Scènes

Rhino Jazz Festival, suite et fin : Céline Bonacina trio

Continuant sur sa lancée, le trio lauréat du Rezzo 2009, le tremplin de Jazz à Vienne, a conclu le Rhino Jazz Festival 2010 et manifestement atteint son équilibre.


Continuant sur sa lancée, le trio lauréat du Rezzo 2009, le tremplin de Jazz à Vienne, a conclu le Rhino Jazz Festival 2010 et manifestement atteint son équilibre.

Au baryton, son instrument de prédilection, Céline Bonacina est volontiers espiègle et pêchue. Prenant presque le contrepied d’une pratique courante, elle malmène le saxophone, virevolte avec lui, l’entraîne dans un pas de deux tant scénique que musical en lui transmettant son énergie et une envie de jouer manifeste.

En l’espace de quelques mois, le Céline Bonacina trio est devenu très présent - rançon de la gloire, bien méritée pour cette formation qui a aussi démarré le « Jazz Mix » 2010, dernière soirée de la 30ème édition du festival, puis multiplié les apparitions.


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Céline Bonacina © P. Audoux/Vues sur Scènes

Après Vienne, A Vaulx Jazz et le Péristyle l’été passé, le trio était donc l’invité du Rhino Jazz Festival et du Radiant de Caluire. Pour ceux qui l’ont déjà vue et appréciée, rien qu’on ne sache déjà : la force de conviction de la jeune femme s’appuie sur des rythmes tour à tour légers et obsédants pour mener à bien un set efficace, plaisant, contrasté et convaincant. Il n’y a pas ici que la maîtrise technique mais un mélange séduisant de fraîcheur et de métier : elle rappelle à l’occasion l’importance que revêtent pour elle les univers malgache et réunionnais et les musiques qu’elle a pu y découvrir. De fait, les compositions procèdent d’une alchimie particulière où se lisent de multiples attirances ; mais il s’en dégage un art bien spécifique, servi par l’alliance de la basse de Nicolas Garnier et des percussions de Hary Ratsimbazafy. A Vienne, cette approche avait mobilisé l’attention d’un public touché par le côté serein du trio. Au Radiant de Caluire, dans un espace réduit reprenant la disposition de l’Amphi de l’Opéra, il a évidemment eu le temps d’aller plus loin, de creuser les morceaux connus, alternant ballades et embrasements. Sans oublier d’associer le public à cette rencontre chaleureuse.