Scènes

Stage NOLA – 23 octobre 2012, neuvième jour

Encore une grosse journée ici à New Orleans. 9h du mat’, bon pied et yeux encore un peu collés, on se pointe au Chickie Wah Wah.


Encore une grosse journée ici à New Orleans. 9h du mat’, bon pied et yeux encore un peu collés, on se pointe au Chickie Wah Wah. Terence Higgins arrive quelques minutes après nous, grosse bagnole, deux batteries dans le coffre. Super cool pour Alain, qui est ravi de profiter du matos que Terence apporte. Ça joue avec du 22’ grosse caisse pour les deux drums, et je suis juste à côté avec mon petit ampli…

Terence est tout de suite super cool. Il nous montre de façon claire, baguettes en main, ce qui fonde la batterie New Orleans. Il joue la tradition avec un toucher très moderne, mais très fluide… C’est un régal de groove, que je qualifierais d’ « offensif », et d’ingéniosité des placements empruntés au jazz, au hip hop, au funk… Il nous explique que lui n’a pas grandi à New Orleans, mais dans un bled en Louisiane dont le nom m’a échappé. Il a appris de loin au départ, puis approfondi le sujet pendant dix-sept ans avec la clique de Kirk Joseph, le Dirty Dozen Brass Band. Justement, c’est un morceau du Dirty que Terence choisi de nous faire bosser : « We Got Robbed ». Une histoire de remorque de matériel volé au groupe lors d’une tournée… Ils en ont fait un classique hyper dansant, très fun à jouer. Pas compliqué dans l’absolu mais pas si facile à faire sonner. Ça finit par bien marcher, et je m’accroche au groove fantastique de l’ami Higgins. Alain, Kévin et Loic passeront tous jouer avec lui au cours de la journée. Je crois qu’ils en garderont un grand souvenir, comme tout le groupe.

L’après-midi, Kirk Joseph nous rejoint. Kirk ! Un daron très attachant, et qui donne beaucoup ! ll embraie tout de de suite sur un morceau qu’il imagine en s’éloignant de quelques pas avec son sousaphone sous le bras. Il amène une idée de départ à chaque musicien. C’est parti pour trois heures à tout jouer d’oreille. On monte presque trois morceaux de cette façon, et ça joue sur des batteries New Orleans à la Terence Higgins : son et puissance d’aujourd’hui, mais dans le cadre et les repères de la tradition.


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Kirk Joseph & Benoît Lugué

La rencontre se termine. Grandes accolades avec Kirk. Il se prête au jeu des photos avec nous tous. Alain emprunte à Terence un tabouret pour notre concert de ce soir à l’India House. Il nous promet aussi de venir nous voir jouer demain soir au Chickie Wah Wah. D’ailleurs, c’est lui qui assure le set suivant ! J’espère qu’on pourra rester l’écouter.

Je suis un peu trop fatigué pour raconter la suite de la journée. Mais en deux mots, concert comme à la maison, India House. Pas mal de public, son et scène très roots pour nous, pas évident. Le groupe un peu sur les rotules, mais plein de bonnes choses quand même. Le public a kiffé, c’était chouette de le voir si funky. Je pense que demain soir au Chickie, on sera plus à l’aise. Et puis ça sera le dernier show ici…

Demain matin, une anthropologue américaine vient nous parler de l’histoire de la musique à New Orleans. L’après-midi, nous la passerons avec Roger Lewis, saxophoniste du Dirty Dozen et du Treme Brass Band.

Stay tuned !