approche résolument électro. Aujourd’hui, Lourau entend démontrer que ce parcours parfois teinté de radicalisme n’avait en rien entamé sa passion des sonorités naturelles ; cet été, il s’emploie à en apporter la preuve en affrontant sur scène le collectif cubano-chilien Rumbabierta, en compagnie duquel il décortique la rumba avec une imagination débridée.

SO KALMERY
Auteur, compositeur et interprète originaire de la République démocratique du Congo, So Kalmery propose une musique au-delà des frontières, harmonieux mélange entre folk, blues et Brakka — cette danse ancestrale de l’Afrique des grands lacs. Adepte des échanges culturels, ce musicien s’exprime aussi bien à la guitare qu’avec le didgeridoo ou le oud, mettant son art au service d’une renaissance musicale africaine.

LAURENT VOULZY
Connu en sa qualité d’interprète comme pour l’efficacité du tandem auteur/compositeur qu’il forme avec le chanteur Alain Souchon, ce guitariste émérite d’origine guadeloupéenne donne cet été une série de concerts à la tonalité inédite, dans le sillage de l’album « La Septième Vague » qui lui a permis de squatter les hauteurs des classements depuis sa sortie, il y a quelques mois. Au programme, un répertoire souvent constitué de reprises qui met en lumière son amour du rock, du jazz et de la soul.

RANDY CRAWFORD & JOE SAMPLE
Les retrouvailles de Crawford et du pianiste des Crusaders sont indéniablement promises à un résultat aussi marquant que celui de leur collaboration initiale, il y a plus d’un quart de siècle, le tube international Street Life. Au plan musical, le duo s’affranchit aujourd’hui de toute sophistication superflue afin de revisiter en concert des classiques de Broadway ainsi que des compositions méconnues associées à Billie Holiday ou Nina Simone. Surfant de façon aérienne sur le piano dépouillé de Joe Sample, la voix gorgée de gospel de Crawford donnera le frisson au public le plus exigeant.

NOA
Avec plus de trois décennies de chansons derrière elle, la ravissante grand prêtresse folk israélienne a chanté la paix devant des personnalités comme Bill Clinton, le pape ou Itzhak Rabin, et partagé la scène avec Sting, Stevie Wonder, Santana et Sheryl Crow. Noa chante l’amour, la souffrance, la compassion et l’espoir avec une force de conviction et une sensibilité à fleur de peau rarement rencontrées depuis la glorieuse époque des bardes folk comme Leonard Cohen et James Taylor, faisant d’elle l’une des voix les plus généreuses et les plus justes de ce début de millénaire. Pour son grand retour à Nice, quatre ans après son triomphe dans les arènes, Noa a choisi de mettre à son répertoire une suite de classiques éternels du jazz, en hommage à un genre qui fait partie de son héritage musical.

MADELEINE PEYROUX
Lorsqu’elle a débarqué dans nos vies en 1996 avec son album « Dreamland », Madeleine a été accueillie par une presse en délire. La critique ne tarissait pas d’éloges sur sa voix éraillée et n’hésitait pas à la comparer à Billie Holiday ; à 22 ans, cette jeune américaine se retrouvait brusquement sous les feux de l’actualité après avoir fait ses classes comme chanteuse de rues sur les trottoirs de Paris. Une décennie et deux albums plus tard, le « phénomène Peyroux » s’est encore amplifié, faisant de la chanteuse l’une des stars du moment sur le circuit des festivals. Tissant à la voix et à la guitare un patchwork coloré de blues acoustique, de ballades country et de chansons d’amour, elle possède le don de réactualiser les airs du passé sans pour autant négliger son propre répertoire. « Mon but est de toucher les gens », dit-elle avec modestie. Portée par la sérénité magique qui émane de sa voix, elle y parvient à merveille.

ERIC BIBB
Chaque concert d’Eric Bibb est une expérience inédite, d’une richesse musicale et spirituelle affirmée. Artisan d’un folk-blues aux fortes inflexions soul et gospel, Bibb a cette formidable capacité de marier la tradition et la modernité en proposant une musique capable d’évoquer les réalités actuelles à travers l’exemple du passé. Après plusieurs albums remarquables, il signait récemment « Diamond Days », recueil de la consécration. Comme le résumait fort bien un critique : « La voix d’Eric et son jeu de guitare composent une musique nouvelle, entre blues et world. »

SONYA KITCHELL
Auteur poignante dotée d’une plume magique, interprète surprenante de maturité, Sonya n’a pourtant que 17 ans. Originaire du Massachusetts, elle entreprenait récemment un tour du monde dans le sillage de son premier album, « Words Came Back to Me ». Et si sa musique, heureux mélange de blues, de jazz et de country-soul, est proprement inclassable, Kitchell écrit et chante avec une force qui évoque les plus grands (on pense notamment à Al Green et Joni Mitchell), sans jamais tomber dans la piège de la facilité et de la caricature.

PIERS FACCINI
Du vieux blues façon Mississippi aux danses pizzica du Mezzogiorno italian, des mélopées maliennes aux complaintes celtes des îles britanniques, la voix de Faccini conjugue la séduction sur tous les temps dans le décor onirique d’un océan de sonorités inédites, guitares, harmonicas ou violons chinois erhu. À n’en pas douter, ce shaman du XXIè siècle, dernière trouvaille en date du producteur de Ben Harper et Jack Johnson, saura faire naître la magie sous les étoiles de Cimiez.

LAURYN HILL
Le Nice Jazz Festival n’a jamais caché son affinité avec la musique des jeunes princesses d’école nu soul. Un an après avoir fait découvrir Erykah Badu à la France, Viviane Sicnasi est heureuse de présenter cet été une autre grande prêtresse du R’n’B, l’ancienne voix féminine des Fugees, Lauryn Hill. Après s’être lancée dans la production (on lui doit certains des succès récents d’Aretha Franklin, Joss Stone, Mary J. Blige ou encore John Legend), et au lendemain de brèves retrouvailles avec les Fugees, la chanteuse aux 8 Grammys travaille actuellement à l’enregistrement d’un nouvel album ; entre deux séances en studio, elle a accepté de faire à Nice l’une de ses rares apparitions de l’année.

OXMO PUCCINO & THE JAZZ BASTARDS
Le rappeur d’origine malienne, couramment associé au XIXè arrondissement de Paris, nous revient avec un projet pour le moins surprenant. Oxmo a déjà eu l’occasion de montrer avec quelle efficacité il savait métamorphoser en poésie la violence de notre quotidien, mais l’album qu’il signait récemment chez Blue Note en compagnie des Jazzbastards lui permet d’aller plus loin encore. Conjuguant hip hop et jazz acoustique avec pertinence, Oxomo et son équipe inventent une nouvelle forme musicale, pas moins.

MANU DIBANGO
Un demi-siècle après avoir débuté au saxophone en se produisant sur les trottoirs de Bruxelles, ce créateur qui a su donner un sens au concept de musique world a choisi de renouer avec ses racines jazz les plus anciennes en s’appropriant le répertoire de Sidney Bechet. Près de deux ans après l’inondation qui a failli rayer de la carte La Nouvelle-Orléans, Manu rend hommage au berceau du jazz en portant un regard plein d’humour et de distance sur le répertoire de son vieux maître Bechet dont il rajeunit sans complexe les plus grands standards, Petite Fleur et Les Oignons en tête.

NATURALLY 7
Si l’enthousiasme est de rigueur lorsque l’on assiste à un concert de Roger, Warren, Dwight, Marcus, Rod, Jamal et Garfield, c’est bien parce qu’il est difficile de les croire capables de reproduire une telle palette sonore uniquement à l’aide de leurs voix et de leurs corps, à l’exclusion de tout instrument de musique. Comment croire que l’on puisse imiter aussi bien un tambourin uniquement en se grattant la main ? Soul, funk, pop ou R’n’B, quel que soit le répertoire de ce septette vocal inoubliable, le public manifeste son approbation.

ÉRIC LEGNINI
Stimulé par un séjour à New York qui lui avait permis de confronter sa créativité à celle des meilleurs musiciens du moment, ce pianiste belge est revenu en Europe où il s’est fait remarquer par sa présence au sein du quartette de Stefano Di Battista. Dix ans plus tard, Legnini a décidé de se lancer à la tête de sa propre formation, jugeant à juste titre qu’il atteignait sa pleine maturité artistique. Sa présence au sein de l’opération des Talents Jazz de l’Adami est un couronnement pour cet artiste prolifique qui sait mêler swing et gospel sans jamais sacrifier à la nostalgie.

GABRIELA MENDÈS
Cette native de la ville de Mindelo, sur l’île de São Vicente dans l’archipel du Cap-Vert, s’inspire largement de la Morna, l’un des rythmes traditionnels de ces îles disséminées au large de l’Afrique. Sa capacité à faire naître la nostalgie chez tous ceux qui l’écoutent chanter le Cap-Vert semble indiquer que la relève musicale de la diva aux pieds nus, Cesaria Evora, est déjà assurée.

GUIDE PRATIQUE

Tarifs :

Prevente 35 €
Plein tarif 39 €
Collectivite 31 €
Pass Jazz 3 jours 90 €
Pass Jazz Festival 179 €
Tarif enfant (- de 12 ans) 10 €
TARIF ETUDIANT (Exclusivité FNAC) 28 €

Points de vente
Fnac - Carrefour - Géant - par tel : 0892.707.507 (0,12€/mn)
Et points de vente habituels
Virgin, Auchan, Centre Leclerc, Galfa Voyages, Cultura
Ticketnet

Organisation Nice Jazz Festival
Viviane Sicnasi Promotion (Production et programmation)
28, avenue Marceau - 75008 Paris
Tel : 01 47 23 09 92
Email : v.s.p@nicejazzfest.com