Scènes

Quartet Novo au Moulin à jazz : une conjuration osée

Débrancher la batterie n’empêche pas de rouler plein jazz. Un coup de manivelle à la contrebasse et le moteur démarre, sans même toussoter. La reprise est excellente, chacun apportant son souffle à la rythmique.


Débrancher la batterie n’empêche pas de rouler plein jazz. Un coup de manivelle à la contrebasse et le moteur démarre, sans même toussoter. La reprise est excellente, chacun apportant son souffle à la rythmique. Voilà le pari, réussi, du Quartet Novo, de fameux gaillards, francs-tireurs dans le maquis du jazz et emmenés par Pascal Berne, compositions et arrangements, qui stimule l’attelage avec douceur et fermeté. Quartet qui donne donc, ce 10 novembre 2012 au Moulin à jazz de Vitrolles, un mémorable concert.

Venus de la région Rhône-Alpes, camionnette débordant d’instruments, ils ont bravé des pluies diluviennes. On n’en dira pas autant du public… qui a eu tort, pour une averse - certes drue - de se priver d’un moment pareil.


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Quartet Novo © G. Tissier

Leur disque, Jardin volant, nous avait alertés. Mais il date de 2007 et depuis, les choix musicaux et le jeu lui-même s’est affirmé, dans l’originalité comme dans la facture. La plupart des compositions émanent de Pascal Berne, ainsi que des arrangements - à partir de Duke Elington, Frank Zappa ou Carla Bley (belle subversion de son emblématique « Utviklingssang »).


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Y. Gerbelot, P. Baldy-Moulinier © G. Tissier

Le Quartet Novo aime aussi, à l’occasion, risquer l’aventure auprès de compositeurs du XXe siècle tels que Messiaen ou Ligeti. Sa maîtrise instrumentale et musicale l’y autorise sans restriction. Impératif pour affronter un registre aussi exigeant, à partir d’instruments à tessitures si proches et qu’il réussissent à faire vibrer dans les plus subtiles harmoniques. Contrebasse, trombone, saxophone baryton, clarinette basse : il faut oser ! Pour s’en remettre, ils embouchent qui la trompette, qui la clarinette en si bémol – excellents Pierre Baldy-Moulinier et Michel Mandel, de même qu’aux sax Yves Gerbelot et son remarquable chorus de baryton trituré façon Jimi Hendrix.


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Pascal Berne © G. Tissier

Ces conjurés font partie du Collectif "La Forge”, qui sévit entre Lyon, Grenoble et Valence. Comme quoi il n’est pas de bons becs qu’à Paris.