
Steve Swallow
Winter Songs
Mike Rodriguez (tp), Chris Cheek (ts), Steve Cardenas (g), Gil Goldstein (p), Steve Swallow (b), Adam Nussbaum (d).
Label / Distribution : ECM
Et si on revenait à l’essentiel, redécouvrir la puissance de notes fluides destinées à faire entendre une musique qui ne nous lasserait jamais ? C’est ce qui ressort en priorité de l’écoute de Winter Songs, album déposé en douceur dans un monde de brutes et qui permet à Steve Swallow de reprendre les rênes de leader. Son précédent enregistrement, Into The Woodworks, publié également pour ECM et où apparaissaient déjà le saxophoniste Chris Cheek et le guitariste Steve Cardenas, remontait à plus d’une décennie.
Depuis, Carla est partie pour un voyage sans retour et en publiant ce nouvel enregistrement au titre explicite, Steve Swallow nous invite à le rejoindre dans un monde où le temps semble s’être figé. Ce disque a des similitudes avec les atmosphères déployées dans l’album de Paul Motian, Garden Of Eden, où là aussi Chris Cheek et Steve Cardenas façonnaient le silence. Les interactions entre les six musiciens dévoilent des improvisations semblables à de petites friandises. La place réservée à chaque instrumentiste rehausse ces échanges sous le regard de Steve Swallow qui cisèle les airs musicaux avec sa sonorité caractéristique.
Énumérées par ordre chronologique de un à neuf, les compositions toutes signées par Steve Swallow subliment la mise en place rythmique, marque de fabrique de cet artiste hors pair. On ne peut être qu’impressionné par la profondeur sonore du trompettiste Mike Rodriguez déployée dans « One » où la basse et le piano de Gil Goldstein réinventent des dialogues qui évoquent Home, premier album enregistré par le bassiste sous son nom en 1979. Mais ce sont les mélodies qui priment : ainsi « Five » où Steve Cardenas rappelle la virtuosité discrète des grands guitaristes qui ont marqué le jazz des années soixante.
Animée par cette basse conteuse de fables qui s’aventure dans de nouvelles contrées comme avec « Six » animé par la section de cuivres, la musique fluctue avec sagesse. Ces conversations musicales sont embellies par le soutien du fidèle Adam Nussbaum, toujours aux petits soins envers la jeunesse éternelle de Steve Swallow qui signe là un album incontournable. Photographie de pochette explicite signée Luciano Rossetti.

