Portrait

Dix/Dix : Séverine Morfin

Article du dossier Yes, we can hear you !

Séverine Morfin, un dixième de tentet


Avec Can You Hear Me ?, Joëlle Léandre a réuni autour de son travail neuf musiciens de générations différentes, faisant une large place à la jeunesse. Au-delà de l’œuvre, que nous chroniquons par ailleurs, nous sommes allés à la rencontre de ces musiciens qui représentent une forme de cartographie de la musique improvisée hexagonale et leur avons posé trois questions sur la contrebassiste, à l’occasion de ses quarante ans de carrière.
Que représente, pour vous, Joëlle Léandre ?
Comment travaille-t-on une partition de Joëlle Léandre ?
Quel est votre disque préféré de Joëlle Léandre et pourquoi ?

Voici la réponse de Séverine Morfin, altiste.

Séverine Morfin est altiste et se partage entre les musiques improvisées et un répertoire contemporain, notamment pour le théâtre. Elle a travaillé avec Médéric Collignon pour À la recherche du Roi Frippé et dans le New Large Ensemble de Carine Bonnefoy.


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Séverine Morfin @ Jeff Humbert

1/ Joëlle est une grande source d’inspiration ! Elle a marqué la musique de son empreinte, par son talent d’improvisatrice et de compositrice, mais aussi parce qu’elle a fait de sa contrebasse un instrument soliste. La rencontre avec elle a donc été fondatrice pour l’altiste que je suis. Travailler à ses côtés, c’est avoir accès à un héritage unique, fruit de ses collaborations avec les plus grands de la musique contemporaine, du jazz et de la free music (entre autres John Cage, Giacinto Scelsi, Derek Bailey,…).
J’aime sa liberté, son ouverture, et sa vision de la musique comme prise de parole et acte politique. Enfin, je partage avec Joëlle l’idée simple que les femmes doivent être entendues.

2/ Avec le collectif. Joëlle compose pour des improvisateurs, elle nous fait confiance et nous laisse incarner sa musique, ce qui nous donne une grande responsabilité. Jouer une partition de Joëlle, c’est ressentir les fragments, les tuilages, les matières, les textures. C’est aussi une exploration des rapports entre écriture et improvisation, ce qui est passionnant.

3/ Joëlle a sublimé la forme du solo et No comment en est une magnifique illustration. On y ressent la puissance, l’humour et la dramaturgie dont sa musique est empreinte.

par // Publié le 17 avril 2016