Portrait

Dix/Dix : Florian Satche

Article du dossier Yes, we can hear you !

Florian Satche, un dixième de tentet


Avec Can You Hear Me ?, Joëlle Léandre a réuni autour de son travail neuf musiciens de générations différentes, faisant une large place à la jeunesse. Au-delà de l’œuvre, que nous chroniquons par ailleurs, nous sommes allés à la rencontre de ces musiciens qui représentent une forme de cartographie de la musique improvisée hexagonale et leur avons posé trois questions sur la contrebassiste, à l’occasion de ses quarante ans de carrière.
Que représente, pour vous, Joëlle Léandre ?
Comment travaille-t-on une partition de Joëlle Léandre ?
Quel est votre disque préféré de Joëlle Léandre et pourquoi ?

Voici la réponse de Florian Satche, batteur et percussionniste.

Florian Satche est membre du Tricollectif. Il participe à la formation Petite Moutarde avec Alexandra Grimal et Théo Ceccaldi, il est également l’un des animateurs de Marcel et Solange avec Valentin Ceccaldi. On le décrit coloriste et généreux.


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Florian Satche © Michael Parque

1/ Joëlle a un feu à l’intérieur d’elle que j’admire profondément. Je pense souvent à elle quand je me demande comment tenir cette vie de musicien sur la durée. Elle ne lâche rien, elle à toujours envie de tout dévorer, de jouer, de rencontrer, partager des sons de jouer, de jouer, de jouer !!!! C’est extrêmement impressionnant. Elle a une personnalité très forte et sans concession tout en restant profondément humaine et fragile et très sensible. Pour illustrer un peu mon propos, je pense que si je devais faire 200 km à vélo avec le vent de face, je me mettrais dans sa roue.
Une sorte de Jeannie Longo de la musique improvisée.

2/ La partition du Tentet « Can you hear me ? » est une dramaturgie, avec une continuité d’événements, liés par des parties improvisées… Je pense que cette partition de Joëlle ne se travaille pas en amont comme un concerto ou une étude. C’est une posture musicale qui, bien sûr, est extrêmement travaillée de manière personnelle, puisque comme elle le dit, l’improvisation ne s’improvise pas ! En fait, il s’agit d’être prêt et disponible à des attentes très précises de sa part en termes de sons, de discours, d’interprétation et à la fois, faire preuve de responsabilité et d’écoute dans l’improvisation comme dans l’écriture…
Concrètement cela demande beaucoup d’énergie et de disponibilité.

3/ One more Time de Steve Lacy / Joëlle Léandre
J’adore l’énergie très brute de ce disque, ce son improbable où on entend les bruits de verres, de tasses à café du club et eux, au milieu de tout ça, qui tracent leur chemin sans concession !
Ça me parle !

par // Publié le 17 avril 2016