Scènes

Stéphane Galland Sextet “Lobi”

Pas de virtuosité excessive dans ce groupe mais une grande maîtrise instrumentale et un défi - relevé : créer un équilibre parfait et un tout magnifique à partir de multiples influences traditionnelles.


Pas de virtuosité excessive dans ce groupe mais une grande maîtrise instrumentale et un défi - relevé : créer un équilibre parfait et un tout magnifique à partir de multiples influences traditionnelles.

On espérait que l’été serait au rendez-vous pour ce premier week-end au Parc floral de Vincennes, sous le grand Delta du Paris Jazz festival (8 juin-28 juillet) ; mais c’est un été radicalement gris, pluvieux et frais qui nous a accueillis. Heureusement, la programmation était de nature à réchauffer les plus récalcitrants…

Stéphane Galland, batteur et percussionniste belge (à suivre, bien sûr, chez Aka Moon) est visiblement un homme de rencontre et un catalyseur de projets cosmopolites. Au sein de son ensemble Lobi, il réunit des musiciens singuliers et à fort tempérament, venus des quatre coins de l’Europe.


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Stéphane Galland © Emmanuelle Vial

Citizen Jazz avait déjà salué la sortie de l’excellent Lobi en octobre 2012. Il ne fallait donc pas manquer cette belle occasion de découvrir en live les musiciens aux multiples sensibilités de ce sextet. Tout d’abord Misirli Ahmet, percussionniste turc réputé, très véloce à la darbouka et redoutable jouteur ; puis, à l’accordéon, le Bulgare Petar Ralchev, dont le style n’hésite pas à réunir modes balkaniques traditionnels et mêlées jazz rock tandis que le Catalan Carles Benavent fait groover sa splendide basse cinq cordes de luthier (Jerzy Drozd) façon slap flamenco. Enfin, Magik Malik, le flûtiste parisien des îles fait, lui, « growler » son instrument et chante dans des tessitures aussi étonnantes qu’inatteignables pendant que le public retient son souffle. Avec une prise de risque assez insensée, il nous offre à la voix de très beaux moments d’une poésie et d’un lyrisme touchants. Pour finir, le pianiste brésilien de Dakar Malcolm Braff, dont le jeu très latino est percussif, se substitue à Tigran Hamasyan, présent sur le disque.


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Stéphane Galland Sextet “Lobi” © Emmanuelle Vial

Depuis son set de batterie, l’énergique Stéphane Galland anime et stimule avec une grande facilité apparente ces musiciens qui, dans un autre contexte, n’auraient aucun point commun et, en assurant la synergie de toutes ces fortes personnalités, crée un tout coloré, mâtiné de mélodies traditionnelles, de rythmes ethniques et d’impros jazz déchaînées. Pas de virtuosité excessive ici mais une grande maîtrise instrumentale et le défi relevé de créer un équilibre parfait et un univers magnifique à partir de multiples influences traditionnelles.

Lobi évoque l’Afrique, les Balkans, l’Anatolie, et suscite l’envie de voyager.

Lobi (le mot signifie « les deux instants à la fois » en lingala) pulse et donne envie de bouger…

Concert du 9 juin 2013 dans le cadre du Paris Jazz Festival :

  • Stéphane Galland, batterie
  • Magic Malik, flûte, voix
  • Misirli Ahmet, Darbouka
  • Petar Ralchev, accordéon
  • Malcolm Braff, piano
  • Carles Benavent, basse 5 cordes