
North Sea String Quartet
Zonar
George Dumitriu (vln, alto, voc), Pablo Rodríguez (vln, voc), Yanna Pelser (alto, voc), Thomas van Geelen (cello, voc)
Label / Distribution : Happy Seal Records
Avec la sortie de Zonar le North Sea String Quartet nous entraine dans de nouvelles aventures qui font suite à l’album Plonger sorti il y a deux ans. La détermination des quatre musicien.ne.s demeure intacte, leurs improvisations prodigieuses mêlent l’humour à la virtuosité avec une rare efficacité .
Passant allègrement du violon à l’alto George Dumitriu ne cesse de nous surprendre, il s’envole avec ferveur dans « Saunter » issu de sa plume qui ouvre l’album. Son langage contemporain ne néglige pas les apports historiques issus de la tradition des cordes dont témoigne sa composition « Choral Reef » plus concentrée et dramatique qui tend à évoquer des inflexions schumanniennes. La concentration dont font preuve les instrumentistes se matérialise dans la pièce écrite par l’altiste Yanna Pelser, « On The Edge » où l’équilibre orchestral et le raffinement du jeu collectif procurent de l’allégresse. La musicienne improvise ici avec intensité, les tensions sont réfrénées et ce morceau atteint un haut degré d’expressionisme. Avec « Horizonia » composé par le violoniste Pablo Rodriguez c’est un tout autre monde qui apparait, la mélodie tsigane enjouée s’ouvre à des dialogues sans cesse renouvelés. La formulation rythmique entrelace les quatre voix qui coexistent avec bonheur. Plus enclin à l’introspection, « Spaces » écrit par le violoncelliste Thomas van Geelen dévoile l’homogénéité du quatuor, la matière sonore emplit l’espace et participe à la création du climat mélancolique.
Les onze pièces passent de la tonalité à l’atonalité en évitant des contradictions esthétiques, le cheminement méthodique qui caractérise « Samphire » et l’exultation propagée dans « The Giver » font de Zonar une œuvre aboutie. Richement détaillé, le livret inclut avec le disque est agrémenté d’une conception graphique d’Ivana Djukic, d’un texte de Matthieu Jouan et de photographies de Federico Castelli.
