R.I.P. Jimmy Giuffre

« Four Brothers » est sans aucun doute l’un des dix thèmes de jazz les plus fredonnés au monde. Pourtant, rares sont ceux qui sauraient citer spontanément le nom de son auteur.

Jimmy Giuffre, clarinettiste, flûtiste, saxophoniste, compositeur, arrangeur et improvisateur né en 1921 à Dallas, est mort le 24 avril 2008. Sa contribution à la musique ne s’arrête pas, tant s’en faut, à ce morceau emblématique du style west-coast, composé et arrangé pour le big band de Woody Herman.

Sa première période créative fait de lui un spécialiste des arrangements pour big bands. Enseignant, il rencontre en 1959 Ornette Coleman et son style bascule radicalement vers l’improvisation la plus libre, sans tempo ni harmonie fixe. En trio avec Paul Bley et Steve Swallow, il publie en 1963 l’album Free Fall, l’un des tout premiers exemples de ce que l’on appellera plus tard le free jazz. Ce choix artistique lui vaut l’incompréhension d’une large partie du public : sur le tard seulement, dans les années 80-90, les enregistrements des différents « Jimmy Giuffre Three » seront reconnus comme des œuvres majeures.

Pendant les années 60 et 70, Giuffre consacre l’essentiel de son activité à l’enseignement de la musique et à la composition d’oeuvres pour le théâtre et le cinéma. Il s’intéresse dans les années 80 à l’instrumentation électrique et électronique, se produit en duo avec le saxophoniste français André Jaume (un album live, Momentum, paraît en 1988), puis reforme en 1993 son trio avec Paul Bley et Steve Swallow. Diminué par la maladie de Parkinson, il cesse toute activité musicale à la fin des années 90.