Chronique

Pablo Murgier

Sirocco

Pablo Murgier (p)

Label / Distribution : Collectif Por Qué No ?

Pablo Murgier est un pianiste encore confidentiel dans le milieu du jazz, en dépit d’une activité musicale et discographique consistante avec son Ensemble.

Ce n’est pas la première fois que le pianiste se frotte au solo : il avait déjà publié Los espejos en 2019, mais l’album n’avait guère eu de retentissement dans le jazz. Peut-être parce sa carrière s’est d’abord faite dans la musique classique et le tango.

Et pourtant, la set list a de quoi susciter notre curiosité. On trouve « La catedral » d’Agustín Barrios, une référence dans le monde de la guitare classique, « Violeta Azul », une improvisation inspirée par « Anticueca » de l’immense chanteuse chilienne Violeta Parra, ou encore « Oblivion », ce thème de Piazzolla devenu un classique du genre et au-delà. On trouve aussi « Life on Mars », un tube de David Bowie. Et Pablo Murgier revisite ces grands titres avec une aisance qui force le respect. On trouve en outre aux côtés de ces réinterprétations trois compositions originales pour qui douterait de ses dons de compositeur.

L’album s’intitule Sirocco, un autre endroit du globe direz-vous, mais la puissance des vents fait qu’ils amènent les particules d’un monde à l’autre. L’image vient à point quand on sait que le morceau éponyme est une invitation à traverser les frontières entre la musique classique et le jazz.

par Gilles Gaujarengues // Publié le 17 mai 2026
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