L’écrin somptueux de Souillac en Jazz
Nubu et Tigre d’eau douce jouaient devant l’abbatiale
Laurent Bardainne et le Tigre d’eau douce @ Frank Bigotte
Le festivalier qui aborde Souillac en Jazz est avant tout émerveillé par le cadre somptueux. Alors, quand la musique épouse l’écrin dans lequel elle se déploie, la magie opère. Ce fut le cas avec le double concert NUBU puis Laurent Bardainne et le Tigre d’eau douce.
Souillac, c’est un cadre extraordinairement beau. Pour qui file de festival en festival et peut comparer, assister à un concert devant l’abbatiale Sainte-Marie reste quelque chose de rare. Le festival fêtera l’an prochain ses cinquante bougies : on dure quand on propose de la qualité. D’ailleurs, les festivaliers qui ont assisté au double concert de NUBU puis de Laurent Bardainne et le Tigre d’eau douce n’hésitaient pas, à la sortie, à manifester leur enthousiasme.

- Elisabeth Coxall @ Patrick Martineau
Depuis un certain nombre d’années, Souillac en Jazz a fait le (très bon) choix de programmer une formation estampillée « Jazz Migration » en première partie d’un des concerts phares et, pour l’édition 2025, c’est NUBU qui foulait les planches. La formation y a donné un très beau concert et développé une prestation originale et maligne. Originale, car le quintet produit une musique qui mêle à son jazz des pointes de folk. Ce n’est pas la première fois qu’on mélange ces genres mais la jeune formation a trouvé une voie qui est la sienne et qu’elle développe avec intelligence et sans esbroufe. Et maligne, car ces cinq-là ont un sens aigu et personnel de la scène, à l’image de l’introduction de « Potiron » par Thibaut du Cheyron ou de celle de « Snake Friendly » pour amener le serpent d’Elisabeth Coxall.
Avec évidence, les spectateurs retenaient que ce quintet, qui déconstruit et reconstruit des genres musicaux, modèle avec brio une musique exigeante.

- Laurent Bardainne @ Frank Bigotte
Après un rapide changement de plateau, c’est Laurent Bardainne qui prenait place pour un superbe set consacré en très grande partie à Eden Beach Club, son dernier album. La magie entre le cadre majestueux de l’abbatiale et cet éden opéra à 100%. Bardainne et son Tigre d’eau douce y développèrent une puissance de feu mâtinée de pop, de smooth et de dance dans une ambiance générale cool et très généreuse. Le concert s’est poursuivi ainsi jusqu’à minuit passé, le public en communion. Un moment magique ponctué par un rappel au cours duquel le groupe a joué « Oh Yeah » - un morceau passé au statut de tube - puis « Sarang » en guise d’hymne à l’amour. On voyait d’ailleurs aux mines ravies que l’amour était effectivement sur la place. Les festivaliers avaient été happés par une vague exaltée sous le regard bienveillant des coupoles médiévales. Rien à dire, sinon qu’on se demande quels moments encore plus magiques vont être convoqués pour fêter comme il se doit les premiers pas de quinquagénaire de ce très beau festival.

