Scènes

Richard Galliano Strada Quintet à Nantes

A la tête d’un quintet grand luxe, Richard Galliano investit la scène de la Cité des Congrès de Nantes pour un hommage au compositeur italien Nino Rota, dont les sublimes musiques de film ont tant apporté aux œuvres de Fellini, Coppola ou Visconti.


A la tête d’un quintet grand luxe, Richard Galliano investit la scène de la Cité des Congrès de Nantes pour un hommage au compositeur italien Nino Rota, dont les sublimes musiques de film ont tant apporté aux œuvres de Fellini, Coppola ou Visconti.


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R. Galliano © Patrick Audoux

Sur une commande de Deutsche Grammophon, l’accordéoniste français a convié les Américains Dave Douglas et Clarence Penn, l’Anglais John Surman et le Russe Boris Kozlov à jouer ses arrangements de la musique de Nino Rota, notamment ses compositions pour les films de Federico Fellini (La Strada, La Dolce Vita, Amarcord) mais également celles, inoubliables, écrites pour Le parrain de Francis Ford Coppola.

Après la déception de l’album, on attendait avec une certaine impatience de découvrir sur scène ce quintet sous-exploité sur disque. Bonne surprise : les défauts sont en grande partie balayés, les musiciens ayant cette fois le loisir de faire valoir leur personnalité. Certes, quelques thèmes souffrent encore d’un traitement un peu anecdotique, trop proche de l’original, sans réelle créativité. Mais pour le reste, la musique respire, la distance nécessaire à la créativité ouvre les portes à quelques moments mémorables. (Kozlov nous gratifie d’un superbe solo lors d’un duo tout en sensualité avec Galliano.) Échanges de solos rageurs, contrepoints subtils… tout y passe, et donne enfin du relief à ce répertoire qui ne demandait que cela. La trompette de Dave Douglas se marie à merveille avec l’accordéon (son quartet Charms Of The Night Sky, avec Guy Klucevsek, reste d’ailleurs un des sommets de la fin des années 90). Il passe ici avec délectation d’un humour ravageur à sa sonorité si personnelle, qui donne sa pleine mesure sur ces thèmes issus de la musique populaire européenne. Surman semble moins dans son élément ; malgré de passionnantes envolées, il reste cantonné dans un rôle d’accompagnateur et d’illustrateur, un peu réducteur au regard de son talent. Il faut dire que Galliano et son accordéon sont très présents… Ce grand technicien se montre souvent très inspiré mais on aurait aimé plus d’espace ; la musique se nourrit aussi des silences…