Phil Haynes
Return to Electric
Steve Salerno (g), Drew Gress (b), Phil Haynes (d)
Label / Distribution : Corner Store Jazz
Composé par John McLaughlin, « Spectrum », issu de son premier album Extrapolation enregistré en 1969, a marqué une génération qui découvrait le jazz électrique. La même année, cette composition prenait de l’ampleur dans le disque Emergency ! du Tony Williams Lifetime. Sublimée par les coups assénés sur la batterie semblables à des rafales de mitraillette, enrichie des distorsions de l’orgue de Larry Young et bousculée par les stridences de la guitare de John McLaughlin, cette pièce musicale entra dans l’histoire. Cinquante-cinq ans après, Phil Haynes réactive ce morceau hallucinant fait de fluctuations sonores associées à des brisures rythmiques pour l’intégrer à Return to Electric.
Une majorité de compositions toniques sont entrecoupées par des ballades bienvenues. « Lotus on Irish Springs », signé John McLaughlin, et « Paul / Christian », écrite par le batteur, accentuent la finesse du jeu de cymbales. Phil Haynes ne cherche pas à réaliser de quelconques démonstrations techniques souvent assimilées au jazz-rock, il valorise l’écriture par l’ajout d’une diversité de tonalités. Depuis sa première apparition discographique dans la formation du trompettiste Paul Smoker avec Anthony Braxton, il n’a cessé de rechercher l’imprévu. A la guitare Steve Salerno est prodigieux, suave dans « Crystal Silence » de Chick Corea et corrosif dans « Paraphernalia » de Wayne Shorter, ses interventions ne cessent de fluctuer. Coutumier de plusieurs enregistrements réalisés aux côtés du batteur, le contrebassiste Drew Gress signe un solo élégant dans « Spell ».
C’est en France en 1991 que Phil Haynes produisit son premier album en leader, Continuum : The Passing, édité alors par Owl Records. Ce disque mettait en valeur un jeune violoniste inconnu, Mark Feldman. Depuis, Phil Haynes n’a cessé de collaborer avec des artistes novateurs et de mettre l’accent sur une grande variété d’approches musicales conceptuelles. Return to Electric incarne bien sa vitalité intacte.
