Scènes

Point de vue : Nouvelle Star, la vraie


Il faut savoir raison garder : c’est difficile car depuis l’irruption de Melody Gardot, jeune diva dans le vieux monde du jazz et cela grâce à deux albums parfaits — l’intimiste puis le symphonique — les cartes se sont soudain redistribuées au royaume agité des chanteuses à succès. Dans la catégorie de celles qui ne prennent pas leur organe pour une tronçonneuse, Diana Krall la Canadienne, par exemple, les américaines Stacey Kent, Madeleine Peyroux ou encore Norah Jones… toutes ont dû suivre avec beaucoup d’attention le parcours foudroyant de la nouvelle (bien ?) venue.

Avant même d’avoir pu l’entendre, on nous l’avait présentée comme un nouveau prodige « proudly made in the USA ». Encore une future « one hit wonder », péroraient les vieux routiers à qui on ne la fait pas. La musicothérapie, dont on prétendait qu’elle l’avait sauvée : un concept publicitaire ?…

Et puis la Gardot chante et c’est l’évidence. Sur disque elle séduisait, sur les scènes elle est incroyable de maîtrise et de spontanéité. Un frisson muet parcourt l’auditoire : même les plus sceptiques seront enchantés par sa vraie musicalité, son monde devient le nôtre et nous voici conquis. De tous les âges, de tous les genres et de tous les jazz on est charmé, on fond.

Auteure, le mot est affreux mais il s’impose avec une si douce autorité chez cette exquise personne. Malgré une attention du plus grand raffinement pour sa propre apparence, tout paraît chez elle naturel, simple, limpide. S’accompagnant au piano ou à la guitare, elle habite ses propres chansons et celles qu’elle revisite, et les signes qu’elle émet sont ceux d’un vécu très riche et si surprenant pour une créature aussi neuve.

Vrai miracle d’une maturité quasi innée, d’où viens-tu Melody et quelles vies as-tu vécu avant cette vie ?

Pour toutes ces raisons — et toutes ces questions — il nous faut Melody (re)garder.

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Melody Gardot en tournée :

Melody Gardot : piano, guitare et chant
Irwin Hall : saxophone
Steven Beskrone : basse
Charles Staab : batterie

  • 25/03/10 : Bordeaux, Théâtre Fémina, 20h00
  • 26/03/10 : Tours, Palais des Congrès Vinci, 20h00
  • 29/03/10 : Nice, Palais des Congrès Acropolis, 20h00
  • 30/03/10 : Marseille, Amphitéâtre du Palais des Congrès, 20h00
  • 01/04/10 : Nantes, La Cité des Congrès, 20h00
  • 02/04/10 : Roubaix, Colisée, 20h00
  • 03/04/10 : Strasbourg, PMC - Salles Erasme, Schweitzer, 20h00
  • 05/04/10 : Lyon, Centre de Congrès, Lyon-Cité, 20h00

Du 07/04/10 au 09/04/10 : Paris, L’Olympia, 20h00

  • 11/04/10 : Nancy, Salle Poirel, 20h00
  • 13/04/10 : Toulouse, Casino Théâtre Barrière, 20h00
  • 08/05/10 : Cherbourg, Salle Marcel Hélie, 22h00
  • 09/05/10 : Cherbourg, Salle Marcel Hélie, 21h15
  • 14/07/10 : Sète, Théâtre de la Mer, 21h00

Source

Discographie :

Worrisome Heart (Universal Classics Musics & Jazz, 2008)
My One and Only Thrill (Verve, 2009)