Scènes

Syntax Error : Electric Rustyland

Concert au « 3 Pièces » à Rouen, le 27 et 28 mars 2009


Sylvain Choinier est un jeune guitariste plein de ressources, auteur d’une musique en mouvement qui sait exactement où elle va. Retour sur un concert rouennais avec Syntax Error, son nouveau projet, après Kumquat…

Après un premier album remarqué avec Kumquat et le saxophoniste Raphaël Quenehen, Sylvain Choinier continue ses rencontres avec le collectif rouennais des Vibrants défricheurs sous le nom de « Syntax Error ». Ce « Power trio » composé de la rythmique rouennaise Jérémie Piazza à la batterie et Thibault Cellier à la basse permet au guitariste de délivrer sa fougue.

Dans la petite cave du « 3 pièces », estaminet où la musique vivante semble avoir élu domicile à Rouen, les riffs acides de Choinier débordent vers les étages supérieurs et dans la nuit pavée de pluie, bien aidés en cela par la solide rythmique des deux jeunes complices de toujours qui se trouvent sans même se parler. Depuis un an que ce projet existe, l’évolution est fulgurante et la musique passionnante. Piazza, dont le jeu polymorphe donne à ce trio une vraie couleur « free rock », balance une puissance à réveiller les briques ; de son côté, Cellier, qui passe de la contrebasse à la basse électrique hurlante avec la même maîtrise, permet d’alterner tension grinçante et surenchère rythmique.


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Thibault Cellier © Franpi Barriaux

La simplicité du jeu le disputant à la complexité de la musique écrite, le propos reste orgiaque et cherche dans l’excès une légèreté, celle-là même qui caractérise le jeu aérien de Choinier - une légèreté qui gifle, griffe et étreint. Il suffit pour s’en convaincre d’entendre le grinçant « Mandarine » (car le guitariste est fidèle aux agrumes).


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Sylvain Choinier © Franpi Barriaux

La musique de Choinier est urbaine, à la fois inquiétante, suintante d’électricité cabossée et rouillée, et d’une rare finesse. C’est une musique de rue étroite, sombre, où le « wonderful world » est toujours loin. « La ville est nue » dit John Zorn ; celle de Sylvain Choinier est faite du même manteau.

A suivre, d’autant que des morceaux tout récemment mixés sont sur leur myspace